L’urgence du logement étudiant

PN.-D. - Il est difficile de se loger à Paris, et principalement pour les jeunes étudiants. Comment les aider ?

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P. Benoist de Sinéty, vicaire épiscopal pour la pastorale de la Jeunesse et délégué diocésain à la Mission étudiante.
© D. R.

P. Benoist de Sinéty – A chaque rentrée, la même question se pose, mais avec une acuité toujours plus grande. Il y a plus de deux millions d’étudiants en Ile de- France, près de 650 000 à Paris, dont les deux tiers s’installent dans notre ville à l’occasion de leurs études. Ils y découvrent les joies d’une grande ville, mais aussi ses duretés. La méfiance, parfois légitime, des propriétaires s’accentue lorsque les familles ne peuvent pas payer des cautions ou assumer des conditions financières exigeantes : le loyer d’une chambre dans le centre de Paris tourne autour de 500 euros par mois. Ce que viennent chercher beaucoup d’étudiants dans nos paroisses ou aumôneries, c’est un peu d’humanité, d’attention, d’amitié. Il ne s’agit pas de résoudre tous leurs problèmes, mais de leur prêter attention. Aujourd’hui, il y a bel et bien un phénomène nouveau de pauvreté étudiante, qui augmente d’année en année. Même si, souvent, nous ne le remarquons pas.

P.N.-D. - Comment l’Église répond-elle à ce besoin grandissant ?

P. Benoist de Sinéty- De nombreux chrétiens s’engagent dans des associations aux initiatives variées, pour mettre en relation propriétaires et locataires : leur sérieux est une bonne garantie pour les uns et les autres. Beaucoup d’étudiants trouvent, par cette entremise, un logement chez l’habitant ou dans les fameuses “chambres de bonne”. En rassemblant tous les moyens mis en œuvre par l’Eglise pour répondre à ce besoin crucial à Paris, on est surpris de l’importance des énergies déployées et des résultats obtenus ! Dans la discrétion, des milliers de jeunes sont ainsi aidés et logés.

P.N.-D. - En quoi est-ce important de proposer des solutions de logement intégrant une dimension spirituelle ?

P. Benoist de Sinéty - A travers les foyers, des paroisses ou des communautés religieuses donnent accès à des centaines de jeunes à un mode de logement moins solitaire et plus fraternel. Cela peut être l’occasion de reprendre ou d’approfondir un chemin de foi à un âge où ils se perçoivent assez seuls à croire et à chercher à vivre en chrétiens. Il est important que nous puissions permettre à ceux qui sont responsables de ces foyers, de pouvoir partager leurs expériences et savoir-faire. Ce souci de pouvoir progresser dans une vie de prière et de foi pousse aussi un certain nombre de jeunes à s’installer en colocation afin de pouvoir se soutenir au quotidien. Cette demande est certes moins importante que celle du logement “simple” mais elle est grandissante et, pour beaucoup, elle est fructueuse à condition ne pas s’y terrer.
• Propos recueillis par Sophie Lebrun

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