L’Église
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Canonisation de Marie-Eugénie Milleret

Le 3 juin 2007, mère Marie Eugénie, fondatrice à Paris des Sœurs de l’Assomption, a été canonisée par le Pape Benoît XVI à Rome. Mgr André Vingt-Trois conduisait la délégation parisienne.

Outre la messe solennelle de la canonisation, le dimanche, les pèlerins ont pu participer le samedi à une eucharistie avec Mgr Duthel, postulateur de la cause, à une visite des catacombes et le lundi, à la messe d’action de grâce présidée par Mgr Vingt-Trois. Lire l’homélie de Mgr André Vingt-Trois

Qui était Marie-Eugénie Milleret ? Une femme comme les autres, qui a su reconnaître entre tant de voix celle de Dieu, et la faire sienne

Avec la canonisation de Marie-Eugénie Milleret - la première femme française que Benoît XVI canonisera - c’est une extraordinaire pédagogue qui est mis à l’honneur par l’Église, une femme dont l’action a marqué son époque. Une femme comme les autres que rien ne destinait à ces choix . Une femme qui a 21 ans a accepté de voir sa vie bouleversée et décidée de la consacrer entièrement à l’annonce de l’Évangile et à l’éducation.

Née à Metz le 26 août 1817, Anne Eugénie Milleret grandit dans une famille aisée, non pratiquante. A Noël 1829, à l’occasion de sa première communion, Anne Eugénie fait une véritable rencontre mystique avec le Christ ; rencontre qui la marquera pour toute sa vie. En 1830, après la ruine de son père, ses parents se séparent. Eugénie vit à Paris avec sa mère qui meurt 2 ans plus tard, emportée par le choléra. Anne Eugénie a alors 13 ans. Elle est confiée par son père à une famille amie de Chalon. La vie mondaine et superficielle qu’elle est amenée à vivre ne lui apporte que désarroi et solitude.

En 1836, de retour à Paris, elle retrouve la foi en écoutant les sermons de carême du Père Lacordaire à Notre Dame. "Votre Parole me donnait une Foi que rien ne devait plus me faire vaciller", lui écrira-t-elle plus tard. Elle se passionne pour le renouveau du christianisme de Lammenais, de Montalembert et de ses amis. Eugénie fait la connaissance de l’abbé Combalot qui l’oriente pour la fondation d’une nouvelle congrégation dédiée à l’éducation des jeunes filles.

C’est ainsi qu’à 21 ans, en avril 1839, elle fonde la congrégation des Religieuses de l’Assomption. Marie-Eugénie a déjà , précises dans son esprit, les bases de sa pédagogie ; elle récuse une éducation mondaine où l’instruction profane est au rabais ; elle veut un christianisme authentique et non un vernis superficiel ; elle entend donner aux jeunes filles une formation de tout l’être à la lumière du Christ.

Elle se lie d’amitié avec l’Abbé d’Alzon qui fondera les Pères de l’Assomption six ans plus tard. Cette amitié durera toute leur vie et sera d’une grande richesse tant sur le plan spirituel qu’humain et pédagogique.

Après une première école en 1842, les fondations se multiplient très vite à travers le monde : en Angleterre (Richmond - 1850), en Espagne (Malaga - 1865), en Nouvelle Calédonie (1873), en Italie (Rome - 1888), aux Philippines (1892), au Nicaragua (1892), au Salvador (1895). En 1867 c’est la reconnaissance par Rome de la congrégation.

Marie Eugénie enchaîne voyages et constructions de nouvelles écoles, sans que rien ne l’écarte de son intuition première : "c’est une folie de ne pas être ce que l’on est avec le plus de plénitude possible". Mais avec la mort du père d’Alzon en 1880, celle de sa première compagne, Mère Thérèse Emmanuel, en 1888, la solitude et la maladie lui font connaître l’impuissance de la vieillesse : "un état où ne reste plus que l’amour". Elle s’éteint le 10 mars 1898.

Marie-Eugénie Milleret est béatifiée le 9 février 1975 par le pape Paul VI. Sa fête est célébrée le jour de sa mort, le 10 mars. Le miracle de Marie Eugénie Milleret en faveur de Risa Bondoc relance le procès en canonisation. Elle est canonisée le 3 juin 2007 par le pape Benoît XVI.

Les Religieuses de l’Assomption dans le monde et en France

Aujourd’hui les Religieuses de l’Assomption sont présentes dans 34 pays dont 8 en Europe, 5 en Asie, 10 en Amérique et 11 en Afrique. Les 1200 religieuses se répartissent en 170 communautés.

Les religieuses exercent une action éducative à travers collèges, centres de formation féminines, centres d’éducations professionnels, dispensaires, activités pastorales (...). Elles sont également des contemplatives : la prière personnelle, l’office divin et l’adoration du St Sacrement sont au cœur de leur vocation. Habité par l’audace de leur fondatrice, l’ordre a en permanence le souci de relever les défis qui se présentent aujourd’hui afin de "faire de la terre un lieu de gloire pour Dieu".

Autour des religieuses, de nombreux laïcs à travers le monde, intéressés par leur spiritualité, se sont regroupés en "Assomption-Ensemble". Venus de tous horizons, ils sont unis autour des deux maitres mots de Marie Eugénie : Éduquer les personnes en leur faisant rencontrer Dieu et leur permettre à leur tour de transformer le milieu social dans lesquels ils se trouvent, par l’Évangile. Adorer, c’est à dire trouver Dieu en toute chose, ne pas vivre simplement l’action mais aussi le recueillement par la prière personnelle et communautaire.

En France, les religieuses de l’Assomption animent des établissements scolaires répartis sur tout le territoire. Chacun de ces établissements accueillent en moyenne 900 élèves (Cannes, Bondy, Bordeaux, Orléans, Saint-Dizier, Paris). Outre la maison mère située rue de l’Assomption à Paris, là où est enterrée Marie-Eugénie de Jésus, et le centre spirituel de Lourdes, elles animent également un centre d’accueil spirituel (Saint-Gervais), un centre de formation (Cannes) et s’occupent d’animation pastorale (Compiègne). Leurs objectifs : former des femmes et des hommes de foi et d’action, travailler à l’avènement de la justice.

Autres canonisations du 3 juin 2007

Le 3 juin, en même temps que Marie-Eugénie de Jésus, ont été canonisés trois prêtres :
- le père Simon de Lipnica, prêtre polonais fransiscain (1439- 1484)
- le père Charles of St Andrew, (18216 1893), prêtre irlandais membre de la congrégation de la passion de Notre Seigneur Jésus Christ
- et le père Georges Préca, (1880-1962), prêtre maltais, fondateur de la Société de la doctrine chrétienne.
Les Religieuses de l’Assomption appartiennent à la famille de l’Assomption qui regroupe : les religieuses de l’Assomption, les Augustins de l’Assomption (créé en 1845 par le père d’Alzon) les Oblates de l’Assomption (1865 par le Père d’Alzon), les Petites Sœurs de l’Assomption (fondé en 1865 par le père Pernet, assomptionniste) et les Orantes de l’Assomption (fondé en 1896 par le Père Picard, assomptionniste).

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