Témoignage de Catherine, aujourd’hui remariée

Catherine s’est mariée en 1971. En 1999, elle a entamé une procédure de reconnaissance en nullité de mariage religieux. Aujourd’hui, remariée, elle raconte.

« Je me suis mariée à l’Église en 1971, à 22 ans. J’étais pratiquante, mon mari ne l’était pas. La veille de notre mariage, il a interrompu son travail, pour s’y remettre le lendemain de la célébration. Pas de lune de miel. Il était très replié sur lui-même ; il avait souffert pendant son enfance. Tout cela, je m’en étais un peu rendu compte. Mais en lui apportant amour et fidélité, j’avais espoir qu’il changerait.

Par ailleurs, il rejetait la foi catholique, en raison de l’éducation religieuse étriquée et superstitieuse de son enfance. Il avait accepté le mariage religieux pour me faire plaisir.

Il m’avait promis que nos enfants seraient baptisés et élevés dans la foi catholique. Lorsqu’ils ont été en âge de découvrir la foi, j’ai souhaité les envoyer au catéchisme. Mais il n’a pas voulu les laisser aller.

Au fil des années, la vie à la maison est devenue de plus en plus difficile, chacun vivant de son côté. Mais pour moi, pas question de divorcer, j’étais mariée pour la vie.

Un jour, en 1998, un ami est venu me voir, ainsi que ma fille, sa filleule. Il venait de perdre sa femme. Il m’a confié son intention de se remarier. Nous ne nous étions par revus depuis plus de dix ans. Quelques jours après sa visite, il m’a rappelée. Les enfants étaient indépendants, j’ai donc pensé au divorce et au remariage.

Plus tard, j’ai revu le prêtre qui nous avait mariés en 1971. Il avait été mon aumônier lorsque j’étais étudiante. Il m’a alors parlé de la reconnaissance en nullité de mariage. J’ignorais alors l’existence de cette procédure. Et il a ajouté : « Je témoignerai. J’ai regretté de ne pas avoir mis de réserve dans le dossier de mariage. »

Il avait eu des inquiétudes sur la possibilité d’une vie en commun. Il m’a conseillée de rencontrer un avocat de l’Officialité du diocèse de ma région. La constitution du dossier, comprenant des témoignages (très confidentiels) dont celui de mon ami aumônier, la rédaction d’un mémoire, tout cela fut très long.

L’avocat a pensé qu’il y avait des chefs de nullité valables et a accepté de défendre mon dossier.

Par la suite, j’ai rencontré l’Official, qui m’a auditionnée pendant trois heures. L’affaire a été jugée, et la nullité du mariage reconnue.

Cette démarche a été difficile à expliquer aux enfants, qui n’ont pas reçu d’éducation catholique. Difficile aussi à expliquer à quelques amis catholiques. Ils avaient l’impression que l’Église, par cette procédure, se mettait à la page de la société.

En réalité, je ne romps pas un engagement, celui-ci est en fait reconnu comme nul. Nous avons manqué de discernement ; nous avions eu une préparation au mariage succincte (deux rencontres avec un prêtre). Cette déclaration en nullité me permet aujourd’hui de vivre en accord avec mes convictions profondes. »

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