N.-D. de Chaldée, paroisse des réfugiés

PN.-D. - Comment s’est constituée la communauté chaldéenne en France ?

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Mgr Petrus Yousif, vicaire du patriarche chaldéen, curé de N.-D. de Chaldée à Paris (18e), recteur de la Mission chaldéenne en Ile-de-France.
Photo : Charlotte Reynaud

Mgr Petrus Yousif – C’est une communauté assez récente, peu nombreuse avant 1970, et qui s’est constituée au gré de trois vagues d’immigration. La première a eu lieu à la fin des années 1970, quand des Chaldéens de Turquie sont arrivés en France. Progressivement, pour éviter la dispersion de la communauté, tout le monde a fait en sorte de se loger dans les quartiers Nord-Est de Paris, à Clichy-sous- Bois (93) et à Sarcelles (95). Vers les années 80, de nombreux Chaldéens irakiens ont à leur tour rejoint la France. Puis, de nouveau en 2003, les chrétiens d’Irak ont fui leur pays car leur sécurité n’était plus assurée. Ces derniers mois, le flux d’immigration s’est intensifié à cause des attentats à Bagdad qui ont fait soixante morts l’automne dernier. Des familles sont arrivées en urgence avec des blessés. Mais malgré toutes ces épreuves, c’est une communauté vivante, unie dans la foi, la joie et l’amour fraternel et pleine d’espérance.

PN.-D. - Quel regard portez-vous sur l’émigration, à l’heure où plusieurs autorités ecclésiastiques ont appelé les chrétiens d’Orient à rester dans leur pays ?

Mgr Petrus Yousif – On ne peut pas prendre partie contre l’émigration quand on est menacé dans son pays. En Irak, la situation est tragique. Je peux même vous dire que je suis préoccupé par la situation des chrétiens restés en Irak. Depuis cinq mois, certaines familles parties en catastrophe attendent encore des membres de leur famille pour être enfin réunies. Je considère également qu’à partir du moment où quelqu’un est sur le sol français, nous devons nous en occuper, notamment spirituellement. C’est pourquoi, à N.-D. de Chaldée et grâce à l’association AEMO (Association Entraide aux Minorités d’Orient), les réfugiés sont accueillis. On les aide à remplir leur dossier de naturalisation, à apprendre le français et surtout, comme dans toute communauté, on se retrouve, on parle et on prie ensemble.

P.N.-D. - Comment le diocèse de Paris et ses fidèles peuvent-ils vous soutenir ?

Mgr Petrus Yousif – J’exhorte tous les lecteurs de Paris Notre-Dame à prier pour nous et avec nous. Mais je lance aussi un appel à nos frères parisiens pour nous aider à trouver des logements en Ile-de-France. Je suis très préoccupé par la dispersion de la communauté, envoyée parfois dans des foyers à l’autre bout de la France. C’est un déchirement pour eux de partir au loin : loin de leur pays déjà, et loin de leurs familles et amis en France. C’est aussi un problème spirituel : comment assurer une action pastorale quand la communauté est dispersée dans toute la France ? Je souhaite également remercier les Parisiens qui viennent prier avec nous, dans notre église, pour nous montrer leur soutien. Cela fait chaud au cœur, et c’est important pour nous, mais aussi pour la vie ecclésiale, de sentir que nous ne sommes pas isolés. • Propos recueillis par Charlotte Reynaud

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