L’impact du rythme scolaire sur la catéchèse

P. N.-D. – Quel changement va entraîner la réforme des rythmes scolaires ?

Pauline Dawance, responsable du Service de la catéchèse.
Pauline Dawance, responsable du Service de la catéchèse.
D.R.

Pauline Dawance – Applicable en 2013 - 2014, le décret du ministère de l’Éducation du 26 janvier prévoit une nouvelle organisation du temps scolaire. L’objectif est d’alléger les semaines des élèves qui sont plus longues et plus chargées en France que dans tous les pays de l’OCDE. Le 25 mars, le Conseil de Paris a voté l’application de la réforme à compter de la prochaine rentrée scolaire. Cela signifie qu’à partir de septembre, dans l’Enseignement public parisien, les enfants iront à l’école une demi-journée de plus, le mercredi matin, et qu’ils auront dans la semaine deux fois une heure trente d’activités pluridisciplinaires, le mardi et le vendredi à partir de 15h. Si la réforme ne concerne pas directement les établissements privés qui restent libres de leur organisation, elle les pousse à reconsidérer leur rythme en cohérence avec leur environnement.

P. N.-D. – Quel impact ce changement va-t-il avoir sur la catéchèse des enfants ?

P. D. – Jusqu’ici, la catéchèse avait lieu majoritairement le mercredi matin. La réforme qui, de façon regrettable, a été décidée sans consultation préalable des acteurs de la jeunesse du monde catholique, comporte un risque : celui de voir les effectifs d’enfants catéchisés diminuer. Pour autant, c’est aussi l’occasion pour nous de revoir notre mode de fonctionnement de façon renouvelée. Mgr Vingt-Trois a exprimé depuis longtemps la nécessité que la catéchèse soit un véritable temps d’expérience ecclésiale, et non un seul enseignement donné sur une courte durée. La réforme est donc, pour les acteurs de la catéchèse et les paroisses, l’occasion de se réinterroger sur leurs pratiques et de voir comment déployer une offre éducative plus complète pour les enfants.

P. N.-D. – Concrètement, qu’imaginez-vous comme possibilités ?

P. D. – Les paroisses, les centres d’accueil, de loisirs, les écoles catholiques, les mouvements et congrégations sont en réflexion depuis des semaines. Un certain nombre d’entre eux sont en relation avec l’école publique, le conseil du quartier et la mairie afin que la nouvelle organisation « ne porte pas atteinte à l’exercice de la liberté de l’éducation religieuse » [1], mais aussi parce que les lieux d’accueil municipaux existants sont déjà saturés. Le nouveau décret prévoyant que les activités périscolaires puissent être organisées dans le cadre d’un Projet Éducatif Territorial, les associations de jeunesse – notamment catholiques – ont leur rôle à jouer. Il s’agit de développer l’accueil des enfants autour de la catéchèse le mercredi, à partir du déjeuner, sur le mode du patronage – avec des activités catéchétiques, mais aussi ludiques, éducatives, artistiques et sportives –, comme il en existe déjà de nombreux à Paris (la FACEL en fédère plusieurs dizaines). Ce serait aux paroisses en lien avec les centres d’accueil d’organiser l’accompagnement des enfants de l’école au centre d’accueil catholique. Une idée complémentaire serait de proposer la catéchèse pendant les plages d’activités périscolaires, avec la nécessité de se coordonner en doyenné pour offrir différents créneaux aux parents.Dans tous les cas, c’est toute la communauté paroissiale qui est appelée à se mobiliser pour cet enjeu majeur que représente la transmission de la foi et l’éducation des jeunes générations. • Propos recueillis par Ariane Rollier

[1Comme le stipule l’article L.141-2 du Code de l’Éducation, reprenant les principes définis dans la Constitution.

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