L’unité : exigence de foi

Le P. Richard Escudier, curé de la paroisse St-Pierre du Gros-Caillou (7e) et vicaire épiscopal pour l'oecuménisme.
Le P. Richard Escudier, curé de la paroisse St-Pierre du Gros-Caillou (7e) et vicaire épiscopal pour l’oecuménisme.
© Agnès de Rivière

P. N.-D. - À l’heure où s’ouvre la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, quelles sont les dernières avancées en matière d’œcuménisme ?

P. Richard Escudier – La dernière grande étape date de 1999, avec la signature de la Déclaration sur la justification par les protestants et les catholiques, rejoints par les baptistes. Aujourd’hui, après plusieurs décennies de travaux, les grands sujets doctrinaux ont été clarifiés entre chrétiens. Désormais, nous savons bien ce qui fait notre unité, comme le Credo et le baptême par exemple, et ce qui nous sépare. Les avancées sont donc devenues moins spectaculaires et plus longues. Elles exigent un surcroît d’humilité et de foi. Ce qui est certain, c’est que le mouvement œcuménique a conduit les Églises à rompre avec la “logique de retour”, c’est-à-dire à vouloir absolument convertir l’autre. Les équipes œcuméniques reconnaissent aujourd’hui qu’il existe une vérité du Christ en l’autre. Elles prennent aussi conscience que cette unité, nous la vivons maintenant, même si elle est imparfaite, blessée. N’oublions pas que l’unité nous est donnée depuis le début : c’est le Christ ! Émerveillons-nous de ce qui est donné et du chemin déjà parcouru.

P.N.-D. - Quelles sont les prochaines étapes d’unité que nous pouvons souhaiter ?

P. R. E. – Aujourd’hui, l’œcuménisme peut davantage grandir sur le terrain, à travers les moments de prière et d’actions solidaires communs entre catholiques, que dans les « manœuvres » internationales. C’est pourquoi, l’avancée que nous pouvons prévoir, c’est celle de notre conversion personnelle. Il est temps que chacun accepte de se remettre en cause. Des méfiances et des préjugés existent encore et il faut s’en défaire en améliorant notre connaissance des autres. Chacun devrait savoir ce qu’il peut professer d’un même cœur avec son frère chrétien. Nous devons également prendre conscience que nos séparations sont véritablement un scandale en termes de témoignage. Nous pouvons avoir des cultures différentes, des traditions différentes, mais comment parvenir à ce que ces diversités ne soient plus séparatrices ?

P. N.-D. - Comment pouvons-nous, à notre niveau, faire avancer l’unité ?

P. R. E. – Il est bon de participer aux prières œcuméniques [1]. Dans la prière, nous voyons notre prochain en contact avec le Christ. Cela ne peut pas nous laisser indifférents. Nous nous rendons compte aussi que nous ne sommes pas « détenteurs » du Sauveur. Cela peut vraiment nous aider à reconnaître en l’autre, protestant ou orthodoxe, la part d’authenticité chrétienne qui l’habite. De plus, nous ne devons pas nous résigner au fait que nos frères chrétiens ne puissent pas communier à la même table eucharistique. Ayons à cœur de parvenir un jour à une harmonie sacramentelle plus visible ! En fait, si nous n’avons pas un profond désir d’unité, cela veut dire que nous ne croyons pas à ce que nous disons lorsque nous récitons le Credo. Notre foi nous commande de rechercher l’unité, alors profitons de cette Semaine « œcuménique » pour découvrir ce que les autres Églises nous apportent. • Propos recueillis par Agnès de Rivière

[1Retrouvez toutes les célébrations œcuméniques de la Semaine de l’unité sur www.paris.catholique.fr

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