À l’école de l’amour

Face au discours sanitaire ambiant sur la sexualité et à tout ce qu’ils entendent et voient sur le sujet, les adolescents sont souvent désorientés. Devant leur corps qui change, ils peuvent s’inquiéter ou tourner en dérision ce qui est digne de considération. Pour leur donner une vision positive de la sexualité et les guider dans leur affectivité, plusieurs propositions existent dans le diocèse de Paris. • Réalisé par Ariane Rollier

L’éducation sexuelle des jeunes fait partie du programme scolaire. Au-delà de celui de SVT de 4e, qui présente aux élèves le fonctionnement biologique de la reproduction humaine, les établissements privés font souvent intervenir des associations habilitées à parler de la sexualité et de l’affectivité aux adolescents. Parfois, ils envoient même leurs jeunes en session de formation à l’extérieur. En plus de ces propositions existant dans le cadre scolaire, certaines aumôneries et paroisses sollicitent des adultes formés dans ce domaine pour parler aux jeunes ; d’autres ont leur propre proposition. Dans tous les cas, les animateurs s’accordent à dire qu’il y a un vrai besoin, les jeunes ayant une réelle soif de connaissance en la matière et une vision souvent déjà abîmée de la sexualité. De plus en plus tôt, les enfants ont accès, par exemple, aux images pornographiques. Une information adaptée, en amont de ces problèmes, est donc pertinente dès le primaire. Si les animateurs sont des adultes sérieusement formés et capables d’intervenir devant des adolescents, ils ne sont pas assez nombreux. Rares sont ceux qui ne souhaiteraient pas voir leurs équipes renforcées. De plus, tous estiment qu’il est du rôle des parents d’aborder les sujets de la sexualité et de l’affectivité avec leurs enfants et de se former si nécessaire.

LE CLER AMOUR ET FAMILLE

Fondé en 1961 par le P. d’Heilly, un jésuite, le CLER Amour et Famille est une association d’utilité publique. Accompagner les jeunes, les informer et participer à leur éducation affective, les aider à acquérir le sens de la responsabilité, du respect de soi et des autres, fait partie de sa mission. Des membres de l’association sont ainsi régulièrement sollicités pour intervenir essentiellement devant des classes de collège et lycée, mais aussi devant quelques CM2. A Paris, ils sont une dizaine (il faut auparavant avoir suivi une formation sur deuxans) à être habilités à s’exprimer devant des classes d’établissements privés ou dans les aumôneries de collèges publics. C’est sur la base des questions des jeunes, envoyées avant leur intervention, que les animateurs établissent le déroulé de leur séance. Les garçons et les filles sont séparés pour pouvoir échanger plus librement sur les sujets qui les préoccupent : les règles, la puberté, l’amitié et l’amour, la contraception, etc. « Nous avons de plus en plus de questions autour des relations familiales. Nous invitons les jeunes à s’interroger et leur donnons des outils afin de dialoguer davantage avec leurs parents », fait valoir Bénédicte Péronnet, responsable de l’équipe CLER de Paris.
www.cler.net, tél. 01 48 74 87 60, mél : cler@cler.net.

Dans le cadre de Cycloshow, des ateliers mère et fille se mettent en place autour du cycle menstruel expliqué aux jeunes filles de 9-13 ans. Proposition à N.-D. d’Auteuil (16e), tél 01 46 47 87 49, les 13 mars et 14 mars.

TEENSTAR

Mise au point en 1980 par le Dr Hanna Klaus, professeur associé de gynécologie et obstétrique à Washington University (Etats-Unis), TeenSTAR (pédagogie pour une SexualiTé Adulte et Responsable) a été introduite en France en 1993. Depuis trois ans, le nombre de personnes à s’inscrire à ses sessions va crescendo. A Paris, des membres de l’association TeenSTAR interviennent dans quelques établissements secondaires et paroisses. La pédagogie a été plus particulièrement mise en place il y a deux ans à la Trinité (9e). Introduite par le P. de Chauvigny, vicaire, elle s’adresse aux adolescents, répartis en groupes non mixtes de jeunes de 13 à 17 ans. Développée autour d’une approche physiologique – qui permet aux jeunes de découvrir la merveille de leur corps –, psychologique et spirituelle, TeenSTAR permet aux adolescents d’intégrer tous les aspects de leur sexualité. Elle les aide à accéder à un discours authentique sur l’amour et à une sexualité responsable. Sa spécificité ? Elle se déploie dans la durée : à la Trinité, les jeunes ont rendez-vous tous les dimanches de 17h30 à 19h de la Toussaint à Pâques. Ils entrent ainsi peu à peu dans une relation de confiance, osant davantage s’exprimer en petits groupes, accompagnés par un adulte garant de la confidentialité de leurs propos. A en lire leurs témoignages, la démarche est plébiscitée.

http://teenstar.fr. Tél. 06 15 78 02 75.

