N.-D. de Chaldée, maison des chrétiens d’Irak

Tous les dimanches,
les chrétiens réfugiés d’Irak
se retrouvent à N.-D. de Chaldée,
paroisse du 18e arrondissement.
Un moment crucial qui leur permet
de se soutenir, de s’entraider
et de prier ensemble.

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Photo : Charlotte Reynaud

N.-D. de Chaldée, c’est
un immeuble niché
rue Pajol, dans le 18e
arrondissement, au
nord de Paris. Bâtie
sur quatre étages, elle accueille
une communauté composée
essentiellement de réfugiés turcs
et irakiens. Durant la semaine, les
paroissiens peuvent venir apprendre
le français ou se faire
aider pour les dossiers administratifs.

Un rendez-vous
pour garder espoir

Tous les dimanches à onze heures,
pour la messe, ces déracinés
d’Orient retrouvent ici leur rite et
leur langue. Sur le mur, des affiches
écrites en arabe rappellent
que ces chrétiens viennent de
loin. Au rez-de-chaussée, des tables
sont dressées pour le café qui
suit la messe, une coutume ici.
« Tous les dimanches, tout le
monde prend le café, explique
Liliane. Une fois par mois, la
paroisse se rassemble pour un
déjeuner ;chacun apporte un plat
irakien. On parle, on s’explique
des choses, c’est très important. »
Se retrouver est une nécessité
pour eux, expliquent Raymond et
son frère Ramsès, tous deux une
vingtaine d’années, et ayant quitté
Bagdad il y a cinq ans : « Tous
les samedis et les dimanches,
nous sommes là. Cela permet de
nous ressourcer, de reprendre
courage pour la semaine, de garder
espoir. »

Accueillir est le premier souci
pastoral de N.-D. de Chaldée :
« Il y a un grand accueil ici, explique
Soeur Anne-Michèle, venue
de la congrégation de N.-D. de
Sion pour aider Mgr Yousif, le
curé de la paroisse. Nous faisons
attention à ce qu’ils se sentent
chez eux, comme dans leur
propre maison. Il faut qu’ils
soient heureux de se retrouver
ici. » Cette religieuse arrivée en
1988 connaît bien cette communauté
 : « Ce
sont des familles
qui
faisaient
partie pour
la plupart
de la classe
élevée irakienne
 : des
professeurs,
d e s ingénieurs,
des
médecins…
Elles ont tout perdu, tout laissé
là-bas. Mais elles arrivent avec
un trésor, leur foi qui est exceptionnelle
 ».

Une foi inébranlable

En effet, ils sont plusieurs centaines
à assister à la messe dominicale,
l’église, au premier étage de
l’immeuble de la rue Pajol, est
comble. Beaucoup de jeunes et
de familles prient avec ferveur.
Les chants sont joyeux, les visages
souriants. Lors de l’homélie
cependant, l’émotion est sensible
lorsque Mgr Petrus Yousif évoque les persécutions et les
familles restées en Irak.
A la sortie de la messe, sur les marches
de l’escalier qui mène à
l’église,de jeunes adultes qui plaisantent ont pourtant
frôlé la mort.
Parmi eux, des blessés de l’attentat de Bagdad,
soignés en urgence
en France. Tous ici ont de la famille
en Irak. Ils ne savent pas
quand leurs proches vont venir,
ils attendent patiemment. Mais,
malgré ces épreuves, leur foi n’a
jamais été ébranlée. Edouard,
21 ans, qui a fui l’Irak à 19 ans et
n’a plus vu sa famille depuis deux
ans, témoigne : « Ici chacun a son
histoire personnelle qui lui donne
une grande force. On reste chrétien,
même si on risque notre vie.
Jésus-Christ, pour moi, c’est jusqu’à
la mort. »
Rue Pajol, tous ces jeunes ont un
chapelet autour du cou ou une
médaille représentant l’Irak avec
une croix. Ils confessent que leur
vie quotidienne est dure, mais se
réjouissent de pouvoir aller à la
messe sans crainte. Comme le
répète souvent Mgr Petrus Yousif :
« Rue Pajol on prie, on se rencontre,
on prend ensemble un gâteau
et du café, on adore le Seigneur
sans peur… et on garde l’espérance,
coûte que coûte ».
• Charlotte Reynaud

Infos pratiques :
Mission chaldéenne. Paroisse N.-D. de
Chaldée, 13-15 rue Pajol (18e)
Messe à 11h le dimanche.
Tél. : 01 42 09 55 07.
www.mission-chaldeenne.org

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