L’Église
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À Paris

Lettre aux jeunes

Extrait de la Lettre pastorale “La famille et la jeunesse : une espérance” du cardinal André Vingt-Trois, septembre 2010.

Je voudrais ici m’adresser plus directement aux enfants et aux jeunes. Vous grandissez au sein d’une famille, celle constituée par les parents qui vous ont donné la vie ou qui vous ont accueillis et des frères et sœurs qui vous précèdent ou vous suivent. Vous dessinez progressivement ce que sera votre vie. Que l’Évangile du Christ guide vos choix et vos actes ! A mesure que vous grandissez, vous découvrez ce que vous avez d’unique, ce qui vous fait différents et de vos frères et sœurs et de vos parents, et cette originalité ressortira d’autant mieux que vous serez davantage unis.

Vos parents accompagnent cette croissance. Ils vous donnent beaucoup pour qu’elle puisse se faire au mieux, beaucoup de ce qu’ils ont et surtout beaucoup de ce qu’ils sont. En vous donnant la vie, ils vous ont donné beaucoup plus d’eux-mêmes que vous ne pouvez le mesurer et ils continuent à le faire sur le chemin, pas toujours simple, de votre éducation. Tout cela, Dieu vous demande de le reconnaître en rendant à vos parents l’honneur que vous leur devez. Le commandement de Dieu : « Honore ton père et ta mère » et la promesse qui l’accompagne : « afin que se prolonge tes jours sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu » (Ex 20, 12) s’adresse à tous les hommes, parce que tout homme a des parents.

Faites confiance à vos parents et méritez leur confiance à votre tour en vous gardant du mensonge et de la dissimulation, en prenant au sérieux les conseils qu’ils vous donnent. Par votre affection, par votre découverte de la vie et du monde, vous êtes pour vos parents un rayon de soleil. Au milieu de leurs responsabilités et de leurs charges professionnelles ou sociales, votre présence et ce qu’ils peuvent vivre avec vous les réconfortent, les renouvellent dans le goût de vivre, leur ouvre des projets nouveaux.

Si vous avez la chance de vivre dans une famille unie et paisible, sachez que c’est un don formidable. Efforcez-vous de contribuer vous aussi à l’unité et à la paix de votre famille. L’unité entre frères et sœurs est vrai trésor. Les liens de la chair et du sang, d’une éducation et d’une histoire communes, peuvent devenir peu à peu des liens de charité. Avec vos frères et vos sœurs, vous apprenez à partager, vous renoncez à être le centre du monde et vous découvrez qu’« il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». Si votre famille traverse des moments de tension, si vos parents se sont séparés, sachez que vous êtes pour eux un gage d’espérance : que vous soyez là est le signe qu’ils se sont aimés et cet amour, même s’ils n’ont pas su ou pas pu le développer vraiment au long des années, n’est pas vain puisqu’il a permis que vous soyez là. Un jour, dans la gloire de Dieu en tout cas, nous l’espérons, mais peut-être ici-bas aussi, ils se retrouveront, ils se pardonneront, ils pourront reconnaître leurs torts et se réjouir pleinement de l’amour qu’ils s’étaient donnés. Dans ce qui vous rend unique, dans ce que vous apportez au milieu des hommes, ils trouveront toujours un motif de joie et la promesse qu’ils valent mieux que les déchirements qu’ils ont pu connaître.

Quant à vous, les jeunes et les étudiants, vous vous préparez à fonder une famille. Notre monde, et en particulier toute l’industrie du divertissement, vous incite facilement à jouir de la vie, à vous amuser, à vous « éclater ». Il vous fait miroiter les plaisirs de la vie sexuelle et les saisons de la vie affective. Il vous attire par l’alcool, la drogue et la pornographie, vous donnant l’illusion de rendre votre vie excitante. Vous êtes dans des temps d’études et de formation ; ceux-ci sont souvent arides, c’est certain, même s’il est merveilleux d’apprendre, de découvrir ses capacités et d’acquérir des compétences qui vous permettront de tenir votre place en cette vie. Vous avez donc normalement besoin de détente. Mais la grande aventure de la vie humaine, la seule qui compte, c’est de devenir capable de se donner et de trouver celui ou celle à qui unir sa vie, à qui vous « attacher » et avec qui « devenir une seule chair » (Gn 2, 24). Pour vous préparer à cette aventure, apprenez à nouer des amitiés réelles, solides et sincères, tant masculines que féminines. Faites de grandes et belles choses entre amis. Ne vous contentez pas de fêtes sans lendemain. Donnez de votre temps ; partagez ce que vous avez ; mettez-vous au service de plus jeunes ou de plus pauvres ou de personnes âgées : les personnes qui ont besoin de votre force, de votre énergie, de votre enthousiasme, de votre capacité de créer, ne manquent pas.

Certains d’entre vous, sans doute, « tombent » facilement amoureux ; d’autres sont plus stables ou plus sages : ne vous enfermez pas dans vos émois amoureux, ne vous laissez pas prendre à l’illusion que toute attirance doit nécessairement déboucher sur une relation sexuelle, ne vous laissez pas imposer des flirts sans amour vrai pour faire comme tout le monde. Votre corps vous est donné pour être l’expression de votre cœur, et votre cœur n’est pas votre sentimentalité fluctuante, mais votre liberté profonde. Soyez fidèles dès aujourd’hui à celui ou à celle qui sera un jour votre époux, même si vous ne le connaissez pas encore. Que ces années de jeunesse soient un temps d’élargissement et de fortification de cette liberté. Un jour, vous ferez entrer votre futur conjoint dans votre famille. Vous donnerez ainsi à tous les vôtres la joie de voir que vous prenez la vie au sérieux et que vous croyez suffisamment en vous-mêmes et dans les autres pour engager votre vie sans réserve. Au milieu d’un monde agité et souvent dur, fonder une famille revient à proclamer que notre vie nous est donnée par amour et que notre plus grande tâche terrestre est d’apprendre à aimer en vérité, à travers nos forces et aussi nos faiblesses.

Il se peut que le conjoint espéré tarde à se présenter. C’est, je le sais, pour pas mal de jeunes gens et de jeunes filles aujourd’hui, une souffrance et une angoisse. Ces années d’attente ne sont pourtant pas des années vides : au-delà de votre engagement dans la vie professionnelle et ce qui peut parfois s’y réaliser de grand et de beau, vous avez une énergie et une créativité dont des milliers de causes diverses au service de l’humanité ont besoin et votre apport y est indispensable.

- Lire la lettre pastorale du cardinal André Vingt-Trois “La famille et la jeunesse : une espérance !”

Lettre pastorale "La famille et la jeunesse : une espérance !"

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