A la Trinité, mél : trinitejeunes@gmail. com, tél. 01 48 74 79 92.

L’ÉCOLE DE L’AMOUR

L’originalité de l’école de l’amour est d’impliquer les parents en même temps que leurs enfants. Fondée il y a six ans par le P. Vincent de Mello, alors vicaire à St-Ferdinand des Ternes (17e), cette formation a lieu sur un après-midi. Accompagnés par un parent – mère pour les filles, père pour les garçons –, les collégiens se retrouvent autour d’un enseignement donné par le P. de Mello, désormais directeur du Bon Conseil (7e), ou par son successeur à St-Ferdinand, le P. Simon Chouanard. L’objectif ? Encourager enfants et parents à échanger sur les sujets d’ordre sexuel et affectif. Après cette première mise au point, les parents sont pris à part par le prêtre : il leur explique qu’il est important de parler de la beauté de la sexualité et d’en donner le sens, quelle que soit leur histoire. Les enfants, quant à eux, suivent un parcours en plusieurs étapes : introduction à la physiologie, temps sur l’affectivité et les sentiments, moment de découverte des différences entre l’homme et la femme, échange sur les pièges de l’amour, et enfin, temps de prière. La vertu principale de cette école ? Libérer la parole et permettre aux enfants d’établir un dialogue avec leurs parents sur les questions qui les préoccupent.

Prochaine session à St-Ferdinand des Ternes, les 6 février et 7 février. Inscriptions : jstferd@gmail.com.

Au Bon Conseil les 13 et 14 mars ;
www.bonconseil.org. Tél. 01 53 69 64 20

LE CENTRE MISSIONNAIRE DE LA VIE

Au Centre Missionnaire de la Vie situé à Trie-Château (Oise), ce sont les jeunes qui s’adressent aux jeunes. Sous la houlette du P. Stéphane Aumonier, prêtre du diocèse de Paris, des jeunes âgés de 18 à 22 ans passent une année à se former sur les grandes questions liées à la vie (bioéthique, philosophie, physiologie, anthropologie, etc.). En vue de transmettre ce qu’ils reçoivent, ils sont régulièrement sollicités par des lycées parisiens et organisent des journées pédagogiques pour les adolescents venant à leur rencontre. C’est ainsi qu’ils préparent quelques journées d’accueil de scolaires venant pour des sessions sur les questions d’ordre affectif et sexuel. Cette année, le Pôle Adolescence de la Pastorale des jeunes du diocèse de Paris a lancé une expérience intitulée « Starter3Château » pour les élèves de 2ndes. Son but était de faire le point sur leur vie, notamment affective, au moment de la Toussaint. Un projet qui pourrait être renouvelé à la rentrée 2010.

Tél. : 03 44 49 51 00.
Mél : centre.missionnaire@wanadoo.fr.
Infos : www.centremissionnairedelavie.fr
Ecole post-bac membre de l’Enseignement catholique de Paris.

PROPOS DE FLORIAN, 16 ans

« J’ai suivi l’école de l’amour lorsque j’étais en 4e. Cela m’a beaucoup intéressé : nous avons eu à la fois des explications d’ordre biologique et des éclairages d’ordre affectif et psychologique. J’ai appris plein de choses tant sur le plan de la sexualité, que de l’amour et de l’affectivité. Je me souviens surtout de ce que j’ai découvert sur la différence entre les psychologies féminine et masculine : un garçon a un esprit à tiroirs alors que chez la fille, tout est lié. Nous avons aussi abordé des questions de bioéthique, comme celle de l’avortement, dont on ne parle pas en cours. Je suis très content de cette formation car aujourd’hui, je sais pourquoi je pense certaines choses : par exemple, pourquoi je ne suis pas en faveur du concubinage. Même si je suis plutôt à contre-sens par rapport aux idées véhiculées dans le monde, je suis décomplexé et cela m’arrive de parler de ces sujets à des personnes qui ne pensent pas comme moi. Quand je vois les bénéfices de cette école de l’amour, j’encouragerais les yeux fermés les autres à y participer. » • Propos recueillis par Ariane Rollier

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