La foi malgré tout !

Paris Notre-Dame : Face à la maladie, quelle force la foi donne-t-elle ?

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P. Gilles Annequin, vicaire épiscopal à la Pastorale de la santé.
© D. R.

P. Gilles Annequin : La maladie est une épreuve terrible qui peut toucher en profondeur notre équilibre. Elle pose des questions existentielles : Pourquoi ce mal ? Pourquoi moi ? Qu’ai-je donc fait ? Le récit évangélique accorde une large place à l’action de Jésus auprès des malades. Il n’est pas venu se mettre à notre place, mais en partageant la souffrance, il se fait notre compagnon de route. La foi nous permet de trouver force et espérance. La prière de nos frères nous rejoint, nous soutient et contribue à nous rendre plus combatifs. La Pastorale de la santé accompagne les malades, sans les démobiliser par rapport aux traitements proposés. La grâce du sacrement des malades s’inscrit dans le mouvement de libération apporté par le Christ. Lorsqu’on est malade, on est comme brisé et solitaire dans son humanité (au cri de l’homme, Dieu répond, cf. Ps 22). L’onction le revêt de la vie mémé du Christ, sans gommer pour autant la maladie, afin que par lui il soit relevé. Dans sa condition de malade, cette dimension ecclésiale devrait permettre au malade de se découvrir toujours plus fils et frère et membre à part entière de la communauté.

A qui un malade hospitalisé doit-il s’adresser ?

G.A. : Dans tous les cas, il existe autour des malades des personnes pour les aider à vivre ces temps difficiles ; le lien familial doit aussi prendre toute sa valeur quelle que soit l’histoire de chacun. Plus que jamais, les proches ont un rôle à assumer, surtout dans notre société qui prône l’individualisme à outrance. Nos équipes d’aumôneries sont là pour accompagner les malades et leurs familles. Les malades ou leurs proches ne doivent pas hésiter à se signaler à l’aumônerie lors de leur hospitalisation. Mais il faut aussi que les aumôneries sachent aller dans les services au-devant des malades. La foi nous convie à mettre de l’audace dans nos vies de chrétiens, une audace qui permet de porter un regard de compassion. Ce regard qui est celui du Christ, nous ouvre à la reconnaissance de la part du mystère présent en chacun et dans tout ce que nous vivons. Les membres des aumôneries animés d’une foi vivante, qui s’investissent au service des malades sont porteurs de la charité du Christ.

A-t-on suffisamment souci de l’autre, dans nos communautés paroissiales ?

G.A. : Peut-être un examen de conscience est à faire sur ce point, surtout en cette deuxième année de « Paroisses en mission » ! Pourquoi dans nos paroisses y a-t-il encore autant de malades inconnus, isolés, abandonnés ? D’une part, il est souvent difficile lorsqu’on est malade de faire appel aux autres, une certaine pudeur pousse à se faire trop discret. D’autre part, quel est véritablement le niveau de prise en compte des malades par chaque paroisse ? Un bon pasteur doit avoir le souci de tous les membres de sa communauté, pas seulement de ceux qui font partie du cercle habituel de ses paroissiens, mais aussi de ceux qui sont exclus par la vie et, en particulier, par la maladie. Il doit chercher à les rencontrer, à les connaître, et à inviter ses paroissiens à faire de même. Les malades ne sont pas des « cas », mais des êtres de chair et de sang, aimés de Dieu, qu’il importe de visiter et autour desquels la communauté doit s’unir. Il ne faut pas oublier non plus la force de la prière des malades pour le bien de l’Église. Le monde actuel a besoin de voir dans le chrétien une foi qui agit : « Montre-moi ta foi qui n’agit pas ; moi, c’est par mes actes que je te montrerai ma foi » (Jc 2,18). Dans notre ministère auprès des malades, nous découvrons que nous sommes là pour eux et non pas pour nous. Les malades nous réveillent et nous invitent à une vie baptismale plus authentique. • Propos recueillis par Ariane Rollier

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