Les chemins de l’engagement en paroisse

De l’animation liturgique à l’organisation
d’activités pastorales, les paroisses proposent de
nombreuses possibilités de s’engager. Un appel
à prendre des responsabilités qui s’adresse à
chacun, quel que soit son parcours. Rencontre
avec trois paroissiens qui ont fait le pas.

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Photo : Pierre-Louis Lensel
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Photo : Pierre-Louis Lensel
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Photo : Pierre-Louis Lensel

« Seriez-vous disponible
pour vous investir ? » Cette
question, toutes les personnes
engagées en paroisse
l’ont entendue un jour,
généralement à la sortie d’une
messe ou dans le cadre d’une activité.
Le début d’une aventure nouvelle,
souvent exigeante mais aussi
passionnante. Pour Gabrielle,
56ans, cela s’est passé il y a environ
vingt-cinq ans, lors d’une célébration
à St-Jacques-St-Christophe
(19e). A cette époque, la jeune
femme, native du Vietnam, venait
tout juste de redécouvrir sa foi
après avoir « mis Dieu à la porte »
pendant de nombreuses années.
« Je ne fréquentais pas la paroisse
depuis très longtemps quand un
prêtre a annoncé qu’il recherchait
un animateur de chant, se souvient-
elle. Cela m’a intéressée mais
je ne me sentais pas tout à fait
prête, je ne connaissais pas bien les
équipes pastorales. Plusieurs personnes m’ont encouragée et
le prêtre m’a dit de me lancer.
Alors je l’ai
fait, en partie par obéissance, et ça
s’est bien passé. »
Si Gabrielle a franchi le pas de
l’engagement, c’est en grande
partie grâce à sa rencontre avec
“Communion et Libération”, mouvement
dans lequel elle s’est tout
de suite sentie accueillie et aimée,
ce qui l’a beaucoup aidée à approfondir
sa foi et à donner à son tour.
Sollicitée à plusieurs reprises par
sa paroisse au fil des années, cette
femme énergique et réfléchie a
notamment animé le groupe de
catéchèse puis, aujourd’hui, l’équipe
d’aumônerie de sa seconde
fille. Un rôle dans lequel elle met
beaucoup d’elle-même.

« C’est une grande joie de témoigner
auprès des jeunes de ce qui me
rend heureuse, de cette rencontre
avec le Christ qui est le sens de ma
vie, souligne-t-elle. Mes engagements
sont aussi une façon d’être
disponible en Eglise pour la communauté
qui m’aide à rendre
vraie ma foi dans le quotidien. Ma
seule préoccupation est d’annoncer
ce qui a changé ma vie, là où
je suis. »

Donner du sens

Pour Gilles, 30 ans, aujourd’hui
membre du conseil pastoral de
St-Denys de la Chapelle (18e), tout
a commencé quand il a accepté
de s’occuper de l’animation musicale
d’un groupe de prière. Jusque-
là, il s’était toujours tenu plutôt
à l’écart de la vie des paroisses
qu’il avait fréquentées. « Depuis
mon enfance, passée en grande
partie au Congo, j’ai toujours été
pratiquant, mais longtemps ma
foi a été plus culturelle que profondément vécue,
explique le jeune
consultant. Il m’a
fallu poursuivre
un long cheminement
pour remettre
cela en cause
et faire le choix de
croire en conscience.
Ce n’est
qu’ensuite que ma
vie de chrétien
adulte a commencé
 : j’étais désireux
de m’investir. »
En plus de son
groupe de prière,
Gilles découvre
alors avec enthousiasme
le parcours
Alpha de sa paroisse.
« J’ai tout de suite été séduit
par cet outil d’évangélisation qui
réunit autour de repas conviviaux
des gens très différents. Chacun y
apporte ce qu’il est, souligne-t-il.
Assez naturellement, j’ai eu envie
d’aider à l’organisation. Et de
manière progressive, porté par
l’équipe, je suis devenu le responsable
du groupe. » Une prise de
responsabilité synonyme de fort
investissement personnel, que
Gilles ne regrette pas une seconde
 : « J’ai découvert qu’être
au service du Christ donnait du
sens à ma vie. Si je peux faire
quelque chose pour Lui, selon
mes moyens,
c’est une grande
joie. »

Dire “Oui”

Donner de soi même.
Un désir
simple qu’a
également
poursuivi Odile,
53ans,à Ste-
Rosalie (13e).
« Mon expérience
de femme, de laïque, puis
de mère, j’ai voulu la mettre au
service des autres », explique-telle.
Elle aussi s’est d’abord investie
dans le chant, après avoir été
sollicitée par un prêtre, il y a environ
trente ans. Dynamique et
très engagée sur le terrain social,
elle accepte ensuite de s’occuper
d’un groupe de catéchisme et de
l’Action catholique des enfants.

