Electre, 19 ans, visite des familles roms chaque semaine

Portrait d’une bénévole du Secours catholique

Petite étudiante brune et vive en troisième année de licence de philosophie à Paris IV, Electre a rejoint en septembre 2009 l’équipe des bénévoles du Secours catholique. Une façon pour elle d’incarner sa passion pour la philosophie morale et politique et d’entreprendre auprès des minorités le travail dont elle aimerait faire son métier.

Grecque orthodoxe d’origine, la jeune fille est surprise en arrivant à Paris, il y a trois ans. D’origine roumaine, les Roms qu’elle y rencontre sont très différents de ceux qu’elle a connus en Grèce. Poussée par le désir de les découvrir autrement que dans le rôle du mendiant, du vendeur de journaux au profit des sans logis ou du musicien du métro, Electre décide d’aller à leur rencontre.

Mission et découvertes

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Obligés de quitter Paris, faute de place, les Roms qui veulent vivre en famille s’installent dans des endroits de plus en plus marginaux et difficilement repérables. Photo DR.

C’est sans appréhension particulière qu’elle suit les bénévoles dans un premier squat qui abrite une famille rom. Le contact est facile. Les membres de la famille apprécient les bénévoles qui, avant d’aider, viennent sympathiser. Rapidement la jeune fille apprend à différencier les Roms auxquels le Secours catholique peut apporter son soutien pour la mise en place de projets à long terme – tels le logement et la scolarisation des enfants –, de ceux qui sont uniquement de passage. Ces derniers, souvent seuls ou en couple, ne sont en France que pour quelques semaines, trois mois tout au plus – le temps d’un permis de séjour – tandis que les premiers vivent en famille – souvent nombreuse et élargie aux oncles et aux grands-parents– et ont la volonté de s’installer. C’est, entre autres, dans le domaine de la préscolarisation qu’Electre apporte ses compétences… et son énergie. Il faut être en forme en effet pour tenter d’apprendre simultanément aux huit enfants d’une même famille – âgés de deux à douze ans – les rudiments du français, surtout quand ils n’ont pas eu l’occasion d’être initiés à l’alphabet en Roumanie. Mais le dynamisme ne semble pas manquer au tempérament de la jeune bénévole. Ni la diplomatie d’ailleurs. Electre n’a pas eu besoin de s’entendre dire combien il est important de s’intéresser à la culture des enfants pour que puisse avoir lieu un véritable échange. Une fois leur enseignante initiée aux grands titres de la variété musicale balkanique, les enfants ont d’eux-mêmes souhaité découvrir les tubes français ou occidentaux dans l’air du temps. Cette curiosité, tout comme leur générosité, ont marqué l’étudiante dès ses premières visites.

D’autres réalités, moins réjouissantes, marquent les virées des bénévoles

Alors que, dernièrement, Electre montre une banque à une petite fille rom pour lui apprendre le mot français, cette dernière s’exclame : « Ah oui, c’est là pour le “s’il vous plaît !” » La mendicité des enfants n’est jamais évoquée, mais fait partie du quotidien de certaines familles en grande précarité. Le calme exagéré des enfants, d’un naturel joyeux et plutôt agité, est également un signe de détresse qui ne trompe pas. Ce changement de comportement s’observe régulièrement à l’approche de la fin de la trêve hivernale, moment où la famille se trouve dans une situation d’expulsion imminente. Le travail du Secours catholique consiste alors à faire en sorte que ses protégés ne soient pas contraints de quitter le logis avant la fin de l’année scolaire. Il est essentiel que les enfants ne soient pas éloignés de leur école. Loin de la décourager, ces situations délicates confortent Electre dans sa mission auprès des Roms qui sont, depuis une trentaine d’années, environ 15 000 en France. • Ombeline Sapin

Plus d’information sur l’action du Secours catholique auprès des Roms au 01 42 00 31 34.
www.secours-catholique.org

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