Intervention du cardinal André Vingt-Trois aux jeunes et aux séminaristes pour la fête du Séminaire de Paris

Collège Stanislas – Samedi 6 décembre 2008

Le Séminaire a invité cette année dans le cadre de sa fête patronale les aumôniers de jeunes, ainsi que des jeunes de leur choix (lycéens, étudiants, jeunes professionnels).

Près de 300 personnes se sont ainsi retrouvées au Collège Stanislas pour entendre le Cardinal Vingt-Trois sur le thème de la Vocation sacerdotale, dont 180 jeunes hommes et une vingtaine d’aumôniers. Nulle pression, au contraire : une invitation à la plus grande liberté a marqué le propos du Cardinal, tandis qu’il déployait ce que peut être le ministère d’un prêtre à Paris. L’écoute attentive et la qualité des questions ont témoigné de l’accueil profond qu’a reçu cette intervention. Un dîner de fête a suivi, au cours duquel des questions ont continué d’être posées, auprès des séminaristes cette fois-ci. Enfin un temps de prière a conclu la soirée. L’atmosphère était excellente, et les échos reçus en retour des aumôniers confirment que la proposition a été un succès.

Intervention du Cardinal André Vingt-Trois suivie d’un temps de questions/réponses

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Voici deux textes que je souhaite vous lire en introduction.

« Ici, chers fidèles de Paris et de la région parisienne, mais aussi vous tous qui êtes venus de la France entière et d’autres pays limitrophes, permettez-moi de lancer un appel confiant en la foi et en la générosité des jeunes qui se posent la question de la vocation religieuse ou sacerdotale : n’ayez pas peur ! N’ayez pas peur de donner votre vie au Christ ! Rien ne remplacera jamais le ministère des prêtres au cœur de l’Église ! Rien ne remplacera jamais une messe pour le salut du monde ! Chers jeunes ou moins jeunes qui m’écoutez, ne laissez pas l’appel du Christ sans réponse. Saint Jean Chrysostome, dans son Traité sur le Sacerdoce, a montré combien la réponse de l’homme pouvait être lente à venir. Cependant, il est l’exemple vivant de l’action de Dieu au cœur d’une liberté humaine qui se laisse façonner par sa grâce » (de l’homélie du Pape Benoît XVI sur l’esplanade des Invalides, le 13 septembre dernier).

Le 2e texte est moins proche et moins familier. J’ai souvent l’occasion de le citer, mais rarement en situation. Je suis tout heureux aujourd’hui de pouvoir le faire à bon escient.

« Dans ce pays, quantité de gens ne sont pas chrétiens, uniquement parce qu’il n’y a personne aujourd’hui pour en faire des chrétiens. J’ai très souvent eu l’idée de parcourir toutes les universités d’Europe et d’abord celle de Paris, pour hurler partout d’une manière folle et pousser ceux qui ont plus de doctrine que de charité, en leur disant : « Hélas ! Quel nombre énorme d’âmes exclues du ciel par votre faute ! ». De même qu’ils se consacrent aux belles lettres, s’ils pouvaient seulement se consacrer aussi à cet apostolat afin de pouvoir rendre compte à Dieu de leur doctrine et des talents qui leur ont été confiés ! Beaucoup d’entre eux, bouleversés par cette pensée, aidés par la méditation des choses divines, s’entraîneraient à écouter ce que le Seigneur dit en eux, et en rejetant leurs ambitions et leurs affaires humaines, ils se soumettraient tout entiers, définitivement, à la volonté et au décret de Dieu. Oui, ils crieraient du fond du cœur : « Seigneur, me voici, que veux-tu que je fasse ? Envoie-moi n’importe où, comme tu voudras, même jusque dans les Indes » (d’une lettre de St François Xavier à St Ignace de Loyola, alors qu’il était lui-même missionnaire en Asie, et précisément en Inde).
Ces deux textes situent bien clairement les questions auxquelles nous sommes confrontés : celle de la liberté et celle des talents.

I. La liberté

St Jean Chrysostome a montré combien la réponse de l’homme à l’appel du Christ pouvait être lente à venir. Cependant, il est l’exemple vivant de l’action de Dieu au cœur d’une liberté humaine qui se laisse façonner par sa grâce.

Il n’y a pas de service de l’Évangile, il n’y a pas de service du Christ, il n’y a pas de vocation, qu’elle soit sacerdotale, religieuse ou laïque, il n’y a pas de projet de vie, s’il n’y a pas de liberté, car c’est seulement dans le dialogue de la liberté du cœur avec le Christ que se construit une relation forte, à travers laquelle chacun de nous découvre jour après jour ce vers quoi Dieu l’appelle.

Quand je dis « vers quoi », je ne peux pas préciser plus. Je ne sais pas vers quoi Dieu vous appelle. Peut-être même vous appelle-t-il encore à plusieurs choses. Il est normal à votre âge d’être devant plusieurs possibilités.

