Le musée des Monuments français au sein de la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris

Madame Sylvie Bethmont-Gallerand, administrateur d’Art, Culture et Foi / Paris présente ce nouvel espace ouvert au public après dix années de travaux et inauguré lors des dernières Journées du Patrimoine.


L’Europe des moulages.
Le goût pour les moulages date d’au moins cinq siècles lorsque le sous-sol de Rome dévoila aux connaisseurs et aux artistes de la Renaissance ses trésors antiques. Cette « gypsomania », cette vogue des moulages, a permis, avec l’utilisation de la jeune technique de la gravure, de diffuser les beautés de l’Antiquité classique à travers l’Europe. En France, François Ie est donné pour l’origine de la diffusion des moulages aux temps modernes. Relayé par les humanistes cet engouement s’étend à toute l’Europe, alors que le moulage fait une entrée en force dans l’enseignement des beaux-arts. L’ancêtre du musée du Louvre abrite dès 1794 un atelier de moulages, qui servira d’exemple à celui de l’Ecole des beaux-arts au début du XIXe siècle. Dans le même temps les capitales d’Europe, Berlin, Londres, Munich et Vienne, possèdent de magnifiques collections de moulages.


Un musée à l’histoire mouvementée.
Les collections que nous pouvons admirer aujourd’hui sur la « colline inspirée » de Chaillot, sont nées en 1882, à l’initiative d’Eugène Viollet-le-Duc, au musée de Sculpture comparée dans l’ancien palais du Trocadéro, souvenir de l’exposition universelle de 1878. Cette création témoigne de l’engouement sans faille pour les moulages.
A l’occasion de l’exposition universelle de 1937, les collections du musée de la Sculpture comparée se replient dans une aile du palais de Chaillot, ainsi naît le musée des Monuments français, sous l’impulsion de Paul Deschamps. Il s’agit alors de mettre l’accent sur l’identité nationale.
Puis, dans les années 70, le musée s’endort, parcouru par les élèves de l’Ecole des beaux-arts et ceux de l’école d’architecture de Chaillot. Son avenir reste incertain jusqu’à ce qu’en 1997 un incendie ravage, en ses murs, la Cinémathèque, son musée et ses archives, provoquant leur déménagement. Plus de 20 000 mètres carrés se trouvent alors mis à la disposition de la jeune cité de l’architecture qui abrite les collections rénovées du vieux musée.

Un musée des arts français. [1]
Ce nouvel espace est composé de trois galeries abritant des témoignages de l’art français depuis la période romane jusqu’à Le Corbusier. Le principe directeur est partout le même, c’est l’architecture qui commande le décor. La scénographie se veut spectaculaire, mais loin d’être un « Disneyland du Patrimoine », cet ensemble gigantesque émeut par la dimension humaine de chaque présentation. Les visiteurs déambulent entre les portails reconstitués, ils font face aux colonnes et aux vitraux placés à portée, les peintures ornent des coupoles abaissées jusqu’au sol. Partout des maquettes d’édifices guident le regard.
Comme le dit Léon Pressouyre, historien de l’architecture : « à un musée concentrant dans la capitale des informations sur les monuments de France pourrait succéder (dans un proche avenir) une constellation d’établissements ouverts au public et des réserves accessibles aux chercheurs » ; parmi les animations nombreuses prévues dans ce nouvel espace parisien, il souhaite que des visites du type « un mois, une œuvre » soient proposées. Un voeu que notre association Art, Culture et Foi / Paris se propose d’exaucer, en organisant des sorties thématiques au plus près de chefs d’oeuvres reconstitués comme le portail royal de Chartres, l’Eve d’Autun, le vitrail de l’arbre de Jessé de Sens ou encore le « beau Dieu » d’Amiens, en résidence à Paris.

Sylvie Bethmont-Gallerand

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[1Ill.:arbre de Jessé de Sens

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