« Donner à l’Église, c’est soutenir ce en quoi l’on croit ! »

PN.-D. - En ces temps de crise économique, peut-on craindre un impact sur les finances du diocèse de Paris et sur celles des paroisses ?

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Philippe de Cuverville, économe diocésain et directeur général des Affaires économiques du diocèse.
Photo : Anna Latron

Philippe de Cuverville – Il n’y a pas d’inquiétude à avoir quant à la trésorerie du diocèse. Gérée avec beaucoup de prudence par une remarquable équipe de bénévoles, elle n’est pas menacée par les montagnes russes boursières. Sur la question des recettes, il y a bien sûr des évolutions qu’il faut considérer avec sérieux : le vieillissement des donateurs du denier de l’Église, le creusement des écarts entre riches et pauvres qui risque de pénaliser particulièrement certaines paroisses ou encore la remise en cause des systèmes de déductions fiscales. Mais si nous sommes dans une situation qui n’est pas exempte de difficultés, il ne s’agit pas de la vivre comme une entrée dans des temps inquiétants. Nous sommes simplement face à des temps nouveaux. Et ceux-ci se traduisent par de réelles opportunités.

P.N.-D. -Pouvez-vous nous en dire plus ?

Philippe de Cuverville – Je crois qu’il ne faut pas rester prostré à se lamenter mais bien entrer dans une démarche de réflexion pour composer avec des réalités qui ne sont pas toujours négatives. Par exemple, le taux d’épargne des Français demeure en moyenne particulièrement élevé. Cela signifie qu’il existe de réelles possibilités de don. Par ailleurs, c’est, je crois, un bon moment pour repenser le sens que revêtent nos engagements et nos dons.

P.N.-D. - De quelle façon ?

Philippe de Cuverville – Tout le monde n’en a pas toujours pleinement conscience, mais l’Église a besoin de moyens matériels et donc d’argent pour fonctionner et être présente dans le monde. Nos jeunes générations l’ont elles réalisé lorsqu’elles en ont la possibilité ? C’est à chaque catholique de se demander ce qu’il fait pour soutenir l’Église. La remise en cause des déductions d’impôts, par exemple, est l’occasion de se rappeler la dimension gratuite du don, dont le but doit être avant tout d’apporter une contribution à ce en quoi l’on croit – pas seulement d’obtenir un reçu fiscal pour ceux qui payent de l’impôt. Si l’on pense que ce que proposent les paroisses, la Fondation Notre Dame, Aux captifs la libération, la FACEL, KTO, les Bernardins et tant d’autres composantes de notre Église sert à quelque chose, alors il faut donner. Concernant les paroisses, il y a une réflexion à pousser autour de la solidarité inter-paroissiale : comment peut-on ne pas aider plus des communautés moins aisées qui ne se trouvent qu’à quelques rues, à quelques arrondissements de la nôtre ? La crise ne touche pas tous les quartiers de la même façon, cela doit entrer en ligne de compte.

Notons par ailleurs qu’il y a différentes façons de contribuer au fonctionnement de l’Église. Chacun peut donner de l’argent, mais aussi de son temps, comme le font de nombreux bénévoles. Ces démarches sont complémentaires. Toutes ces réflexions s’inscrivent directement, je crois, dans celle à laquelle nous invite le cardinal André Vingt-Trois en cette année « Éthique et solidarité ». • Propos recueillis par Pierre-Louis Lensel

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