L’appel de Dieu n’est pas la prescription de prendre tel chemin plutôt que tel autre, c’est un appel gratuit qui s’adresse à la liberté de l’amour. Vous connaissez tous Jn 21, où Jésus ressuscité apparaît aux disciples au bord du lac. Le récit se poursuit par le cheminement de Pierre avec le Christ : « Pierre, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » « Seigneur, tu sais bien, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ». « Pais mes agneaux ». Dans ce dialogue : « M’aimes-tu plus que ceux-ci ? – Oui je t’aime, tu le sais », nous découvrons comment la vocation, la mission que Jésus va confier à Pierre, n’a pas d’autre fondement que cet amour de préférence, cet amour plus fort, qui va façonner la liberté de Pierre. « Quand tu étais jeune tu allais où tu voulais », donc tu avais plusieurs chemins devant toi et il fallait choisir. « Quand tu seras vieux, un autre te mettra ta ceinture et te conduira ».

Au moment où nous sommes encore devant plusieurs possibilités, notre liberté s’engage progressivement pour une seule de ces possibilités. Ce moment peut être long comme nous dit saint Jean Chrysostome, il peut durer plusieurs années. C’est le temps du discernement, de la réflexion, du dialogue intérieur avec le Christ. C’est dans ce moment que se constitue la vocation. La vocation à quoi ? Cela dépend de chacun, de l’appel que chacun reçoit.

II. Les talents

Autre réflexion, qui vient de la lettre de St François-Xavier à St Ignace : « Bouleversés par cette pensée, aidés par la méditation des choses divines, ils s’entraîneraient à écouter ce que le Seigneur dit en eux et, en rejetant leurs ambitions et leurs affaires humaines, ils se soumettraient tout entiers à la volonté et au décret de Dieu… « Seigneur, me voici que veux-tu que je fasse ? »…. De même qu’ils se consacrent aux belles lettres, s’ils pouvaient seulement se consacrer aussi à cet apostolat afin de pouvoir rendre compte à Dieu de leur doctrine et des talents qui leur sont confiés. »

Les talents qui nous sont confiés, ce sont des qualités personnelles, tout à fait uniques, reçues par chacun d’entre nous, autres que celles dues à un capital génétique et culturel. Chacun de nous est fait de ce qu’il a reçu, par le don biologique de la vie, par le don culturel de l’éducation ou comme capacités personnelles. Cela fait un certain nombre de qualités. Mais les talents, ce ne sont pas seulement des qualités au sens où on dit d’un artiste qu’il a du talent. Les talents, dans l’Évangile, ce sont d’abord des biens, au sens premier : de l’argent. Ce sont des trésors, des richesses que nous avons reçues : richesses humaines, études que l’on a pu faire, culture que nous partageons, expériences que nous vivons. Ces richesses sont faites pour être mises au service des autres. Le passage de la possession des talents au partage des talents montre comment la générosité de Dieu transforme notre cœur, de façon que nous ne passions pas notre temps à déguster seul nos talents dans notre coin, mais que nous apprenions à les faire servir pour le bien de tous. Ce passage est aussi le moment où nous découvrons ce que Dieu nous demande de faire.

Je voulais vous confier autre chose, à titre de témoignage personnel que vous pourrez vérifier auprès des prêtres que vous connaissez. Cela va faire bientôt 40 ans que je suis prêtre (1969), et durant ces années, par la grâce de Dieu, je n’ai pas eu de malheurs extraordinaires, ni de maladies graves, ni de sombres périodes de dépression. J’ai eu une vie ordinaire. Mais pendant ces 40 années de ministère sacerdotal, pas une fois, à travers les différentes fonctions qui m’ont été confiées, je n’ai pensé : « Qu’est-ce que j’aurais pu faire de bien pour le monde si je n’avais pas été là où je suis ! ». Pas une fois je ne me suis dit que, en m’engageant dans cette voie et en répondant à l’appel de Dieu, j’avais privé les hommes de quelque chose. Quand j’étais jeune, pour nous stimuler un peu, on nous faisait rencontrer des vieux comme moi, et ils étaient chargés de nous faire comprendre que notre générosité devait nous conduire à abandonner quelque chose de très beau et de très important pour en faire l’offrande au Christ dans l’amour de notre cœur. En réfléchissant, il me semble que ce n’était pas une très bonne piste, car elle est illusoire. Je ne suis pas sur terre pour rêver ce que j’aurais pu faire, si j’avais fait ce que je n’ai pas fait. Je suis sur terre pour assumer ce que je suis et vivre ce que je suis. Je n’ai jamais eu le sentiment de porter un fardeau insupportable. Je n’ai jamais été écrasé par le sentiment que l’avenir du monde reposait sur mes épaules et je n’ai pas connu, par grâce, la crise intérieure d’une confiance trompée.

III. Des missions pour les prêtres

Quand je parle avec des jeunes de la vocation de la vie du prêtre, ils me demandent « Mais pour quoi faire ? ». Voici un certain nombre de missions pour lesquelles j’ai besoin d’avoir des prêtres debout.

