Olivier Penin : l’orgue dans la peau

Organiste titulaire et talentueux de Ste-Clotilde (7e) depuis la rentrée 2012, Olivier Penin, 31 ans et passionné de musique, est amoureux de son instrument. À l’occasion de la prochaine Journée mondiale de l’orgue, Paris Notre-Dame a rencontré ce jeune converti au parcours original.

Olivier Penin aime la couleur, les timbres, et la puissance de l'orgue du XIXe siècle situé à l'étage de la basilique Ste-Clotilde (7e).
Olivier Penin aime la couleur, les timbres, et la puissance de l’orgue du XIXe siècle situé à l’étage de la basilique Ste-Clotilde (7e).
Photo : Sophie du Chayla

L’orgue, c’est un instrument qui le fascine depuis toujours. À l’âge de trois ans déjà, il vient s’asseoir pendant la messe dominicale à côté de l’organiste de sa paroisse, à Caen. Avisé, cet homme-là remarque la voix juste du petit bonhomme, « seul dans sa famille, à part un ancêtre joueur de scie musicale dans les foires, à être musicien ». L’Anglais obtient des parents d’inscrire l’enfant dans l’école qu’il a fondée, une sorte de manécanterie où les élèves apprennent solfège, chant et musique le matin, et suivent un programme scolaire plus classique l’après-midi. Vers l’âge de huit ans, des événements familiaux conduisent Olivier à Paris. Le petit garçon arrête temporairement la musique ; « à son agitation », ses parents remarquent que cela lui manque. C’est à Passy Buzenval, où il est scolarisé, qu’il va reprendre un peu plus tard : il chante dans le chœur du collège et pratique le piano. À quatorze ans, l’adolescent pensionnaire entend retentir l’orgue de son collège : « Il est fortement saisi dans la poitrine et se rappelle ses premières amours. » Son professeur de musique l’initie ; jusqu’ici, il n’y a pas eu d’accès direct, étant trop petit pour atteindre les pédales. S’ensuit un travail « de remise à niveau », mais cela ne suffit pas.

Providentiellement introduit par une de ses tantes auprès de l’organiste titulaire de St-Louis d’Antin (9e), il en devient le protégé. David Noël Hudson le sentant doué et motivé lui consacre des heures, lui apprenant le métier. « Il a passé un temps fou avec moi. Je lui dois vraiment tout », s’exclame, reconnaissant, celui qui est devenu à son tour organiste titulaire d’une paroisse parisienne. Entré au conservatoire lycéen, il en obtient le prix vers l’âge de 19 ans, devenant officiellement organiste. Étudiant, Olivier poursuit parallèlement son apprentissage musical en se formant sur le terrain. Il fait des remplacements l’été dans les paroisses, accompagne des ensembles vocaux... « Tétanisé au début », il fait rapidement ses preuves. C’est ainsi qu’il affine sa connaissance de l’impact du son de l’orgue sur l’auditoire. Après un remplacement estival à Ste-Clotilde, « qui se passe plutôt bien », on l’invite à se présenter car une place se libère. Il postule. Le titulaire – Jacques Taddei – lui demande d’accompagner les offices et de présenter un programme imposé une semaine avant. S’ensuit un long entretien avec le curé de l’époque, le P. Matthieu Rougé. C’est avec émotion qu’il apprend finalement qu’il est retenu comme adjoint. Son mentor de St-Louis d’Antin reconnaît que cet orgue de 1859 est « fait pour lui » : de fait, Olivier en apprécie « la couleur, les timbres, la puissance », en plus d’en admirer l’histoire. « De grands organistes comme César Franck et Maurice Duruflé ont composé leurs oeuvres sur cet instrument », explique-t-il non sans fierté.

Depuis, Olivier n’a pas quitté la basilique. Il en a même été promu organiste titulaire l’été dernier. Surtout, il ne souhaite pas la quitter.Car c’est là qu’il a renoué peu à peu avec la foi. Grâce aux curés de la basilique dont il admire l’exemplarité, mais aussi à la direction musicale d’un chœur de croyants Ad Deum : « Je leur ai donné la musique, ils m’ont donné leur foi. » « Certes, en comparaison des concerts et tournées, accompagner la messe n’est pas toujours gratifiant : il arrive que les fidèles couvrent de leurs voix une pièce travaillée durement », admet l’organiste. « Pour autant, je ne renoncerai jamais à cette partie de mon métier », souligne celui qui ne
voit « rien de plus noble ni de plus beau que d’accompagner la prière
des fidèles ». • Ariane Rollier

La Journée mondiale de l’orgue

Pour Olivier Penin, organiser cette Journée mondiale de l’orgue est une « idée géniale ». Pourquoi ? Parce que tout ce qui peut concourir à faire connaître cet instrument est « pertinent » à ses yeux. « Si l’instrument peut faire peur, en raison de sa puissance », il ne comprend pas qu’avec « une telle variété de timbres, de nuances, de couleurs, on puisse raisonnablement dire qu’on n’aime pas l’orgue. » Pour faire connaître cet instrument, l’Association orgue en France s’est associée avec l’association Notre-Dame de Paris 2013 pour une 2e édition du Jour de l’orgue les 4 et 5 mai, suivie du Jour mondial de l’orgue le 6 mai. Le principe ? Organiser des concerts, visites et conférences autour de l’orgue partout en France, et le 6 mai,
partout dans le monde.

Plus d’infos et programme sur www.notredamedeparis2013.com et www.orgue-en-france.com

Article de Paris Notre-Dame – 1er mai 2013

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