« La foi de nos frères africains peut nous interpeller »

PN.-D. - Le 5 juin, votre diocèse de Créteil accueille le rassemblement annuel des Africains catholiques d’Île-de-France. Quel est le principe de cette rencontre ?

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Mgr Michel Santier, évêque de Créteil.
Photo : Yves Mernier

Mgr Michel Santier –Ce rassemblement, qui s’adresse à tous les Africains catholiques franciliens, se vit chaque année dans un diocèse différent d’Île-de- France. Une équipe de coordination est venue me rencontrer et m’a demandé si j’acceptais qu’il ait lieu ce 5 juin à la cathédrale de Créteil, ce que j’ai accepté bien volontiers. Il consistera essentiellement en une Eucharistie que j’aurai la joie de présider.

P.N.-D. – Pourquoi organiser un rassemblement comme celui-ci, spécialement destiné aux Africains catholiques ?

Mgr Michel Santier – Beaucoup de ces chrétiens africains habitant en Île-de-France vivent leur foi dans différentes paroisses et y prennent de plus en plus de responsabilités. Il est normal que nous les accueillions avec leurs propres cultures, leurs manières de prier, de célébrer, de chanter et de partager leur foi. En même temps, l’Église n’est pas un regroupement de nationalités. Elle est universelle. Le lieu où s’articulent le respect de la différence culturelle et religieuse et la catholicité de l’Église, c’est l’Église diocésaine. Ce rassemblement peut les aider à dépasser leurs différences nationales, culturelles, ethniques pour participer à une Église plus large, plus universelle. La présence de nos frères africains dans nos assemblées paroissiales n’est pas une difficulté mais, bien au contraire, un véritable enrichissement. Ils sont profondément religieux, ce qui peut interpeller dans une société laïque et sécularisée. Ils sont attachés à des dévotions populaires par lesquelles ils expriment leur foi dans leur culture. En même temps, ils n’ont aucun complexe à s’affirmer comme chrétiens. Leur foi, vécue dans la joie et le partage, peut réveiller celle des chrétiens pratiquants habituels de nos paroisses. Une foi qui ne s’exprime pas, qui est réduite à l’intime, ne grandit pas. Elle s’étiole et n’a aucun impact dans la société. Nos frères africains nous révèlent qu’elle doit s’incarner dans la vie quotidienne.

P.N.-D. –En quoi une telle rencontre s’inscrit- elle dans une dynamique d’Église ?

Mgr Michel Santier – L’originalité de ce rassemblement à la cathédrale signifie que nos amis africains ne se situent pas à part. Ils ont un sens de l’Église. Mais nous pouvons comprendre qu’ils aient aussi besoin de se retrouver entre eux par pays, nationalité, pour pouvoir s’exprimer dans leur culture. L’appartenance à l’Église universelle et l’appartenance à une communauté culturelle ne s’opposent pas mais sont complémentaires. De même, faire partie d’un mouvement, d’une association de fidèles, ne s’oppose pas à l’appartenance à une paroisse. Le partage et la prière en petits groupes sont nécessaires et, en parallèle, l’ouverture aux autres chrétiens, qui ont d’autres sensibilités spirituelles, d’autres appartenances culturelles, est aussi importante. L’Église, dès le jour de la Pentecôte, est une Église de toute langue, culture, nation. Dans ces rassemblements, où se vit la diversité culturelle, nous faisons l’expérience d’une communion profonde au Christ qui dépasse tous nos clivages. Nous serons toujours invités à élargir l’espace de notre tente (Isaïe 54, 2). • Propos recueillis par Pierre-Louis Lensel

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