À Paris, il y a la prison de la Santé. Tous les ans, on m’explique qu’il y a de vastes projets de restructuration et de reconstruction et à chaque fois le démarrage des travaux est retardé. Donc cette prison existe, elle est habitée par des prisonniers. Au nom du Christ, je dois envoyer quelqu’un auprès d’eux. Il me faut donc un prêtre qui exerce son ministère avec une équipe de laïcs qui le secondent. Je ne sais pas si j’aurai ce prêtre dans dix ans !

Nous avons à Paris, des hôpitaux très importants (Robert-Debré, Georges-Pompidou, Cochin, la Pitié-Salpêtrière) et une multitude de petites maisons de retraite. Qui vais-je envoyer comme aumôniers dans ces hôpitaux et ces maisons dans les dix ans qui viennent ? Certes, il y a des laïcs qui y travaillent. Mais les gens ont besoin aussi de rencontrer des prêtres.

Il y a sur Paris, grâce à Dieu, une quantité importante et vivante de groupes scouts. On sait très bien que la vitalité et la fécondité d’une troupe scoute dépend évidemment de la présence d’un aumônier. Les jeunes qui sont engagés dans une troupe scoute doivent avoir l’occasion de rencontrer un prêtre, à l’occasion d’un camp ou d’un week-end, dans des conditions plus calmes et plus détendues que pendant l’année scolaire. Même si la médecine fait beaucoup de progrès et que la générosité n’a pas de limites, il va quand même être difficile de demander à tous les prêtres septuagénaires de reprendre leur sac de couchage et de se mettre à refaire des camps scouts ! Il me faut des jeunes prêtres pour aller avec les groupes scouts.

Les aumôneries de lycées, d’établissements catholiques, les aumôneries d’étudiants, c’est pareil. On trouve toujours un prêtre de 70 ou 80 ans qui a le charisme particulier pour rencontrer des jeunes. Mais ce n’est pas parce qu’il en existe un, qu’ils sont tous comme ça. Il y a aussi une tranche d’âge où on n’est plus en phase, plus ouvert au dialogue avec les jeunes. On n’a plus la patience et la souplesse nécessaires.

Quelques paroisses parisiennes importantes n’ont plus un prêtre à plein temps. Tout un aspect de la mission de la paroisse dans un quartier, celui d’être une présence permanente ouverte et disponible, qui permette aux gens de venir rencontrer le prêtre, n’existe plus.

Nous avons là quelques éléments de la situation parisienne.

Mais passons le périphérique : le Cardinal Lustiger, il y a quinze ans, a fondé la Fraternité Missionnaire des Prêtres pour la Ville (FMPV), précisément pour appeler des prêtres à se constituer en équipes, pour aller exercer leur ministère dans des lieux particuliers et où l’annonce de l’Évangile est importante. Par exemple, en ce moment se construit en Seine et Marne une ville nouvelle, dans le secteur du Val d’Europe. Dans quelques années, il y aura là-bas 25 ou 30 000 habitants, avec des activités économiques, commerciales, scolaires, etc.… Il faut y envoyer des prêtres et constituer une équipe qui va s’impliquer dans la naissance de cette ville nouvelle. De même, le développement de Marne-la-Vallée n’est pas achevé. On projette aussi actuellement un nouveau plan d’aménagement sur le plateau de Saclay, avec de nouvelles grandes écoles, une concentration de chercheurs et d’étudiants, etc.… Il faut envoyer des équipes là-dedans. Pour les constituer, il faut que j’aie des prêtres. Nous avons aujourd’hui 40 prêtres de Paris qui sont dans des équipes de la FMPV. Cela signifie que nous acceptons de nous en passer pour les rendre disponibles pour ces missions.

Si nous restons sur le registre du travail intellectuel et de la recherche, pour avoir des formateurs qualifiés, non seulement pour les séminaristes qui sont ici ce soir, mais aussi pour les laïcs qui se forment, pour avoir des théologiens, des responsables de Séminaire, des canonistes, cela suppose qu’il y ait des prêtres qui soient engagés pendant des années dans un investissement intellectuel fort.

Autre registre, plus lointain mais aussi important : le service universel de l’Église. Chaque fois que je vais à Rome, je rencontre des gens de la Curie qui me disent : « Quand allez-vous envoyer des français pour travailler dans les services de l’Église universelle ? ». Il y a aujourd’hui des congrégations romaines où la langue française n’est plus représentée par des français. Ça veut dire que notre présence dans cette partie vitale qu’est la mission universelle de l’Église, et notre capacité à être en communication avec les Églises du monde, se réduisent. Dans les services des nonciatures, s’il y a trois ou quatre français, c’est le bout du monde.

Enfin, moins visible, mais peut-être plus important que tout le reste, à quoi servirait-il que j’invite les chrétiens à se confesser, s’il n’y a pas de confesseurs ? Il y a à Paris un certain nombre d’églises où on confesse toute la journée : Notre Dame de Paris, le Sacré-Cœur, St-Louis d’Antin, St-Sulpice,... Si vous avez un jour la curiosité d’entrer dans une de ces églises et d’avoir recours au ministère de ces prêtres qui accueillent, vous vous apercevrez certainement que la plupart sont âgés. Comment allons-nous assurer ce ministère d’accueil dans les dix ans qui viennent ?

