Accompagner la vie naissante

Depuis toujours, l’Église s’engage au service de la vie. Dans cette dynamique, le diocèse de Paris encourage acteurs catholiques et paroisses à accompagner la vie de sa conception à sa fin naturelle. Une veillée de prière pour la vie est ainsi organisée à N.-D. de Paris, le 22 mai. Et pour aider les personnes se posant toutes sortes de questions autour de la vie naissante, un site internet vient d’être ouvert. Mgr Michel Aupetit, vicaire général du diocèse de Paris, donne ici son éclairage sur vienaissante.fr, dont il est un contributeur.

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« Tout enfant qui vient au monde devra être accueilli comme un don vivant de la Bonté divine. » Jean-Paul II, Donum vitae (1987).

Paris Notre-Dame : Pourquoi lancer un site sur la vie naissante ?

Mgr Michel Aupetit – Parce qu’il s’agit de questions qui peuvent toucher toutes les personnes, soit à titre personnel parce qu’elles sont parents ou grands-parents, soit parce qu’elles sont proches de personnes qui connaissent des difficultés telles que des problèmes de stérilité. Ce sujet de la vie naissante pose des questions en rapport avec la foi chrétienne et la vie en général, parce qu’il bouleverse le couple, et plus largement, la famille. Lorsqu’un événement heureux se transforme en quelque chose d’imprévu – comme une fausse couche ou une malformation fœtale –, les personnes sont souvent dans l’incompréhension, voire dans la révolte. Elles cherchent des réponses… Or, sur les sites internet et les forums, il y a peu de réponses venant de catholiques. Nous sommes donc partis des grandes questions récurrentes qui nous sont envoyées par courriel pour donner des réponses claires et synthétiques conformes à la foi catholique.

Qui répond aux questions posées ?

M. A. – Il s’agit de quatre prêtres parisiens qui, dans leur mission, ont rencontré des personnes confrontées à des questionnements autour de la vie naissante : le P. Jacques de Longeaux, spécialiste en théologie morale, auteur d’une thèse sur la bioéthique et responsable du département de recherche "Sociétés humaines et responsabilité éducative" ; le P.Brice de Malherbe, consulteur au Conseil pontifical pour la famille et co-directeur du département d’éthique médicale au Collège des Bernardins ; le P. Denis Metzinger, curé de St-Charles de Monceau (17e) et vicaire épiscopal pour la pastorale familiale ; et moi-même, médecin de formation, ayant collaboré au département d’Éthique médicale de la Faculté de médecine de Créteil.

Le diocèse de Paris fait de la promotion de la vie, de sa conception à sa fin naturelle, l’une de ses priorités. Concrètement, comment se mobilise-t-il sur ce sujet ?

M. A. – C’est un sujet en effet important pour notre archevêque et dont il a parlé dans un certain nombre de ses ouvrages. Il s’agit là d’une réelle question anthropologique avec un enjeu d’avenir. Comme le dit bien le titre du dernier livre de Mgr André Vingt-Trois, quelle société voulons-nous ? Notre conception de l’humanité aujourd’hui, notre perception de l’homme construit la société de demain. Une réflexion éthique est ainsi menée au Collège des Bernardins à travers une chaire d’éthique biomédicale ouverte aux professionnels, dont beaucoup de non-catholiques. Moi-même, j’anime une cellule de réflexion diocésaine avec une dizaine de spécialistes qui se réunissent plusieurs fois par an pour creuser un sujet tel que l’euthanasie et en faire un dossier de référence, notamment pour le cardinal Vingt-Trois. De plus, le diocèse organise chaque année depuis trois ans une veillée de prière pour la vie à N.-D. de Paris.

Qu’en est-il au niveau des paroisses ?

M. A.– La question est abordée différemment selon les paroisses, certaines équipes pastorales étant très mobilisées sur le sujet, d’autres se sentant plus désarmées ou moins à l’aise pour en parler. Ainsi, le site que nous créons peut être une aide pour les paroisses qui pourront donner une information et un outil précis aux personnes le souhaitant. Sur le site, un certain nombre d’associations en lien avec les sujets traités sont référencées ainsi que des lieux spirituels dans Paris où trouver un soutien. Des prières d’accompagnement sont également publiées tout comme des extraits des Écritures et du magistère qui peuvent nourrir la réflexion. Si j’encourage les prêtres à se former sur ces questions pour mieux en maîtriser les considérations techniques et humaines, je pense que notre ministère nous appelle de toute façon à accueillir et à accompagner spirituellement les personnes avec leurs interrogations et leurs souffrances en vue de leur redonner de l’espérance.

Qu’attendez-vous précisément du site ?

M. A.– Que nous puissions répondre le mieux possible aux questions que les personnes se posent autour de la vie naissante et qu’elles puissent trouver ainsi une aide. Je pense que le site doit s’intégrer à une démarche plus globale visant à mutualiser les efforts des personnes engagées au service de la vie. Pour moi, il est urgent que nous nous mettions encore davantage en réseau pour mieux partager nos informations, nos formations et nos contacts dans ce domaine. • Propos recueillis par Ariane Rollier

Zoom sur vienaissante.fr

Un exemple d’une question et de sa réponse extraites du site

« Mes parents ont fait une PMA (Procréation médicalement assistée) pour m’avoir, est-ce que l’Église me reconnaît comme un enfant de Dieu ? »

La réponse du P. Michel Aupetit

« Bien entendu, vous êtes aimé de Dieu ! Toute vie qui commence entre dans la création voulue par Dieu. Dès l’émergence de la vie, c’est-à-dire au moment de la fécondation, nous sommes créatures de Dieu. Notre âme spirituelle, capable de Dieu et directement créée par lui, existe dès ce moment. Dès l’heure où vous avez été créé, vous êtes aimé de Dieu. Même si le moyen qui a permis votre conception n’est pas parfaitement ordonné au plan de Dieu, vous pouvez être baptisé et par ce baptême devenir effectivement “enfant de Dieu”. Le pape Jean-Paul II nous le rappelle : « Bien qu’on ne puisse pas approuver la modalité par laquelle est obtenue la conception humaine dans la Fivète, tout enfant qui vient au monde devra cependant être accueilli comme un don vivant de la Bonté divine et être éduqué avec amour. » [1]

www.vienaissante.fr

[1Donum vitae, Instruction du pape Jean-Paul II, 1987, chapitre II, 5.

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