Le carême, temps de réconciliation

P.N.-D. - Le carême est souvent considéré comme un temps privilégié pour recevoir le sacrement de la réconciliation. Pour quelles raisons ?

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Le P. Daniel Ponsard, curé de Ste-Marie-Madeleine.
Photo : Pierre-Louis Lensel

P. Daniel Ponsard – Tout le cycle liturgique est pédagogique. Il nous aide à entrer, à la suite du Christ, dans le grand mouvement du Salut. Ainsi, le carême est un temps de préparation à Pâques, fête de la réconciliation définitive des hommes avec Dieu et, par là même, sommet de l’année pour les chrétiens. Par sa résurrection, le Christ a vaincu le mal absolu – la mort – et fait de nous des sauvés. Pour préparer cette réconciliation totale, les quarante jours qui précèdent invitent à la pénitence, en écho à l’appel de Jean-Baptiste, prêchant sur les rives du Jourdain : « Convertissez-vous : le Règne des Cieux s’est approché ! » (Mt 3, 2). Cela signifie que nous devons préparer nos cœurs, ce qui passe par le sacrement de réconciliation, en lien avec l’eucharistie.

P.N.-D. - Où et comment se réconcilier dans le diocèse pendant le carême ?

P. Daniel Ponsard – Il n’y a aucune règle de temps, de lieu ou de personne. Ce qui compte avant tout, c’est de vouloir en vérité recevoir l’absolution par un sacrement. De fait, il s’agit d’abord de reconnaître ses péchés, c’est-à-dire que l’on a manqué à l’amour de Dieu en manquant à l’amour d’autrui.

Pour recevoir le sacrement de la réconciliation, les possibilités sont nombreuses dans le diocèse. Toutes les paroisses mettent en place des plages horaires spécialement dédiées à cela chaque semaine. Dans certains lieux, celles-ci sont particulièrement étendues : c’est le cas par exemple à St-Louis d’Antin (9e), au Sacré-Cœur de Montmartre (18e) ou à Notre-Dame (4e). De plus, pendant le carême, de nombreuses paroisses organisent des événements tels que des soirées de réconciliation ou des journées du pardon. À la Madeleine (8e), la paroisse dont je suis le curé, nous en proposerons une le 22 mars, de 10h à 20h, sans interruption.

P.N.-D. - Le temps de carême peut être l’occasion pour des personnes qui ne se sont pas confessées depuis longtemps de le faire. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui hésiterait à sauter le pas ?

P. Daniel Ponsard – La première chose que je lui dirais, c’est qu’on peut avoir peur de ses semblables mais pas de Quelqu’un qui nous aime quels que soient nos péchés. Dieu sait déjà et ne demande qu’à nous pardonner. Ce qui est important dans le sacrement de la réconciliation, au-delà de l’aveu de ses péchés, c’est la grâce que l’on reçoit pour progresser vers Dieu. On peut voir cela comme un escalier en colimaçon : il ne s’agit pas de s’enfermer, de confession en confession, dans un éternel recommencement, mais de repasser, certes au-dessus du même point, mais toujours un peu plus haut. Dieu nous élève ! L’important, c’est ce que ce sacrement construit, c’est sa dimension transformatrice. Saint Augustin a écrit : « À défaut de me trouver vainqueur, que le Seigneur me trouve combattant. » C’est, je crois, une idée essentielle pour aborder la réconciliation. Elle n’est pas un point d’arrivée mais un point de départ. • Propos recueillis par Pierre-Louis Lensel

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