Encore autre chose : je parlais tout à l’heure, comme d’un cheminement très important, de la découverte des talents que nous possédons. Or, pour parcourir ce chemin, il faut être accompagné. Il faut avoir des pères spirituels qui aident à voir clair par leur expérience, leur sagesse et le ministère qu’ils ont reçu. Ces prêtres, ont un charisme particulier. Tout le monde n’est pas nécessairement un père spirituel. Mais statistiquement, pour que ceux qui ont le don d’être des accompagnateurs spirituels existent, il faut qu’il existe des prêtres. Sinon, ceux qui en ont la capacité et la grâce ne pourront jamais être repérés. A qui va pouvoir parler un jeune qui se pose des questions sur sa vie ?

J’ai énuméré simplement quelques têtes de chapitres pour que vous réalisiez qu’il est impossible que ceux qui s’engagent vers le sacerdoce, puissent un jour être victimes de l’oisiveté, c’est-à-dire se trouver équipés de tous les dons spirituels que donne l’ordination, mais ne plus savoir trop quoi en faire parce qu’il n’y a pas de travail. Cette perspective, je vous le dis clairement, est exclue ! Si, par grâce, il se trouvait que le diocèse de Paris regorge de prêtres, j’ai les moyens de les occuper, non seulement à Paris, mais ailleurs aussi !

Actuellement, nous avons une quinzaine de prêtres parisiens qui sont au service de l’Église à travers le monde. Certains sont âgés, d’autres sont plus jeunes : cela s’appelle des prêtres fidei donum. Ils partent pour deux, trois ou six ans, pour se mettre au service de l’Église au Pérou, en Chine, en Afrique, etc.… Je peux vous dire qu’il y a encore de la place, le réseau n’est pas saturé !

Je vais faire une entorse discrète au secret pontifical. Quand je vais à la réunion de la congrégation des Évêques, tous les mois, nous avons quatre dossiers, pour proposer au Pape la nomination de quatre Évêques. Dans chaque dossier, il y a une présentation du diocèse, de sa réalité géographique, sociale, historique, et tous les éléments d’information utiles pour que les béotiens comme moi, qui n’ont jamais mis les pieds dans ces pays, se fassent une idée de ce qu’est ce diocèse, s’il est rural, urbain, etc.… Il arrive très fréquemment, en Amérique Latine en particulier, que dans des diocèses qui ont à peu près la surface d’une bonne moitié de la France, et où il y a 400 à 500 000 catholiques, on affiche bravement 30 paroisses et 25 prêtres. Si on fait le rapprochement avec notre ratio parisien de fonctionnement, ça voudrait dire qu’on fonctionnerait avec 50 prêtres ! Actuellement, on fonctionne avec 600.

IV. « Seigneur, qu’attends-tu de moi ? »

Tout ceci vous dit donc que l’espace est grand ouvert !

La question est alors de savoir comment nous laissons monter dans notre cœur la parole que rapporte l’Évangile : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? ».
Plutôt que de se poser la question : « suis-je fait pour être prêtre ? », il faut se poser la question : « Seigneur, qu’attends-tu de moi ? ». Car c’est en répondant à cette question-là, qu’on saura si on est fait pour être prêtre.

Si je n’avais pas été encouragé à me poser cette question, non pas simplement une fois tous les cinq ans, mais régulièrement dans la prière, je n’aurais jamais trouvé la réponse. C’est une question extraordinaire parce que c’est moi qui pose la question, et c’est aussi moi qui trouve la réponse. D’habitude, je pose la question à quelqu’un et celui-ci répond. Là c’est moi qui réponds. En réalité, d’ailleurs je ne réponds pas tout seul, je réponds avec le Christ qui me souffle la réponse de l’intérieur, en guidant ma liberté, si je me laisse conduire par l’amour.

Je voulais partager tout ceci avec vous ce soir et vous dire la joie que j’ai à rencontrer ici des séminaristes et des prêtres de Paris. Lors du voyage du Pape Benoît XVI, l’image la plus forte n’a pas été vue : c’était après la conférence au Collège des Bernardins, en repartant en papamobile. Nous avons été plongés d’un seul coup dans un autre monde. En sortant de cette assemblée particulièrement distinguée et académique, nous nous sommes trouvés soudain dans la rue de Poissy, environnés de jeunes, non seulement devant le Collège des Bernardins, mais également tout le long des quais et jusqu’au parvis de Notre Dame.

C’était une révélation, et une anticipation de ce que nous allions vivre le soir et le lendemain, c’est-à-dire la prise de conscience qu’il existait une jeunesse capable de se déplacer pour un évènement comme celui-là et d’être heureuse simplement d’être là, de voir, de chanter, d’applaudir, de prier, comme ce fut le cas sur le parvis après les Vêpres, et puis de se transporter sur l’esplanade des Invalides par le chemin de lumière pour la messe du dimanche. On peut remplir Notre Dame avec 3 000 personnes, ce n’est pas très difficile.

