Diacre, pourquoi pas lui ?

Faut-il demander à son prochain s’il a déjà songé à une vocation particulière ? C’est la question posée par le Service du diaconat permanent. La question de l’« appel » est particulièrement pertinente pour le diaconat qui est souvent encore trop peu connu.

Tous les prêtres de Paris ont reçu récemment, par l’intermédiaire de leur curé, un petit livret rouge. Il fut, de même, donné à tous les diacres du diocèse. Son contenu est un rappel de quelques fondamentaux sur le diaconat permanent et de quelques éléments pour aider à appeler. Objectif de l’opération : inciter les prêtres à « interpeller » les personnes de leur communauté qu’ils pressentiraient comme diacre permanent. « Cette interpellation peut venir d’un prêtre mais aussi d’un diacre, d’un religieux ou d’une religieuse, ou pourquoi pas de laïcs », explique le P. Laverton, délégué diocésain au diaconat permanent, à l’origine de la démarche. C’est pourquoi ce livret : « Comment s’engage une démarche vers l’ordination au diaconat permanent ? » est disponible pour tous, auprès du service du diaconat.

Une question à poser

Il ne s’agit pas de poser la question à n’importe qui, ni n’importe comment. « Cela doit être toujours fait dans le plus grand respect de la liberté de la personne », précise le Père. D’où l’intérêt d’un tel livret qui insiste en particulier sur ce que doit être une « interpellation », et suggère quelques questions types, précises et assez directes :« Avez-vous songé au diaconat ? Accepteriez- vous d’entrer, avec votre épouse, dans une démarche de discernement ? » « Imaginons un curé qui pressent qu’un de ses paroissiens peut être appelé, explique le Père. Il en parlera à d’autres prêtres, ou à quelques personnes de la paroisse afin de conforter ou non cette idée. Après ce prédiscernement, il faut choisir la personne la plus à même d’évoquer la question avec l’intéressé, un prêtre ami par exemple. Si, après un délai de réflexion, le paroissien - et sa femme, s’il est marié - accepte de poursuivre cette recherche, et après l’accord du Délégué diocésain, un parcours de discernement et de formation d’au moins trois ans sera proposé. »

Manque de diacres

Si une telle démarche a été entreprise, c’est qu’aujourd’hui, l’Eglise manque de diacres. Environ la moitié des paroisses de Paris a la grâce d’en avoir. Bien que les vocations au sacerdoce manquent aussi, la question est cependant différente. « Les jeunes catholiques sont nombreux à se poser la question du sacerdoce un jour, affirme le Père. Même si cette question ne les effleure que quelques instants, elle vient à l’esprit car ils rencontrent d’une manière ou d’une autre des prêtres. La vocation au diaconat est, quant à elle, encore largement méconnue ». Une des raisons en est que ces serviteurs du Christ, collaborateurs de l’évêque, qui existaient dans les premiers temps de l’Eglise, ont disparu vers le IXe ou le Xe siècle, où les prêtres concentraient l’essentiel du ministère. Il a fallu attendre Vatican II pour que soient restaurés de manière permanente les trois degrés du sacrement de l’Ordre. « Les évêques ont reçu le ministère de la communauté pour l’exercer avec l’aide des prêtres et des diacres. » (Lumen Gentium n° 20). Le diaconat, une vocation différente et à part entière : des hommes qui auront un ministère authentique en ayant une vie familiale, professionnelle et sociale.

Culture de l’appel

Ces vocations, le P. Laverton se dit persuadé de la nécessité de les susciter en développant une « culture de l’appel et de la formation dans l’Eglise ». Les récits des premiers temps de l’Eglise sont jalonnés d’appels de disciples, pour aider les Apôtres dans la mission. « Les évêques y réfléchissent actuellement aussi pour le sacerdoce. Il est essentiel que les prêtres, étant attentifs à l’œuvre de Dieu dans la vie des baptisés aident à répondre aux différentes vocations et en particulier au ministère. Certains prêtres auraient-ils répondu à l’appel si quelqu’un - souvent un autre prêtre - ne leur avait suggéré un jour d’y songer ? Dieu appelle des laïcs en responsabilité, des religieux et des religieuses, des diacres, des prêtres. Nous devons servir au mieux la générosité de Dieu pour les différentes vocations dans l’Eglise et ne pas la limiter par notre timidité ou notre respect humain. » N’hésitons pas à nous procurer ce livret et à être attentifs ! • Louise d’Orglandes

Article de Paris Notre-Dame – 27 avril 2006

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