L’Église
Catholique
À Paris

« Donner mais aussi savoir recevoir »

Interview du P. Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, parue dans Paris Notre-Dame du 3 novembre 2010.

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P. Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient.
© Sophie Lebrun

Paris Notre-Dame : Après avoir participé, à Rome, au Synode pour le Moyen-Orient, quelles impressions en gardez-vous ?

P. Pascal Gollnisch : En quinze jours, nous n’avons bien sûr pas résolu les nombreux conflits de la région. Mais c’était un moment fort de communion. Nous avons permis aux chrétiens du Moyen-Orient de prendre conscience de leur force, qui n’est ni politique, ni militaire mais qui réside dans leur foi. Ils ont pu s’affirmer comme une part importante de l’Église catholique universelle.

P. N.-D. : Quel est le message envoyé à la diaspora des chrétiens d’Orient ?

P. G. : Le Synode a rappelé qu’il y a un droit d’émigrer, mais il le constate avec tristesse. Cette émigration est certes religieuse, mais aussi politique et économique. « Restez attachés à vos valeurs spirituelles, à vos traditions culturelles et à votre patrimoine national », disent dans leur conclusion les Pères synodaux. Il est demandé aux émigrés une fidélité envers leur identité, d’aider leur contrée d’origine mais aussi d’être des ponts entre les cultures, en se faisant connaître auprès des chrétiens latins. »

P. N.-D. : Comment les Parisiens peuvent ils les aider ?

P. G. : Il ne s’agit pas seulement de donner, mais aussi de savoir recevoir. Aller dans leurs églises, partager leur prière, bénéficier de leur richesse spirituelle est aussi important que de s’intéresser à leur histoire, connaître leurs difficultés présentes et comprendre leur situation. Le soutien passe par la reconnaissance. Ils font partie de la même Église universelle que les chrétiens latins, même si l’on a tendance à l’oublier.

P. N.-D. : En quoi l’Œuvre d’Orient facilite-t-elle les liens entre les chrétiens d’Orient et latins ?

P. G. : Nous avons un réseau de 100 000 donateurs qui appuient financièrement de nombreux projets importants, et en parallèle, nous voulons favoriser les rencontres directes. Nous incitons les paroisses à faire des pèlerinages, des jumelages avec des Églises des pays orientaux. Visiter l’Egypte ne s’arrête pas aux pharaons et aux pyramides. Un détour par une communauté copte catholique est un vrai signe de communion, un soutien sans prix à leurs yeux. Et pour les Français qui vont travailler dans ces régions, il est fondamental qu’ils aient aussi le souci d’une rencontre ecclésiale. • Propos recueillis par S.L.

Lire aussi l’article « Derrière la porte des églises d’Orient »

Synode sur le Moyen Orient 2010

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