Pourquoi recevoir des indulgences ?

P.N.-D. - Qu’est-ce qu’une indulgence ?

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P. Francis de Chaignon, directeur au séminaire de Paris, professeur à la Faculté Notre-Dame et à l’École Cathédrale.
Photo : Laetitia Du Chayla

P. Francis de Chaignon – Pour comprendre ce que c’est, il faut se rappeler ce qu’est un péché : c’est un acte qui provoque une blessure ou une rupture dans notre relation d’amour à Dieu. Pour la restaurer, nous recevons le sacrement du pardon qui efface notre péché. La pénitence, qui nous est généralement donnée à la fin de la confession, vient prolonger notre démarche : c’est le signe de notre volonté de réordonner notre vie au Seigneur malgré nos failles. Pour autant, la conséquence de notre péché, elle, n’est pas effacée. Cela cause un désordre en nous, autour de nous, mais aussi, à une échelle plus large, dans l’Église et dans le monde. Or, à cause de cela, nous subissons ce qu’on appelle des peines temporelles – des résidus de notre péché. C’est là que la doctrine des indulgences intervient : c’est une remise partielle (indulgence partielle) ou totale (indulgence plénière) de ces peines. Nous pouvons la demander pour nous même ou pour une âme du purgatoire.

P.N.-D. - Les indulgences ont parfois une connotation de « calcul ». Comment les considérer autrement ?

P. F.d.-C – L’histoire des indulgences, en effet, en particulier celle du XVIe siècle, a été marquée par certains marchandages, condamnés en leur temps par Martin Luther mais aussi par le concile de Trente. Depuis, l’Église a fait du chemin et a remédié à toute idée de « calcul ». Nous devons avant tout les considérer comme un cadeau du Christ à son Église et nous abandonner à la puissance de sa grâce. Les conditions d’obtention de ces indulgences sont d’ailleurs relativement simples – confession, communion, prière aux intentions du pape… – et c’est voulu ! Car l’intérêt n’est pas tant ce que nous faisons avec notre pauvre foi, que ce que le Christ fait en nous et dans le monde, à travers notre démarche de pénitence. À Paris, en cette Année de la foi, on peut recevoir l’indulgence plénière, accordée par le pape à tous les baptisés, dans différents sanctuaires [1]. Il serait dommage de se priver de cette occasion de s’attacher toujours plus pleinement à Dieu.

P.N.-D. –Quelle spécificité apporte l’Année de la foi à cette démarche ?

P. F.d.-C – Cela n’apporte rien de plus sur le fond. C’est plutôt une bonne stimulation, car la pratique des indulgences s’inscrit dans la foi et dans l’obéissance au Christ. C’est un rappel que notre salut s’inscrit dans l’Église – le Christ a pris sur lui nos péchés – et dans la communion des saints – intercession commune de tous les baptisés, des saints et de l’Église entière, pour le salut du monde –. Nous ne vivons pas seuls notre foi : par notre démarche de pénitence pour recevoir l’indulgence, c’est l’interaction de la prière du Christ, des saints, des défunts et de tous les fidèles qui est en jeu. • Propos recueillis par Laurence Faure

[1Retrouvez les sanctuaires parisiens où il est possible de recevoir l’indulgence plénière pendant
l’Année de la foi sur www.paris.catholique.fr

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