Discours du cardinal André Vingt-Trois pour la réception du pape Benoît VXI à la conférence épiscopale

Lourdes – 14 septembre 2008

Très Saint Père,

C’est un événement mémorable qui nous réunit ce soir. Votre vénéré prédécesseur Jean-Paul II avait réuni la Conférence épiscopale lors de son premier voyage apostolique en France en 1980. Dans un programme déjà très chargé, nous vous sommes particulièrement reconnaissants d’avoir inscrit cette rencontre et nous espérons que ces deux événements, séparés par plus d’un quart de siècle, seront les prémices d’une tradition qui se perpétuera. Nous voici donc ce soir dans le cadre habituel de nos réunions, où nous venons deux fois par an pour des assemblées, certes laborieuses, mais aussi priantes et fraternelles. Et je puis dire que nous sommes toujours heureux de nous retrouver et de partager ensemble les joies et les soucis de notre ministère épiscopal.

Vous le savez, nous sommes confrontés à des défis considérables dans notre mission d’annoncer l’Évangile aux hommes de notre temps. La désagrégation des familles, les difficultés éducatives et la crise de la transmission des valeurs et des convictions, les atteintes à la dignité humaine tant dans le domaine socio-économique que dans les applications technologiques de la recherche scientifique ou dans le respect de la vie dès son commencement et jusqu’à sa fin, sont autant de fardeaux qui pèsent sur nos contemporains. Nous nous efforçons de faire entendre non seulement la voix de l’Église, mais aussi la voix de la raison humaine qui doit éclairer les choix moraux de chacun et de toute société. Nous voulons être de véritables témoins de l’espérance.

En cette année saint Paul, comment ne pas évoquer les tribulations de l’Apôtre ? « Pressés de toute part, nous ne sommes pas écrasés ; dans des impasses, mais nous arrivons à passer ; pourchassés, mais non rejoints ; terrassés, mais non achevés » (2 Cor. 4, 8-9), nous ne faiblissons pas. Avec nos collaborateurs dans le ministère, prêtres et diacres, nous désirons partager notre espérance : notre mission n’est pas notre œuvre, mais celle de l’Esprit de Dieu lui-même. Bousculée par les changements sociologiques de notre société, notre Église fait face, certes avec moins de moyens qu’autrefois, mais non pas moins de conviction ni de courage. Nous nous réjouissons de l’engagement de nombreux catholiques dans la mission et de leur coopération à l’œuvre apostolique. Nous souffrons de notre difficulté à soutenir et accompagner les vocations sacerdotales et religieuses, mais nous ne baissons pas les bras. Dans de nombreux diocèses, les évêques relancent inlassablement l’appel à une vie plus missionnaire. Ils renouvellent et développent de nouvelles approches pour l’appel au sacerdoce et la formation des prêtres.

Très Saint Père,

Nous connaissons votre résolution de « fortifier vos frères ». Aussi nous somme heureux de ces quelques instants qui nous permettent de vous redire notre communion profonde et notre affection. Notre concélébration eucharistique de ce matin a été une manifestation sacramentelle très forte de notre unité dans la prière commune de l’Église. Elle a été aussi une image vivante de notre communion avec vous et de notre communion dans le même Seigneur.

+ André card. VINGT-TROIS
archevêque de Paris

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