L’Église
Catholique
À Paris

Mgr Renauld de Dinechin : discours de clôture de l’ordination épiscopale

Après l’eucharistie de leurs ordinations le 5 septembre 2008, les deux nouveaux évêques auxiliaires sont montés à l’ambon pour prononcer quelques mots de remerciements.

Souvent, saint Paul a une manière directe de se présenter : « Moi Paul, Apôtre, je m’adresse à vous ». Quel beau titre « Apôtre », envoyé ! Avoir pour identité d’être envoyé, de la part du Christ, c’est la vocation des apôtres. Dont nous sommes, Eric et moi, désormais successeurs. Notre remerciement va vers vous, Eminence, Père qui nous avez imposé les mains. Votre ministère nous montre ce qu’est un apôtre. Merci à vous frères aînés, les évêques qui nous avez imposé les mains : vous êtes incorporés au Collège des évêques. Nous pensons aussi au Cardinal Lustiger qui nous a ordonnés prêtres.

Dans l’épître au Romains, Paul réfléchit sur la transmission de la foi : « Comment croire ce qu’on n’a pas d’abord entendu ? » C’est dans ma famille que j’ai reçu la foi. C’est le plus grand don que j’ai reçu. Je confie mes parents à la bénédiction de Dieu, ainsi que ma famille. Et aussi toutes les familles ici présentes : chers parents, pour votre enfant, vous êtes la première Eglise et le lieu de transmission par le cœur. Vous en recevez la mission ! Vous recevez aussi la grâce pour l’accomplir. Toute famille qui a conscience d’être une cellule d’Eglise trouve dans cette réalité une force pour se construire.

Si Paul est apôtre, c’est qu’il a conscience du « trésor qu’il porte, lui qui se considère une poterie sans valeur ». Je suis reconnaissant à l’égard des collaborateurs de l’évêque : vous les prêtres et les diacres ; vous qui êtes catéchistes, animateurs en aumônerie, et ceux qui sont en mission dans la transmission de la foi.

Paul sait en qui il a mis sa confiance : « Ceux-là sont enfants de Dieu, qui se laissent conduire par l’Esprit Saint ». Ma reconnaissance est profonde à l’égard de la famille de Notre-Dame de Vie qui m’a appris à me laisser engendrer par l’Esprit Saint. Le prêtre que je suis a été édifié et stimulé par ceux qui osent se laisser guider par l’Esprit Saint.

Ce soir, je pense à ceux qui désirent être saints, ou à qui il est arrivé un jour de le désirer. Celui qui s’engage sur le chemin de la sainteté rencontre des surprises : « Au début, je pensais que le Christ m’avait libéré et que j’allais vraiment devenir saint. Et puis le vieil homme a ressurgi en moi. J’ai chuté : découragement ! » Plusieurs manières de réagir. Certains se raccrochent aux branches : « Quand je me regarde, je me désole ; quand je me compare, je me rassure ! » Mais non, ce n’est pas la sainteté, çà ! Saint Paul réagit autrement. Il gémit mais il persévère : « Le bien que je voudrais, je ne le fais pas, et le mal que je hais, je le fais. Malheureux homme que je suis ; je sens au fond de moi une loi, celle du péché ». L’homme aux prises avec le combat spirituel ! C’est le moment où la Mère de Dieu se fait proche.

Un dernier mot de Paul : « Seigneur, ta grâce me suffit, car ta puissance se déploie dans la faiblesse. Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ». L’Eglise, aujourd’hui, est fragile. Elle est vulnérable. En aucune manière cela ne peut entamer notre joie et notre espérance. Au contraire ! Nombreux sont les témoignages qui nous attestent que c’est quand elle se trouve dans la vulnérabilité, (la fragilité) qu’elle est la plus vivante. Quand les événements placent les chrétiens dans la fragilité, ils se révèlent à eux-mêmes et ils manifestent la vocation propre de l’Eglise. « Je peux tout en celui qui me rend fort. »

Mgr Renauld de Dinechin,
évêque auxiliaire de Paris

- Lire le compte-rendu de l’ordination épiscopale de Mgr Éric de Moulins-Beaufort et Mgr Renauld de Dinechin.

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