Le diacre, figure du Christ serviteur

Pascal Blavot, 58 ans, diacre depuis sept ans, directeur d’une filiale du groupe Vinci, membre du Comité diocésain de formation des diacres.

P.N.-D. – Avec les ordinations du 10 octobre, le nombre de diacres franchit la barre des cent à Paris. Comment réagissez-vous ?

Pascal Blavot – Nous atteignons un chiffre un peu mythique en effet. Mais qui risque de plafonner, dans le sens où un certain nombre de diacres à Paris sont proches de la retraite, fixée à 75 ans. Pour moi, l’objectif est certes d’avoir une croissance numérique du diaconat, mais surtout de disposer de plusieurs diacres dans chaque paroisse. Ce qui n’est pas le cas actuellement, la plupart étant dans le centre et dans l’ouest de Paris. Par ailleurs, il faudrait être attentif à appeler de plus jeunes diacres, car pour l’instant, la plupart des candidats sont des préretraités ou en passe de l’être. Il faut reconnaître qu’on hésite souvent à appeler de jeunes diacres, pères de famille, pour leur éviter une charge trop lourde, mais c’est une erreur !

P. N.-D. – Comment discerne-t-on l’appel au diaconat ? Quel parcours proposez- vous ?

P. B. – Le cycle de formation au diaconat est en fait un parcours de discernement sur trois ans pour répondre à la question : « Suis-je prêt à servir l’Eglise comme diacre ? » La première année, les postulants se rencontrent une fois par semaine en présence d’un prêtre et de deux diacres accompagnateurs, avec leur épouse. Ils réfléchissent ensemble sur des textes de l’Evangile et du concile Vatican II ou à partir de témoignages. Au cours des années suivantes, les rendez-vous sont plus espacés : les postulants suivent des cours en parallèle et participent à une retraite d’une semaine. Ces derniers sont des chrétiens engagés, souvent appelés par le curé de leur paroisse, même si certains se présentent spontanément. Pendant les deux premières années, seules les personnes constituant le groupe de discernement sont au courant de leur démarche. Les postulants sont ainsi libres de prendre leur décision, de mûrir leur réflexion sans pression extérieure. Au terme de cette période, l’archevêque de Paris les choisit officiellement au nom de l’Eglise comme candidats au diaconat. Entre deux, un certain nombre d’entre eux quittent le parcours, réalisant que le diaconat n’est pas fait pour eux.

P. N.-D. – Comment définir le diaconat ?

P. B. – Le diacre n’est ni un superlaïc, ni un sous-prêtre. Si le prêtre est la figure du Christ pasteur, le diacre lui, symbolise celle du Christ serviteur. C’est un état d’esprit, une manière d’être en famille, en paroisse et dans ses relations professionnelles. Le ministère diaconal a sa propre raison d’être et il faut résister à la tentation d’utiliser les diacres pour suppléer les prêtres dans ce qu’ils n’ont plus le temps de faire : mariages, baptêmes, etc. Une fois ordonné, le diacre reste sur son lieu de vie et ne change pas d’activité. Il est une présence d’Eglise dans son milieu professionnel, avec ses amis et dans son quartier. Les diacres sont toujours rattachés à une paroisse où ils célèbrent habituellement. La plupart y ont une mission confiée par le curé et le vicaire général, mais beaucoup d’entre eux ont également des missions diocésaines transversales. •

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