« Découvrir la capacité des personnes de la rue à donner ! »

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Jean-Guilhem Xerri, président de l’association « Aux captifs la libération ».
Photo D.R.

P.N.-D. - L’ association « Aux captifs la libération » et ses partenaires organisent le 11e Festival de la rue [1] du vendredi 20 au dimanche 22 mai, sur le parvis de N.-D. de Paris. Quel est son objectif ?

Jean-Guilhem Xerri – Le Festival de la rue, qui a lieu chaque année à Paris depuis l’an 2000, permet de provoquer la rencontre entre les Parisiens et les personnes sans-abri. Durant tout le week-end, les personnes de la rue qui vivent d’un travail artistique exposeront leurs œuvres sur le parvis de Notre-Dame de Paris. Outre leurs expositions – peintures, sculptures, photographies, fresques peintes –, le Festival propose différentes animations artistiques, la projection de films, des tables rondes et des débats. Mais ce qui rend unique ce Festival, c’est qu’on y découvre la capacité des personnes de la rue à donner. Cet événement social et culturel les met en valeur par leur travail, dans un lieu qui favorise le dialogue. D’expérience, on constate que les passants sont happés. Et puis l’œuvre d’art est un bon médiateur. Le Festival permet donc aux citadins de changer leur regard sur l’exclusion et aux personnes de la rue de pouvoir partager une expérience de vie. C’est une façon de les faire participer à la vie sociale et citoyenne.

P.N.-D. - Y a-t-il un thème particulier à cet événement ?

Jean-Guilhem Xerri – Nous organisons plusieurs tables rondes sur le thème « Y a-t-il du sens à chercher du sens dans nos vies aujourd’hui ? » On sent un besoin urgent de se poser cette question et à la fois une grande difficulté à y répondre. Aujourd’hui, dans un monde de l’efficacité, les questions du sens de la vie et de la souffrance sont souvent privatisées ou éludées. Or, dans la rue, elles se posent plus que jamais. Car l’exclusion engendre une grande souffrance : les personnes de la rue connaissent des situations critiques et sont souvent ébranlées au plus profond de leur être. À nous de les accompagner dans ces passages de fragilité. Pour étayer notre regard et inviter au dialogue, une personne de la rue viendra témoigner lors de la deuxième table ronde. Tous ces échanges permettent de révéler que le travail social n’a pas pour seul objectif de répondre aux besoins matériels des personnes sans-abri.

P.N.-D. - Quel regard porter sur la personne exclue ?

Jean-Guilhem Xerri – Elle doit être considérée avant tout comme une personne. Les sans-abri sont certes en demande matérielle, mais ce sont aussi des personnes qui ont un grand besoin relationnel et spirituel, comme tout être humain… À nous de prendre en compte ces trois dimensions. Nos discussions régulières avec les personnes de la rue nous ont révélé que la plupart souffrent avant tout de ne pas être regardées et considérées comme des personnes. Les pauvres aussi ont une âme ! À nous, chrétiens, de prendre soin de ces âmes en souffrance. Si nous n’y prenons pas garde, alors qui ? • Propos recueillis par Laurence Faure

Voir aussi : Le soin dans tous ses états, de Jean-Guilhem Xerri, Éd. D.D.B.

[1Programme sur http://www.captifs.fr

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