On peut remplir le parvis avec 10 000 personnes, c’est un peu plus difficile mais on peut y arriver. Mais quand on est sur l’esplanade des Invalides et qu’on a atteint le seuil critique des 250 000 personnes, on ne peut pas dire qu’on a fabriqué cela.

Ce qui ressortait de cette foule, c’était l’image d’une Église jeune. Il n’y avait pas que des jeunes mais cette assemblée avait un dynamisme interne qui montrait qu’il y avait une force réelle. Je sais bien que ce genre de rassemblement est tout à fait exceptionnel, mais il n’empêche que tous ces jeunes étaient là ! Et j’espère qu’ils sont là, non seulement à travers vous, mais derrière vous, dans l’image invisible que nous ne verrons pas, mais qui existe quand même et qui est si importante.

Questions

Vous avez parlé des talents. Dans quelle mesure doit-on faire fructifier ses talents, si on se pose la question d’être prêtre, dans des études profanes, avant d’entrer au Séminaire ? À quel moment décider d’entrer au Séminaire ?

Cela dépend de l’histoire et du cheminement de chacun. Mais je pense qu’on n’échappe pas à cette réalité qui est que, pour être prêtre, il faut arrêter de faire autre chose. Je ne sais quel est le meilleur moment pour arrêter, mais je vais vous donner des exemples, ce sera peut-être plus facile.

J’ai un bon ami qui est prêtre, de la même génération que moi. Il était en prépa pour entrer à Polytechnique, il a passé le concours, il a été reçu. Il a passé le concours des Mines, il a également été reçu. Quand il a été reçu, il a dit, « je n’entre pas ». Il aurait pu passer trois ans à Polytechnique, ce n’est pas cela qui aurait grevé son existence. Son raisonnement a été le suivant : « pourquoi prendre la place de quelqu’un à Polytechnique alors que je ne veux pas faire ce métier ? ». Il y a eu là un discernement très clair.

Par contre, j’en connais un autre qui a entrepris et allé jusqu’au bout d’une licence d’enseignement, car il lui semblait cohérent de mener au bout ce qu’il avait commencé et qu’il n’aurait pas été significatif que quelqu’un qui s’apprêtait à engager sa vie au service de l’évangile, commence par le faire, en ne prenant pas au sérieux ce qu’il faisait. Il lui a semblé plus juste et plus honnête d’aller jusqu’au bout.

L’élément déterminant dans tout cela, c’est le cheminement personnel. A quel moment est-on suffisamment décidé pour se confronter à la rupture qui est inévitable ? Il faut que ce moment soit discerné de l’intérieur.
J’ajoute qu’un certain nombre d’étudiants aujourd’hui ont précisément du mal à faire des choix. Il arrive même parfois que les ayant faits, ils reviennent dessus. Il y a un investissement intérieur nécessaire pour décider du moment de ces choix.

Je prends un exemple très simple : si je me sens appelé et que je chemine vers une vocation sacerdotale, à partir du moment où c’est une conviction intérieure, ce n’est plus la peine que je cherche une jeune fille, ou alors c’est que je ne suis pas déterminé. Car il faut quand même qu’il y ait des éléments structurants dans une vie : à un moment, tout est encore ouvert, et à un autre moment, tout n’est plus ouvert. Je pense que c’est quand même une décision qui s’inscrit dans l’histoire d’une vocation.

Il y a des vocations qui mûrissent très longtemps. Je suis très prudent devant quelqu’un qui vit une expérience forte, un moment de conversion, et qui me dit : « maintenant tout est clair, je quitte tout, Dieu m’appelle ». Peut-être. Mais ce n’est pas parce que Dieu l’appelle à la conversion qu’il l’appelle à tout quitter tout de suite. Il y a une épreuve de la conversion qui se réalise à travers les contraintes d’une vie ordinaire. Quelquefois, il vaut mieux attendre un, deux ou trois ans que ça mûrisse. Pour moi, quand le moment était venu de pouvoir entrer au Séminaire, à la fin du lycée, le prêtre qui m’accompagnait, m’a conseillé de ne pas le faire tout de suite, et cela pour deux raisons objectives : d’abord, ça faisait dix ans que je vivais dans ce lycée avec un encadrement disciplinaire très serré. Il n’était pas bon que je passe à une autre forme d’encadrement fort, qui serait la suite du lycée, mais il valait mieux entre les deux, une période de respiration. L’autre raison tenait au fait que j’avais vécu dans un univers essentiellement masculin : jusqu’à ce que je passe mon bac, sur 2 000 élèves dans le lycée, il y avait peut-être 20 filles ! J’ai donc écouté ce conseil et fait une année de Sorbonne.

Dans la vie d’un prêtre diocésain, appelé à vivre dans le monde, la radicalité évangélique est parfois moins visible que dans une vocation religieuse. En quoi, selon vous, cette radicalité évangélique s’exprime-t-elle dans la vie d’un prêtre diocésain ?

