Madeleine-Sophie Barat, une sainte parisienne à redécouvrir

Depuis son installation à la paroisse St-François-Xavier (7e) l’an dernier, la châsse de sainte Madeleine-Sophie Barat fait l’objet d’une fervente dévotion de la part d’anciennes élèves des Soeurs du Sacré-Coeur venues du monde entier.

JPEG - 97.5 ko
Photo Guillaume Desanges

« Ce que je sais, témoigne Mgr Patrick Chauvet, curé de la paroisse St-François-Xavier des Missions Étrangères, c’est qu’elle n’est jamais seule, la petite sainte. » Autour de la châsse en or qui accueille le corps de sainte Madeleine-Sophie Barat, installée depuis un an dans la chapelle du Sacré-Cœur de l’église, « il y a continuellement des personnes qui viennent la prier ». A tel point que la paroisse envisage « de voir comment développer les pèlerinages, surtout vis-à-vis des plus jeunes car la sainte a beaucoup œuvré pour l’enseignement ».

Un écho international

Succès étonnant que celui de la fondatrice de la congrégation des Sœurs du Sacré-Cœur en 1800, demeurée peu connue du grand public avant son retour en grande pompe à Paris le 19 juin 2009. 2000 personnes venues du monde entier assistaient à une messe présidée par l’archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois. « Le transfert de Belgique à Paris de la châsse a eu un écho international qui a réveillé la ferveur pour cette humble sainte », reconnaît Sœur Françoise de Chezelle, religieuse du Sacré-Cœur. Pourquoi la paroisse St-François-Xavier a-t-elle été choisie pour accueillir celle qui au sortir de la Révolution contribua de manière décisive à l’éducation chrétienne des jeunes filles ainsi qu’à la dévotion du Sacré-Cœur de Jésus ? « Parce qu’il fallait un lieu accessible à tous », explique S. Françoise.

Retour à Paris

Et que St-François-Xavier se trouve en face du lycée Victor Duruy qui fut, jusqu’à leur expulsion en 1904 par la IIIe République, la maison mère des Sœurs du Sacré-Cœur. C’est d’ailleurs en ces murs que Madeleine-Sophie remit son dernier souffle, le jour de l’Ascension, le 25 mai 1865. La congrégation comprend alors 3 500 religieuses réparties en 99 communautés présentes sur les cinq continents. Ce qui explique qu’aujourd’hui, les pèlerins qui convergent vers St-François-Xavier soient aussi cosmopolites. « Au mois d’août viennent des anciennes élèves du Japon, en septembre, une chorale d’Australie. En avril, ce furent de jeunes étudiantes nord-américaines », énumère S. Françoise qui ajoute : « Elles viennent par reconnaissance pour l’éducation qu’elles ont reçue. » Plus près d’ici, les élèves du primaire de l’établissement de Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine) – le dernier d’Ile-de-France tenu par les Sœurs du Sacré-Cœur – ont cheminé à pied jusqu’à la châsse à l’occasion de la sainte Sophie, le 25 mai, via la coulée verte du sud parisien qui débouche sur la capitale par Malakoff.

La sérénité de son visage

Mais la vénération de sainte Madeleine-Sophie va au-delà de la seule communauté des élèves ou anciens élèves. La « Mère Barat » touche par sa vie exemplaire, son charisme, mais aussi la sérénité de son visage apaisé désormais visible de tous les Parisiens. C’est le cas d’Igina, artiste-peintre, rencontrée lors d’une halte à St-François-Xavier qui avoue son « admiration pour le courage et la fermeté de cette femme ». Elle ne la connaissait que très peu avant de découvrir, ici, la présence de son corps embaumé. Une belle relation s’est nouée entre elle et « la petite sainte ». « Dans une journée, une femme artiste, comme moi, est parfois confrontée à d’immenses problématiques, notamment sur la finitude du corps. Alors je viens la voir », partage-t-elle très simplement. Et lorsqu’elle passe les imposantes portes de l’église en compagnie de ses deux enfants, elle sait pourquoi elle vient : pour voir une amie, et peut-être même une sœur. • Guillaume Desanges

Pour aller plus loin

Les religieuses du Sacré-Cœur de Jésus ont publié un petit guide [1], Sur les pas de Madeleine-Sophie Barat à Paris, afin de cheminer à travers les lieux de Paris qui ont marqué la vie de sainte Madeleine-Sophie : St-François-Xavier, l’Hôtel Biron, celui de Vassé, le lycée Victor Duruy, etc. Une belle manière de découvrir cette sainte peu connue.

[1A commander aux Religieuses du Sacré-Cœur,
26 av. de Lowendal, 75015 Paris. http://rscj.com

Articles

Horaire de messes
Faire un don
Trouver ma paroisse