L’Église
Catholique
À Paris

Malel, pour louer Dieu

Peintre et père de famille, Malel, 54 ans, a voué sa vie à transmettre la joie. Artiste engagé dans l’Église, puisant dans la contemplation, il a voulu faire de son art un moyen de dire quelque chose de la vie de Dieu.

« Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre »

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Photo : Adrien Bail

Au milieu d’une petite rue du 16e arrondissement, la maison de Malel, toute blanche sous un ciel de pluie. Comme sur une palette, chaque pièce éclate de couleurs. Malel se tient dans son salon du rez-de-chaussée, assis les mains sous les cuisses. De petits yeux ronds sous un front haut, marqué de deux traits espiègles juste au-dessus du nez. « Si je suis peintre, c’est pour la louange », dit-il. Chanter la diversité de l’œuvre du Créateur, écouter ce qu’elle nous dit de Lui. Malel scrute la tapisserie tendue sur le mur : deux amants serrés l’un contre l’autre, qui semblent contempler l’immensité de la création. Face au paysage qu’ils admirent, ils se trouvent en présence de Dieu.

« Ma carrière a commencé avec la rencontre de l’altérité », explique Malel. A vingt ans, travaillant le nu et le portrait auprès du peintre Mac Avoy, à Paris, il est touché par « la vie, la vulnérabilité » qui émanent des modèles qu’il étudie. Il y reconnaît le Dieu de sa foi, cette invisible présence qui l’anime depuis l’enfance. Naturellement, il s’écarte d’une certaine posture contemporaine de l’artiste, créateur solitaire et nombriliste. Au contraire, Malel veut se mettre au service de l’Église et travaille le plus souvent sur commande. [1] « Je trouve là ma joie », dit Malel. A l’image des amants de la tapisserie, l’artiste veut témoigner de la vie : parler « de la rivière qui coule, d’un baiser, du rire d’un enfant »… pour tisser un lien entre Dieu et les hommes.

Cette même vie a imprégné les murs de sa maison. Avec sa femme, Véronique, il a eu quatre filles : Maud, l’aînée, a 23 ans. Suivent Alice, Aimée et Douce, qui est en classe de sixième. Quatre enfants qu’il regarde comme un don. Le couloir, où dorment quelques vieilles peluches, et la cuisine donnant sur un jardin fleuri, semblent résonner de leurs mots, dont certains ont été griffonnés sur un carnet ou un post-it. « We love Pap’s », lit-on sur un dessin. Malel est penché sur une photo de famille : « On passe un temps fou à donner la vie.

Chaque jour, cela demande le meilleur de nous-même. Comment ressembler au Père “tout puissant d’amour” ? Faire vivre l’amour inconditionnel, celui qui ne dépend pas du mérite des enfants, celui que chacun reçoit pleinement »…

Père de ceux mis sur sa route

Au dernier étage de la maison, sous la verrière ivre de lumière, s’ouvre l’oratoire. Dans cette petite pièce bleue, le père de famille devient un peu le père de ceux que l’on a mis sur sa route : « À notre installation, il y a dix ans, nous avons senti que cette maison avait vocation à devenir aussi un lieu accueillant pour des personnes en difficulté. » Des gens de passage, guidés par des amis ou des prêtres. Ils sont hébergés ici pendant quelques nuits. Dans l’oratoire, tous ne viennent pas pour prier, « mais ils ressentent que ce lieu est habité et leur fait du bien », dit Malel. Que cherchent-ils ? Peut-être simplement un lieu de paix, de sécurité affective, un endroit où se reposer avant de repartir. Le dos appuyé contre le mur blanc, certains s’endorment parfois, éclairés par la bougie qui brûle jour et nuit. • Adrien Bail

[1Retrouver les œuvres de Malel et organiser une animation pastorale autour de la toile La Rencontre sur Malel.com

Article de Paris Notre-Dame – 18 octobre 2012

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