L’Église
Catholique
À Paris

Souffrances et difficultés d’un ministère

Au début de leur ministère, les jeunes prêtres appréhendent souvent l’homélie ; le P. Alain Gambart, curé de St-Ambroise, se souvient : « Au début, leur préparation me demandait beaucoup de temps et je les
écrivais mot à mot ; un jour, j’ai oublié mon papier, il a bien fallu que je me lance. »

Pour un prêtre qui a donné sa vie au Christ et à ses frères, la première souffrance est de voir le trop petit nombre de personnes
répondre à l’appel du Christ et s’en tenir à une « simple pratique » trop centrée sur la dévotion personnelle.

Le P. Chatillon s’en explique : « Il est passionnant de transmettre cet amour de Dieu ;mais lorsqu’en retour, on constate le peu d’enthousiasme, voire l’indifférence, c’est difficile ; les gens ont certes des vies extrêmement chargées, mais la vie chrétienne a toujours demandé de faire des choix, comme peut-être tout simplement de sacrifier « son dîner en ville ».
Leur souffrance est aussi de voir le peu de paroissiens demander le pardon du Seigneur, en dehors des temps forts proposés par les paroisses (et même durant ces périodes), alors que les prêtres les attendent et sont à leur disposition au moins pour parler.

A St-Joseph, le P. Robert d’Anglejan souffre de voir des personnes refuser de s’ouvrir à Dieu, alors qu’il leur serait possible de le faire. La difficulté c’est aussi les manques, les défauts éprouvés par les uns et les autres selon leurs personnalités. Comme le dit le P.Gollnisch, « la principale difficulté personnelle, c’est notre propre conversion ».
Il y a aussi les moments de fatigue éprouvés par chacun à un moment donné. C’est le cas du P. d’Anglejan, soumis à une disponibilité 24h sur 24, mais aussi des curés, au rythme de vie pas toujours équilibré.

A St-Ambroise, où l’équipe de prêtres appartient à la Fraternité missionnaire des prêtres pour la ville, ils partent un lundi par mois se ressourcer à la campagne.

Le P. Chatillon est parti, lui, à deux reprises, passer une année dans un monastère bénédictin en Bretagne : « J’avais besoin d’un temps de silence, de me laisser modeler par le rythme de la vie bénédictine : la prière, le travail intellectuel et manuel. Je regrette que dans mon ministère, il n’y ait pas ce triple équilibre. J’y retourne chaque année pour me ressourcer. »


Pour un jeune prêtre comme le P.Dumoulin, ce sont
les ruptures de rythme qui sont parfois difficiles à vivre : « Entre les moments de solitude et ceux d’un trop plein de relations, l’équilibre est difficile à trouver. »
Enfin une dernière difficulté évoquée par le P. Gollnisch : « Notre action ne peut s’évaluer que sur une très longue durée. Or le risque est de multiplier les projets et les orientations pastorales à court terme. Une meilleure articulation entre les différents niveaux d’action dans l’Eglise serait bénéfique. » Frédérique de Watrigant

Paru dans Paris Notre-Dame N°1268 le 15/01/09

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse