Rencontre de Mgr André Vingt-Trois avec les catéchistes

Paris - le 11 janvier 2007

Jeudi 11 janvier 2007, Mgr André Vingt-Trois a rencontré les catéchistes de Paris. Voici quelques extraits de son intervention.

Vous savez par votre expérience que beaucoup des éléments qui constituent les fondements, les points d’appui de la formation chrétienne, devraient être transmis dans la famille dès la plus petite enfance : des symboles, un apprentissage élémentaire de la prière, l’inscription de la famille elle-même dans la communauté chrétienne. Nous savons bien que, pour un nombre important des enfants auxquels nous avons à faire, cette mise en place des éléments de base de la vie chrétienne n’a pas eu lieu, ou a eu lieu de manière très inégale. Nous nous trouvons donc devant une série de questions, pas forcément nouvelles, mais toutes actuelles.

Le premier point, élémentaire, est que l’on ne fait pas de catéchèse s’il n’y a pas d’enfants. La question du nombre est une question réelle dans la mesure où la diminution du nombre d’enfants par foyer signifie une certaine distance des familles par rapport à l’Eglise. Elle évoque aussi la difficulté que nous avons à faire prendre conscience à des enfants que la vie de l’Eglise, c’est la vie d’un peuple et non pas la vie d’un petit groupe.

Un deuxième aspect qui me paraît important et auquel il faut que nous soyons attentifs, ce sont les différences entre les enfants qui viennent au catéchisme. Différences qui ne sont pas simplement sociales ou culturelles, mais différences dans l’expérience spirituelle.

A partir de ces constats, je me pose des questions de deux ordres.

  • La première question concerne nos communautés chrétiennes. Comment nos communautés chrétiennes portent-elles la préoccupation de l’information sur la catéchèse ? Nous faisons des campagnes d’information, on fait du mieux que l’on peut mais la véritable communication, ce n’est pas seulement de faire poser des affiches dans les vitrines ou dans les abribus, même s’il faut le faire. Ce qui va aider des gens à faire quelque chose, c’est aussi qu’ils auront pu parler avec quelqu’un. C’est qu’ils auront pu dire les difficultés qu’ils ont, souvent des difficultés pratiques.
    Une question décisive est donc : comment les membres d’une communauté chrétienne sont-ils vraiment en attitude missionnaire par rapport au catéchisme. C’est-à -dire : comment des chrétiens se préoccupent-ils de savoir quels sont les enfants autour d’eux qui sont susceptibles d’aller au catéchisme ; quelles démarches sont-ils prêts à faire pour aller à la rencontre de leurs parents ?
  • La deuxième tient au fait que nous avons affaire à un certain nombre d’enfants qui sont les enfants de la semaine, pas les enfants du dimanche ; le dimanche ils sont ailleurs, soit parce que leur famille est ailleurs, soit parce qu’ils ont changé de famille le dimanche. Cela fait partie des difficultés auxquelles nous sommes confrontés.
    Face à elles, on peut se dire : il n’y a rien à faire ou bien se dire : nous avons des objectifs pastoraux, des objectifs de vie d’Eglise.
    Notre objectif, c’est d’aider ces enfants peu à peu à découvrir la personne du Christ et, si possible, les entraîner à nourrir cette connaissance de la personne du Christ avec leur intelligence, en leur fournissant des éléments de connaissance nécessaires.

Comment peut-on vivre cette rencontre de la personne du Christ ? Nous en avons trois ou quatre expériences.

La première qui peut paraître la plus facile mais qui en fait est la plus difficile à traiter, celle dont il est le plus difficile de parler, c’est l’expérience mystérieuse du Christ au coeur de chaque personne. Car ces enfants qui n’ont pas forcément d’éducation chrétienne ont une vie intérieure. Ils existent, le Christ agit en eux, leur parle mystérieusement.

La seconde expérience, dont le catéchisme peut se servir facilement, le premier chemin possible, est la connaissance du Christ que nous avons par l’Ecriture. La connaissance du Christ que les enfants peuvent acquérir au catéchisme, c’est d’abord une connaissance de ce qui se dit dans l’Evangile.

Troisième expérience, troisième chemin : l’Eglise. L’Eglise, c’est nous, là où nous sommes avec les enfants. Si on veut connaître le Christ, il faut être agrégé, intégré au peuple de ceux qui Le connaissent et qui essayent de vivre ce qu’Il dit.

Quatrième expérience de rencontre du Christ dans laquelle le catéchisme
est impliqué : la vie sacramentelle.
Elle est quand même le point critique, à tous les sens du terme, positif et négatif, elle est le point de fusion de la catéchèse. Car la catéchèse, avant tout, c’est le chemin vers les sacrements.

  • Comment aider les enfants à participer à la messe ?
    Nous avons du chemin à faire, et il faut le faire, il faut s’accrocher et il faut essayer, comme un certain nombre de paroisses le font heureusement, de trouver des propositions qui vont donner un contenu et qui vont aider des familles, peut-être pas très motivées au point de départ, à faire un effort pour amener leurs enfants à l’église. Un certain nombre de gens ont perdu beaucoup de choses dans les voyages de la vie, ils ont perdu beaucoup de bagages, il ne leur reste plus grand chose de leur catéchisme du point de départ, mais il leur reste quelque chose malgré les péripéties de la vie : d’une part l’amour de leurs enfants, et d’autre part un sens réel de leur responsabilité de parents. Nous devons nous appuyer et sur l’amour des parents pour leurs enfants et sur ce sens des responsabilités pour les aider à les assumer. Nous n’avons pas à les culpabiliser mais nous pouvons leur dire : vous voulez faire bien pour vos enfants, nous le savons, et nous savons que c’est difficile ; nous allons vous aider.

+ André Vingt-Trois,
archevêque de Paris

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