La radicalité évangélique, pour le prêtre diocésain, c’est d’abord d’assumer les contraintes propres à une vie de communauté paroissiale. Ce que le Concile a formulé en disant que le lieu propre de la sanctification du prêtre, c’est son ministère. Ça veut dire que nous ne devenons pas saints parce que nous sommes de spiritualité jésuite ou carmélitaine, ou oblat de je ne sais quelle abbaye. Nous devenons saints parce que nous sommes donnés totalement et complètement à la communauté à laquelle nous sommes envoyés.

La radicalité évangélique, ça veut dire que je fais l’effort, avec la grâce de Dieu, de raisonner mes activités, non pas en fonction de ce qui me plaît ou de ce qui m’attire, mais en fonction du peuple auquel je suis envoyé. Dans l’ordination, je fais une promesse d’obéissance hiérarchique à l’évêque, pour vivre avec lui dans le respect et l’obéissance. Ce qui veut dire, - c’est le premier aspect de l’obéissance -, que je me mets à sa disposition pour ce qu’il me demandera. Mais l’autre aspect de l’obéissance, qui est au moins aussi important et profond, c’est d’adhérer à la réalité de la mission qu’il me confie. Il ne s’agit donc pas simplement d’une obéissance formelle dans laquelle mon cœur ne serait pas engagé.

La radicalité évangélique du prêtre diocésain, c’est qu’il se donne tout entier à ce que la mission demande. Cette radicalité évangélique s’exprime aussi dans une manière de vivre, qui est une certaine austérité de vie, non pas triste, mais réglée par la mission. Je vais vous donner un exemple : comme beaucoup de gens, j’ai un carnet avec un répertoire d’adresses. Dans celui-ci, il y a certainement plusieurs centaines de personnes dont je pourrais être l’aumônier particulier. Mais je l’ai toujours refusé, sauf dans des cas tout à fait exceptionnels. Je ne crois absolument pas que la grâce de Dieu ne peut passer que par moi ! Sauf dans des situations particulièrement dramatiques et exceptionnelles, je refuse tout simplement. Je ne suis pas devenu l’aumônier de mes relations.

Ou bien encore, quand j’ai reçu une nouvelle mission, j’ai arrêté ce que je faisais. Par exemple, avant que je ne sois vicaire général, j’étais professeur au séminaire, et comme tous les professeurs de Séminaire, j’étais sollicité par toutes sortes de gens pour faire des conférences, des retraites, etc… Et bien quand le cardinal Lustiger m’a nommé vicaire général, j’ai cessé de répondre à ces demandes.

J’avais comme cela dans mes sacoches quelques dizaines de personnes à qui je servais de référence spirituelle, parce que ça c’était trouvé comme ça et que ça n’était pas incompatible avec ma mission de professeur au séminaire. Quand j’ai été nommé vicaire général, j’ai fait une lettre circulaire où je leur ai dit : « Je ne peux plus m’occuper de vous ». Ça ne faisait pas partie de ma mission, même si, bien sûr, il y a eu quelques exceptions.

De même, quand le nonce m’a appelé pour me nommer archevêque de Tours, je crois qu’avec le cardinal Lustiger, nous avons réalisé l’opération en trois semaines ! Adieu et accueil à Tours. Quand j’ai été nommé de Tours à Paris, ça s’est fait en quinze jours ! Je trouve que cela appartient à la radicalité évangélique, c’est-à-dire que ce qui conduit ma vie, c’est la mission que l’on me donne : « Tu vas là », et j’y vais. Je peux déménager en 24 heures. Cela me rend plus pauvre, plus libre et plus mobile. Je crois que c’est là la pointe de la radicalité évangélique d’un prêtre diocésain, cette disponibilité pour le ministère, cet engagement du cœur et des capacités d’action de la personne dans une relation d’amour auprès des gens vers qui vous êtes envoyés, être disponible pour cette relation d’amour, et d’une certaine façon, quand même, être corvéable.

Moi je travaille, je ne suis pas au Séminaire, et je m’interroge. Vous parlez de radicalité évangélique, mais je ne vous ai pas tellement entendu parler de vie de prière, ce soir. Du coup, je me demandais si, pour vous, la radicalité, ce n’est pas aussi de poser son discernement sur le roc, sur Jésus, et laisser infuser cette vocation d’une manière radicale, surnaturelle. La vocation naturelle d’un homme est tout de même d’aller vers une femme. Si je m’interroge quant à une vocation religieuse pour moi, ça a un sens dans la toute-puissance de Dieu sur terre et à travers mon cœur.

