L’Église
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À Paris

Au sujet de la manifestation du 24 mars à Paris : Extrait de l’entretien du cardinal André Vingt-Trois sur Radio Notre-Dame, le 30 mars 2013

Radio Notre-Dame – Elodie Chapelle : Nous avons évoqué la semaine dernière les grands débats politiques et sociétaux autour du mariage pour les couples de même sexe et le projet de loi qui ouvre la recherche sur l’embryon. Quel regard posez-vous sur la mobilisation qui a eu lieu la semaine dernière ? Quel message voudriez-vous adresser alors qu’on a l’impression qu’il y a une tentation de clivage dans notre société ?

Cardinal André Vingt-Trois : Ce n’est pas une tentation, c’est une réalité ! Comme je l’ai dit à plusieurs reprises, ce projet de loi était constitutif d’un clivage : il devait produire un clivage, il a produit un clivage. C’était annoncé. C’est arrivé. On peut le regretter. On peut aussi trouver que cela reflète bien une différence réelle. La question à laquelle on est confronté, c’est de ne pas sous-estimer ce clivage. Il y a des propos qui mériteraient d’être réajustés.
Quand le Premier Ministre dit que les organisateurs ont sous-estimé la participation, on peut dire que la Préfecture de Police aussi a sous-estimé la participation, parce que les organisateurs au contraire avait annoncé une participation très forte. La Préfecture disait : il y aura 100 000 personnes ! Ce ne sont pas les organisateurs qui ont sous-estimé la manifestation. Si j’insiste sur la sous-estimation de la manifestation, ce n’est pas pour faire de la polémique sur les chiffres, c’est parce que cette sous-estimation reflète la difficulté d’un certain nombre de personnes à apprécier l’importance de la résistance au projet de loi.
Ce n’est pas la manifestation qui est importante, c’est la résistance dont la manifestation est le symbole. Donc ce clivage existe. Il s’est manifesté clairement à deux reprises. Et je pense que c’est une erreur d’appréciation grave de penser qu’il s’agit là d’une réaction confessionnelle, religieuse, et qui ne reflète pas la diversité de la société française. Je pense que les gens qui ont manifesté reflètent la diversité de la société française, avec des accents plus importants chez les uns ou les autres. Mais il ne faut pas dire que ce sont des « cathos réac » qui sont les manifestants. Cela n’est pas vrai. C’est vraiment un reflet d’une société française qui a estimé qu’elle n’était pas entendue dans sa résistance et dans son opposition à ce projet de loi. Je pense qu’il faudrait lui donner au moins le signe qu’on ne méprise pas ce qui a été vécu et ce qui a été dit.
Maintenant qu’il y a eu deux manifestations importantes, très significatives, très fortes, je ne pense pas que la question à laquelle on est confronté, la question à laquelle les français sont confrontés -je ne parle pas des manifestants seulement-, c’est évidemment de prendre conscience à travers l’évolution du projet de loi du mariage entre personnes de même sexe, de la signification authentique du mariage dans leur propre existence. C’est-à-dire que le travail à faire maintenant, c’est de montrer la validité et la fécondité humaine du mariage hétérosexuel stable.

RND : en poursuivant la résistance ?

AVT : Ce n’est pas la résistance qui va faire progresser l’expérience du mariage hétérosexuel. La résistance, c’est un acte politique qui a eu sa signification et son expression. Maintenant, le travail qui est à faire, c’est comment mieux mettre en œuvre un mariage authentique.

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