« Mais moi qui n’avais appris que
des bases de catéchisme dans
mon enfance à Bayeux, j’avais
parfois le sentiment, face à ces
engagements, qu’il me manquait
quelque chose. Un jour, on m’a
parlé de l’EFAMO*, une formation
accessible et conviviale en dix-huit
mois, proposée par la Mission
ouvrière de Paris.

Cela m’a beaucoup
plu : nous étions toute une
équipe, sans hiérarchie, tous inscrits
dans le même désir d’apprendre,
chacun à son rythme. »
Histoire de l’Eglise parisienne ou
lecture de la Bible, l’EFAMO [1] a
permis à Odile d’acquérir de nombreuses
connaissances. « Après,
c’est plus facile de dire “oui” quand
l’Eglise nous sollicite, souligne-telle.

C’est ainsi que j’accompagne
depuis peu une catéchumène.
S’engager comme ça, c’est bénéficier
d’un vrai échange, nous apprenons
l’une de l’autre. Si elle parvient au baptême,
ce sera pour moi
une grande grâce. » • Pierre-Louis Lensel

TROIS QUESTIONS AU… P. Stéphane Esclef, curé de N.-D. de Lourdes (20e).

« Oser proposer de s’investir »

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Photo : Sophie Lebrun

En quoi l’engagement en paroisse
est-il important individuellement et collectivement ?

S. E. – L’objectif est de permettre
au plus grand nombre de
trouver leur place dans la communauté.
La plupart des fidèles
participe à cette vie en venant le
dimanche à la messe. C’est une
première étape mais il faut aller
plus loin. Chacun doit se sentir
investi de la vie de sa communauté.
C’est d’ailleurs souvent ce
qui touche les personnes de
passage : être accueillies par un
plus grand nombre. Lorsqu’une
personne commence à prendre
sa part de responsabilité dans la
communauté, elle est invitée à
rendre compte de l’espérance qui
est en elle. C’est une expérience
de foi et de témoignage. Cette
démarche ecclésiale est aussi
l’occasion de se confronter à la
radicalité de l’Evangile, au
vivre-ensemble et à des chemins
de foi différents.

Une telle diversité est-elle
compatible au sein d’une
même communauté ?

S. E. – La paroisse dont j’ai la
charge est composée de différentes
cultures : africaine, antillaise,
sud-américaine…et des
habitants de Ménilmontant,
quartier populaire par excellence.
Lorsque j’ai pris ma charge de
curé, je me suis souvent demandé comment des gens si différents
pourraient vivre leur foi
ensemble. Avec le temps, je me
suis aperçu que cela n’était pas
un obstacle mais une richesse.
C’est une invitation au décentrement,
à la rencontre de la différence.
Il m’est alors paru important d’intégrer ces différences au
sein du conseil paroissial. Chacun
doit être représenté et avoir
part à la vie de la communauté.
Je suis le curé de tous, ce qui
m’oblige à être vigilant à l’unité
des fidèles. C’est une véritable
expérience évangélique, une
mini-Pentecôte.

Y a-t-il une spécificité de
l’engagement dans le monde
populaire ?

S. E. – Un des aspects particuliers
me paraît être celui de la
confiance : oser proposer à quelqu’un de simple un petit engagement
– la distribution de feuilles
à l’entrée de l’église par exemple–,
l’accompagner sur sa route,
m’émerveiller avec lui de ses progrès,
cela peut paraître anodin
mais c’est beaucoup. C’est une
marque de confiance que le Seigneur
lui fait à travers l’appel que
je lui lance. Il m’est déjà arrivé de
proposer à des personnes à qui
on n’avait jamais rien osé demander,
une formation biblique, théologique
au Collège des Bernardins.
Je n’ai jamais été déçu. Au
contraire, j’ai été surpris de voir
combien la personne pouvait
grandir et s’épanouir dans sa vie
chrétienne et paroissiale. • Propos recueillis par P.-L.L.

[1*Ecole de formation apostolique
en mission ouvrière.
Renseignement : moparis.canalblog.com

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