En route vers Lourdes avec les personnes démunies

PN.-D. - Le pèlerinage « Chemins de Fraternité », qui se déroulera du 5 au 8 mai à Lourdes, est une première au niveau du diocèse. Quelles sont vos attentes ?

P. Emmanuel Coquet, chapelain de N.-D. du St-Sacrement (16e), responsable de la Commission liturgie pour le pèlerinage « Chemins de Fraternité », organisé par le Vicariat pour la Solidarité.
P. Emmanuel Coquet, chapelain de N.-D. du St-Sacrement (16e), responsable de la Commission liturgie pour le pèlerinage « Chemins de Fraternité », organisé par le Vicariat pour la Solidarité.
Photo : Ariane Rollier

P. Emmanuel Coquet – C’est une très belle occasion de rassembler en Église les personnes démunies ou fragiles pour qui ce pèlerinage est organisé, ainsi que celles qui les accompagnent au cours de l’année. J’en attends, pour nos hôtes, une découverte forte que Dieu n’est pas étranger à leur vie, qu’Il se préoccupe d’eux. Ce pèlerinage est le signe que les « petits » occupent une place essentielle dans le cœur de Dieu et dans le cœur de l’Église. Les associations caritatives satisfont, en premier lieu, les besoins matériels élémentaires de l’homme. Mais elles ont moins souvent l’occasion d’honorer son attente spirituelle. Lors de ce pèlerinage, ces personnes fragiles auront la possibilité d’ouvrir leur cœur sur ce qu’elles ont de plus élevé en elles : le désir de Dieu. Nous, accompagnateurs, serons aussi invités à cheminer à leurs côtés, dans l’humilité. Ces quelques jours susciteront enfin, je l’espère, de nouvelles initiatives dans le diocèse.

P. N.-D. - Quelle est la spécificité de l’accompagnement spirituel des personnes fragiles ?

Père E. C. – Il y a une exigence d’adaptation, tout en restant humbles. Prier avec elles, c’est mettre en valeur leurs propres talents qui leur permettent d’exprimer leur prière. Je me souviens notamment de poèmes extraordinaires écrits par une personne de la rue lors d’une prière commune. Nous devons aussi être attentifs à ce que la liturgie s’incarne. Nous aurons, par exemple, en fin de pèlerinage, une cérémonie du « Lavement des pieds ». Ce sera une façon de méditer ces paroles de la lettre de saint Jacques (2, 14-18) : « Montre- moi ta foi qui n’agit pas ; moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi. » Cette communion spirituelle est aussi une belle occasion de purifier notre propre prière en revenant à l’essentiel, car il n’y a pas d’artifice possible avec ces personnes.

P. N.-D. - Quelle est la grâce particulière de Lourdes ?

Père E. C. – Lourdes est ce lieu béni de la prière du pauvre : ce n’est pas d’abord le lieu de grands discours théologiques. C’est le lieu de la foi en actes, du service des malades. C’est aussi ce sanctuaire marial où les « pauvres » viennent rencontrer Marie dont ils sont très familiers. Car Marie, dans l’Évangile, est celle qui est déconcertée par la souffrance innocente. Elle la médite en son cœur, elle la porte.

P. N.-D. - En quoi l’Église nous pousse-telle à la charité ?

Père E. C. – L’Église nous appelle à mettre la personne fragile au premier rang. Accueillir le « petit » est le signe par excellence de sa crédibilité, car elle est d’abord sainte en vertu de l’Esprit Saint qui l’anime et qui se manifeste par une charité « agissante ». Non seulement l’Église nous invite à poser des actes de charité mais aussi et surtout, Elle s’en nourrit. « L’Église, experte en humanité » (Paul VI) ne doit pas rester qu’une affirmation. • Propos recueillis par Laurence Faure

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