Pèlerins sur terre

P.N.-D. - La chapelle de la Médaille miraculeuse (7e), N.-D. des Victoires (2e), le Sacré-Cœur (18e), tous ces lieux de pèlerinage attirent les foules. Que vient-on chercher dans ces sanctuaires ?

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Mgr Renauld de Dinechin, évêque auxiliaire de Paris
Photo Sylvain Sismondi

Mgr Renauld de Dinechin - Quand on vient à la chapelle de la Médaille miraculeuse, on sait que la Vierge Marie s’y est rendue visible à Catherine Labouré. A N.-D. des Victoires, c’est le zèle d’un curé qui a été béni d’une manière spéciale par le Ciel. Ces lieux de pèlerinage se réfèrent à un événement fondateur. Celui-ci atteste la proximité de Dieu avec les hommes : ici, Il s’est rendu présent. Et cela a modifié la vie des gens. On sent qu’on touche l’action divine sur notre terre, comme une présence sensible. On s’en rapproche. Et à travers cet événement fondateur, on trouve un message. Ainsi, on ne vient pas chercher seulement une présence, mais aussi ce qui a été transmis, afin d’en vivre.

Que recherchent encore les fidèles en ces lieux de pèlerinage ? Une expérience de soulagement et de guérison, rendue possible dans le sacrement de la confession qui y est abondamment donné, par l’humble liturgie des jours ordinaires et le rayonnement des grandes célébrations.

P.N.-D. -Les personnes des milieux populaires et, notamment, les membres de communautés originaires d’autres parties du monde semblent particulièrement sensibles à ce type de dévotion. Pour quelles raisons selon vous ?

Mgr Renauld de Dinechin - Quand,dans sa vie, on a fait l’expérience d’un grand déracinement, comme c’est le cas des migrants, on aspire à un « chez-soi ». Or, les grands lieux de pèlerinage font sentir la dimension universelle de l’Église. Dans l’Église universelle, chacun a sa place. Chacun s’y trouve chez soi.

Et le paradoxe, c’est que l’immersion au sein d’une grande foule peut bien être simultanément l’expérience d’un recueillement très personnel. La simplicité et l’atmosphère de prière qui règnent, par exemple, dans la chapelle de la Médaille miraculeuse manifestent combien le croyant y a trouvé un « chez soi ».

P.N.-D. - En quoi les pèlerinages peuvent-ils contribuer à une démarche d’intégration dans l’Eglise ?

Mgr Renauld de Dinechin - Lorsqu’un groupe part en pèlerinage à Lourdes, Lisieux ou Rome, quelque chose le structure en communauté. C’est une évolution ; il passe du groupe anonyme à la communauté. Cette expérience est celle d’un peuple en marche. C’est biblique, fondateur. Notre vocation est d’être un peuple en marche ! « Nous, chrétiens, sommes spirituellement des sémites [1]. »

Ce sont les chrétiens haïtiens qui m’ont fait comprendre combien ils ressentaient ce besoin de « faire Église ». Cela permet d’être davantage reconnu avec son identité, tout en se sentant moins isolé au sein de l’Église universelle. L’un d’eux me confiait : « Petit à petit, on prend davantage confiance en soi, car on est reconnu dans sa culture et sa façon de penser ». Cette démarche participe aussi au travail d’intégration. • Propos recueillis par Pierre-Louis Lensel

[1Citation du pape Pie XI.

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