Musique sur le parvis

La musique tient une place de plus en plus importante dans nos vies. Aucun lieu, aucune génération qui ne développe sa musique, et, même à la campagne, la Fête de la Musique a détrôné depuis longtemps les feux de la Saint-Jean au premier prix de nos réjouissances communes.

Dans ce grand concert, plus ou moins symphonique, les églises tiennent une place essentielle. N’est-ce pas surtout à l’église que nous chantons ? Et chaque dimanche, tant d’organistes ne donnent-ils pas le meilleur d’eux-mêmes pour célébrer le culte avec des fidèles de tous milieux sociaux qui, du plus riche au plus pauvre sans distinction, sont gratifiés des plus belles pièces du répertoire ? Ouvertes à tous les cœurs, accueillantes à toutes les fatigues, à la quête du sens de la vie de chacun, les églises offrent une hospitalité généreuse à ces passants que nous sommes, s’il est vrai que nous ne sommes tous, sur cette terre, que « de passage », mais que ce passage est pascal.

Le parvis des églises, hérité des anciens atriums des maisons romaines, a vu s’élever pendant longtemps les baptistères, ces fontaines d’eau vive qui renvoient symboliquement au renouveau de la vie. Aujourd’hui encore on célèbre sur les parvis la veillée pascale, cette nuit où l’Église, avec le Christ, passe des ténèbres à la lumière, de la mort à la vie. Le chant des fidèles, dont les visages sont éclairés par le feu nouveau, retentit alors sur le parvis, se répercutant dans l’immense vaisseau de l’église. D’autres rites se déroulent au seuil, rites d’entrée et rites de sortie : c’est là que se constituent les cortèges des mariages, et que stationne un moment le corps des morts avant de gagner une dernière demeure. Les parvis sont ces espaces de transition par où les gens entrent et sortent, pour se rassembler puis se disperser, selon la grande respiration séculaire du rassemblement dominical. Ce sont aussi des espaces intermédiaires où se tiennent pour un temps ceux qui hésitent à entrer. Ce lieu du désir et du questionnement, lieu catéchuménal par excellence où retentit l’écho de la musique céleste, les anciens le nommaient « paradis », d’où nous avons tiré notre « parvis ».

La situation particulière du parvis fait de ce lieu un espace idéal pour donner à entendre à tout passant la beauté éminemment chantable de Dieu, et lancer une invitation à entrer plus avant dans le mystère de son amour.

La Fête de la Musique est une occasion de découvrir ou de redécouvrir la puissance invitatoriale de nos parvis, aventure que mène par exemple la paroisse Saint-Germain-des-Prés depuis quelques années. Beaucoup d’autres communautés chrétiennes à Paris et dans la France entière sortent ce jour-là sur les parvis de leurs églises pour donner aux amateurs de musique l’envie de s’arrêter et de rester. Gageons que cette année encore la musique rassemblera de très nombreux jeunes en quête de sens et de beauté, et que nos églises sauront aussi se mettre à l’écoute de la petite musique de nuit qui les habite et qui ne demande qu’à chanter au plus intime d’eux-mêmes.

Isabelle Renaud-Chamska


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