La musique liturgique cinquante ans après Vatican II

P. N.-D. - Premier document promulgué par le concile Vatican II, la Constitution sur la sainte liturgie a réformé la musique liturgique. Quel en est l’axe principal ?

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Bernadette Mélois, déléguée à la musique liturgique du diocèse de Paris, enseignante à l’École Cathédrale, responsable des Samedis musicaux.
D.R.

Bernadette Mélois – La participation active des fidèles aux célébrations liturgiques est le principe directeur du texte conciliaire. Au niveau de la musique, elle s’est traduite par le passage aux langues vernaculaires, la restauration des acclamations liturgiques et l’importance donnée au chant de l’assemblée. La voix des baptisés comme voix du corps du Christ a ainsi retrouvé sa primauté. Mais pour que la musique sacrée remplisse sa fonction ministérielle, encore faut-il qu’elle soit « en connexion étroite avec l’action liturgique » (SC n° 112). Les fidèles doivent pouvoir participer par le chant, mais ils doivent surtout entrer dans la dynamique interne des rites de la messe : un chant d’entrée qui édifie l’assemblée en Corps du Christ, un kyrie qui acclame et supplie, un gloria qui porte la louange. La participation active est aussi bien dans une présence priante que dans un « chanter à tout prix ».

P.N.-D. - Où en est-on dans cet ajustement entre le chant et l’action liturgique ?

B. M. – Dans le diocèse de Paris, le souci de promouvoir la beauté du chant s’est progressivement imposé. On le voit dans la présence de chorales et d’animateurs avec une vraie conscience du service qui est le leur, un plus grand respect des rites chantés et du psaume qui a retrouvé sa fonction de proclamation lyrique de la Parole de Dieu. Mais il reste encore des points d’attention. Il convient d’abord d’améliorer le choix des chants liturgiques par une attention accrue aux textes, une expression juste de ce qui est dit (des chants en « nous » plutôt qu’en « je » pour manifester l’Église) et une bonne adéquation du texte avec le temps liturgique pour une meilleure compréhension du mystère célébré. En cette Année de la foi, il s’agit aussi de choisir des chants qui construisent et entretiennent la mémoire de la foi. Car les chants aident à mémoriser la Parole, pour peu qu’on ne les change pas constamment. En redécouvrant ce qui fait partie de la tradition chantante de l’Église et en stabilisant le répertoire d’une paroisse à l’autre, les fidèles pourront chanter de manière unanime.

P. N.-D. - Qu’offrez-vous pour accompagner les animateurs de chant ?

B. M. – La Commission liturgique propose une formation avec un accompagnement individuel et à long terme.Une formation technique mise au service de la liturgie est proposée à tous ceux qui souhaitent s’initier ou se perfectionner dans le service de l’animation du chant. À partir du 17 novembre, six Samedis musicaux permettront cette année d’améliorer les chants de l’ordinaire de la messe. Des enseignements de fond et des ateliers pratiques aideront à faire un tri dans le répertoire existant et à découvrir de nouveaux chants. Le 23 février, une rencontre rassemblera tous les animateurs liturgiques de Paris à raison d’un représentant par paroisse. Un événement inédit qui permettra d’échanger et de se former. • Propos recueillis par Alexia Vidot

Inscriptions aux Samedis musicaux : www.collegedesbernardins.fr ; tél. : 01 53 10 74 44.

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