Lisieux, pèlerinage de l’enfance missionnaire

Rassemblement de l’Enfance missionnaire à Lisieux (Printemps 2004)

Il y a deux heures et demie de route entre Paris et Lisieux ; c’est dire qu’il y a du temps pour expliquer aux jeunes le sens de leur pèlerinage, de détailler le programme de la journée, de rappeler les points de discipline à tenir pour ne pas se perdre et éviter de perturber l’organisation prévue pendant le pèlerinage. Les animateurs d’aumôneries sont les premiers à prendre la parole à bord de notre car qui, grâce à une circulation fluide, s’éloigne sans encombre du vacarme parisien.

Il est sept heures en ce frais matin du 5 juin 2004 lorsqu’un grand car quitte la grande place qui fait face à l’église Notre Dame de la gare dans le quatorzième arrondissement de Paris. A son bord une trentaine de pèlerins âgés entre onze et quatorze ans luttent encore héroïquement contre le sommeil qui ne les a pas encore tout à fait abandonnés. Mais ils sont visiblement heureux d’effectuer pour la première fois pour le plus grand nombre d’entre eux le pèlerinage de Lisieux.

Fatigue compréhensible donc sur ces visages innocents mais aussi détente de fin de semaine ce samedi entièrement consacré à la découverte de Ste Thérèse de Lisieux. Et si des doutes et des interrogations pointent, ils sont vite dissipés. C’est à cela que sert à bord du car la présence des animateurs d’aumôneries, de quelques religieuses et prêtres.

Les animateurs d’aumôneries
prennent la parole à bord.

Les animateurs d’aumôneries sont les premiers à prendre la parole à bord de notre car qui, grâce à une circulation fluide, s’éloigne sans encombre du vacarme parisien. Ils prennent le soin de présenter les jeunes pèlerins et la petite dizaine d’adultes qui leur tiennent compagnie. Discrète dans son petit coin soeur Jeanne Marguerite, Déléguée diocésaine à la coopération missionnaire n’échappe pas au rituel. Elle est tout de suite invitée à dire un mot sur l’enfance missionnaire.

Puis c’est au tour de Christophe Boyer, père blanc et ancien missionnaire au Soudan de présenter aux jeunes ce pays en proie à une atroce guerre civile notamment dans la région du Darfour. A l’aide de mots simples et d’une pédagogie bien adaptée à la circonstance, père Boyer évoque l’histoire millénaire du Soudan, décrit la situation multiraciale dans ce pays peuplé de noirs bantous et d’arabes, souligne la coexistence non conflictuelle entre musulmans et chrétiens. Il conclut son propos en testant les faibles connaissances des jeunes pèlerins sur le Soudan à partir des questions d’actualité contenues dans le petit livret du pèlerinage intitulé " Avec Jésus, avec Thérèse, semons le bonheur ".

Le projet soutenu par l’enfance missionnaire en 2004

Le Soudan n’est pas un sujet fortuit. C’est le projet soutenu par l’enfance missionnaire en 2004. Elle s’engage à nourrir 7000 enfants dans 73 jardins d’enfants gérés par l’église du Soudan dans la région de Kosti située entre Khartoum et El Oblal. Tous les indicateurs montrent que cette région est immensément riche. Paradoxalement, elle n’abrite que des populations pauvres, à la fois à cause des grandes compagnies qui y exploitent tout et de la guerre civile qui la ravage de manière impitoyable. Le projet des jardins d’enfants est d’autant plus vital que tous les jardins d’enfants gérés par le gouvernement sont islamiques puisque la seule religion enseignée est l’islam.

Après le propos très vivant du père Boyer, l’animation peut se donner libre court ; car il faut conjurer l’ennui de ce parcours plus ou moins long pour les jeunes et aider ceux qui ont encore le sommeil de la veille dans les paupières à se mettre d’attaque pour la journée. Des prières sont dites suivies de cantiques pourtant connues dans les paroisses parisiennes. Mais les pèlerins ne se montrent pas d’excellents connaisseurs de cantiques, pas plus que leurs cordes vocales ne semblent se prêter aux airs qui sont entonnés. A chaque fois les couplets chantés sans assurance sont interrompus. Ce qui suscite des éclats de rire et détend aussi l’atmosphère générale.

C’est dans ce mélange de ferveur encore tâtonnante, de désir d’évasion,de curiosité de découvrir qu’à 9 h 30 nous arrivons à Lisieux, accueillis par la brume printanière de la Normandie.

A la Basilique

Notre Beau car n’est plus qu’un parmi des dizaines d’autres stationnés sur le parking lesquels déversent leur flot de pèlerins. En tout 1183 jeunes pèlerins de sixième et de cinquième venus de neuf diocèses de la région parisienne dans un climat d’effervescence festive. 1183 jeunes pèlerins respectueux des consignes données par leurs animateurs et bien disciplinés pour se diriger vers la basilique pour la messe. Pas une messe comme les autres Des foulards multicolores flottent et rehaussent les couleurs des drapeaux du monde installés au pied de l’autel.

Les cantiques de Gilbert Gafah.

De même que sont repris dans une ferveur collective les cantiques de Gilbert Gafah. Depuis des années, ce monsieur originaire du Togo vient animer les pèlerinages de Lisieux non sans y laisser la marque de son apostolat par le chant. Deux moments inoubliables en tout cas au cours de cette célébration : la parabole du mendiant mimée par un groupe de pèlerins puis la quête au cours de laquelle les jeunes se sont donnés la peine de fouiller au fond de leur tirelire chacun au moins trois euros pour le projet Soudan.

Au total 3500 euros recueillis auprès des jeunes pour venir en aide à leurs petits camarades du Soudan. Ils viennent de comprendre que liberté ne rime pas avec ignorance et donc avec pauvreté. Ils viennent de comprendre qu’eux, enfants d’un pays riche, ne peuvent être libres que dans un environnement mondialisé où la lutte contre la pauvreté est un devoir de tous.

L’après-midi est consacré aux visites de plusieurs sites. Mais celui qui suscite le plus d’enthousiasme est assurément celui des Buisonnets. Thérèse y a vécu jusqu’à l’âge de quinze ans. C’est une belle maison bourgeoise du dix neuvième siècle où on peut encore visiter la chambre de Thérèse dans laquelle elle fut guérie par le sourire de la Vierge le 13 mai 1883 alors qu’elle était gravement malade.

Il y a aussi la cathédrale St Pierre qui conserve de nombreux souvenirs de Thérèse.
Et comment oublier le Carmel ? C’est là qu’à l’âge de quinze ans Thérèse entre " pour prier et sauver les âmes ". Elle y meurt de tuberculose le 30 septembre 1897.

Enfin, la Basilique, le lieu de pèlerinage par excellence. Les mosaïques et les vitraux y trônent au-dessus de nos têtes comme le témoignage d’un bonheur inaltérable. Ils s’ajoutent ainsi à une effervescence de couleurs où des petites lumières signalent le reliquaire offert par Pie XI qui contient un os de l’avant-bras de Thérèse. Lieu emblématique de la ferveur qu’inspire Thérèse, c’est là que les 1183 jeunes se retrouvent de nouveau pour la fin du pèlerinage.

Une chorégraphie d’un texte de l’évangile est exécutée par des jeunes habillés aux couleurs des cinq continents. Chants, prières, exhortation à l’amitié au pardon, les pèlerins accusent un peu de fatigue mais sur leur visage rayonne la joie de savoir qu’au cours des cinq pèlerinages de cette année plus de 13000 euros ont été recueillis pour les enfants du Soudan.

Compte-rendu rédigé par Grégoire NDAKI (juin 2004)

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