Je pense que la radicalité évangélique n’est pas liée à l’état de vie. Tous les chrétiens sont appelés à la radicalité évangélique. La question précédente m’a semblé être la suivante : comment le prêtre diocésain répond de manière spécifique à cet objectif ? Mais par ailleurs, il y répond comme tout baptisé, en essayant de vivre l’Évangile du Christ. Je pense que ceux qui se posent la question d’une vie religieuse ou sacerdotale, ne peuvent pas répondre à cette question s’ils ne vivent pas pleinement leur vie de baptisé. Dans ce sens, cette réponse s’enracine évidemment dans la communion au Christ vivant, au cœur du croyant, dans la communion sacramentelle, dans le tête-à-tête, dans le cœur à cœur avec le Christ. Mais ça, c’est vrai pour tout chrétien.

On le vit d’une façon particulière au moment où on se pose des questions d’orientation, mais c’est aussi vrai pour celui qui se prépare à se marier. Ce n’est pas spécifique à la vie sacerdotale. C’est spécifique à la vie dans l’Esprit. C’est pourquoi que je parlais d’un abandon de soi, parce que, de fait, la vie religieuse, comme le ministère sacerdotal, supposent un don de soi total. Le père de famille qui vit l’amour familial et conjugal vit la radicalité évangélique, mais dans un chemin différent. Il ne peut le vivre profondément que s’il le vit dans la prière, dans la méditation de l’Écriture, dans la communion quotidienne au Christ à travers les évènements de la vie. Le prêtre, c’est pareil. Évidemment, on ne peut pas être prêtre, être tout entier donné à sa mission, si on n’a pas une vie de prière intense, et peut-être plus formellement régulière et structurée que d’autres, mais elle n’est pas d’une nature différente. Nous ne sommes pas des super-baptisés, nous sommes des baptisés qui ont une mission particulière.

Cette vie de prière, c’est le cœur de la vie de tous ceux qui sont disciples du Christ. Ils essayent de vivre dans la communion avec le Christ. Notre époque nous conduit, nous consacrés (prêtres, religieux, religieuses), à une situation de témoignage de la foi qui est probablement plus forte qu’à d’autres moments de l’histoire de l’Église, dans le sens où nous vivons dans une société où la foi chrétienne n’est pas le bien commun de tous. C’est un choix ! Que des hommes et des femmes construisent leur vie sur ce choix, ça en fait des témoins privilégiés. Pour un certain nombre de personnes, qui ne sont pas encore très profondément converties à la vie chrétienne, le signe d’une vie complètement donnée est un signe de foi important. On peut le dire aussi d’un certain nombre de chrétiens qui ne sont ni religieux, ni prêtres et qui se donnent complètement dans leur mission.

Vous avez évoqué les différents ministères, notamment du service de l’Église universelle. Actuellement, je suis moi-même très attiré par ce service. A qui s’adresser ?

Tu peux en parler avec un certain nombre de prêtres qui sont tout à fait capables de répondre. Ça n’a rien de mystérieux. J’ai évoqué tout à l’heure la congrégation pour les évêques, elle est composée d’une trentaine d’évêques du monde entier, elle se réunit tous les quinze jours, et évidemment, ce travail doit être préparé. Ca veut dire que, dans les services de la congrégation, il y a une quinzaine de prêtres qui préparent le travail, travail austère et ingrat, c’est-à-dire qu’ils épluchent des dossiers, ils constituent les dossiers présentés à la congrégation. Par certains côtés, ça peut n’apparaître que comme un travail de bureau. Ce qui est original, ce n’est pas le genre du travail, c’est le contenu, c’est-à-dire la vie des Églises qui est évoquée à travers ces dossiers. Si ça t’intéresse, tu peux aller un jour visiter une congrégation à Rome, par exemple rencontrer Mgr Bruguès, qui est français et qui est à la congrégation pour les séminaires.

Vous nous expliquez que, quel que soit son état de vie, il est possible de vivre la radicalité évangélique. Alors, mais sans doute je m’exprime mal, qu’est-ce qui fait la supériorité de la vie consacrée ?

La spécificité de la vie consacrée, c’est que c’est un signe prophétique : l’engagement dans la vie religieuse, par les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, c’est l’engagement dans un chemin de communion au Christ et d’offrande de soi qui anticipe ce à quoi tout le monde est appelé, qui réalise la vocation humaine autrement que par les moyens habituels du travail, de la vie familiale, relationnelle, et de la liberté de soi.

Cette vocation est prophétique, puisqu’elle met en lumière d’un seul coup un aspect de la vie de tous les baptisés, mais que tout le monde ne peut accomplir qu’à travers un chemin historique, où l’emprise du Christ sur notre liberté se réalise à travers le jeu du fonctionnement d’une société humaine. Or la consécration religieuse, c’est précisément que la sanctification se réalise par l’engagement dans la vie communautaire et par la mission qui est confiée, et non pas à travers la profession, la vie de famille, etc. Ce qui n’empêche que certaines personnes consacrées peuvent avoir une profession, mais ce n’est pas le cœur de leur consécration, ce n’est pas pour ça qu’elles sont consacrées. Ce qui est significatif, c’est le don total, absolu et personnel.

Est-ce également vrai pour le sacerdoce ? Ou uniquement pour la vocation religieuse ?

La vocation religieuse, c’est un appel à la consécration baptismale poussée à son point d’incandescence.

La vocation sacerdotale, c’est différent. Le prêtre est appelé pour exercer un ministère qui est le ministère apostolique. C’est un appel pour une fonction liée au ministère des évêques et, dans la tradition catholique depuis l’antiquité et les premières générations après les Apôtres, cet appel à partager la mission pastorale du Christ est lié directement à la donation totale de soi. Ensuite, la question qui s’est traitée historiquement, fut de savoir jusqu’à quel point ceux qui étaient associés au ministère des évêques par l’ordination sacerdotale, devaient partager l’état de vie du Christ ou ne pas le partager. Concrètement, ça veut dire ceci : les évêques sont les époux d’une Église, ce ne sont pas les époux d’une femme. Donc, ils sont célibataires. Pour exercer leur ministère épiscopal, ils s’associent des prêtres. Dans certaines traditions orientales, ces prêtres ne sont pas associés au même style de vie que les évêques, et ils peuvent être mariés. On peut ordonner prêtres des hommes mariés. Dans la tradition occidentale latine, le développement de l’expérience de l’Église a été au contraire d’associer plus étroitement les prêtres à la condition de l’évêque, en leur faisant partager le même style ou état de vie, en posant comme condition, que l’on n’appelle pour être ordonné que ceux qui ont le don d’une vocation au célibat. Ce n’est pas une interdiction du mariage, c’est le discernement d’une vocation au célibat, le discernement d’une mobilisation intérieure de la personnalité, de l’affectivité, dans une relation au Christ, et non pas dans une relation à une femme. Cette relation au Christ s’accomplit dans la relation à la communauté ecclésiale. C’est donc un don de la grâce.

La vocation, c’est la mobilisation intérieure, l’appel à se donner tout entier au Christ, comme le montre la figure du ministère sacerdotal que nous connaissons dans l’Église latine, des prêtres célibataires très étroitement associés au ministère de l’évêque. Quant au diaconat permanent, qui est le 3e degré de l’ordre, il peut être conféré à des hommes qui gardent un état de vie complètement séculier, c’est-à-dire qui peuvent être mariés, avoir une profession, etc.

L’ordination, quel que ce soit l’état de vie, fixe le statut. Si on est ordonné marié, on est ordonné marié ! On n’est pas ordonné célibataire. Le mariage devient un élément constitutif du ministère. Les diacres qui sont ordonnés mariés, sont ordonnés pour exercer leur ministère en interaction spirituelle avec leur sacrement de mariage. Par contre, pour celui qui est ordonné célibataire, sa personnalité intérieure se reconstruit autour de son ordination, et il ne peut plus se marier. Dans certaines Églises orientales, il y a d’ailleurs un mouvement de plus en plus fort de la part des candidats au sacerdoce pour devenir prêtres célibataires, justement parce qu’il y a une connivence entre le don de soi pour le ministère et le don de sa personne.

Le prêtre est-il prophète en un certain sens ?

Oui, et le baptisé l’est aussi dans un certain sens, puisqu’il est prêtre, prophète et roi. Mais c’est un peu compliqué.

Vous nous avez détaillé un certain nombre de formes de ministère. Mais aujourd’hui, et demain encore plus, la plupart de nos contemporains ne connaissent pas le Christ, ou en ont une vision déformée par les médias. Quelle est la forme du ministère qui sera plus particulièrement au service de tous ceux qui ne connaissent pas le Christ ?

Première réponse : le prêtre n’est pas missionnaire tout seul, le prêtre est missionnaire en Église. La première fécondité du ministère du prêtre, n’est pas d’être toujours en première ligne, mais de nourrir, de soutenir, d’encourager, et d’accompagner des chrétiens. De toute façon, le prêtre ne sera jamais partout à la fois. Le prêtre n’est pas ordonné d’abord pour assurer la présence et l’annonce de l’Évangile dans les différentes structures du monde, même s’il peut le faire avec bonheur et s’il est parfois nécessaire qu’il le fasse. Mais, c’est de l’ordre de la vocation baptismale. Pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, on peut dire que les prêtres doivent toujours avoir le souci de savoir comment ils aident les chrétiens à être meilleurs chrétiens, à être d’avantage témoins de l’évangile, à être plus ouverts et transparents pour leur entourage.

Deuxième réponse : Dans sa vie, le prêtre, qui demeure un chrétien, a aussi des contacts, des réseaux, des possibilités de rencontrer des gens… A ce moment-là, comment témoigne-t-il du Christ ? J’ai énuméré des situations évangéliques : s’occuper des prisonniers, des malades, des enfants, des jeunes, etc.… Ce ne sont pas des choix, cela fait partie de notre mission. Les gens qui vont être confrontés à des situations dramatiques, à des décisions importantes, doivent pouvoir rencontrer un visage d’Église. Mais il y a aussi des situations missionnaires de fondation de communautés où il est nécessaire que des prêtres soient totalement engagés.

D’autres informations sur l’Année du Prêtre sur ce site et sur le site mavocation.org.

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