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Trouver ma vocation

« J’entendis la voix du Seigneur qui disait : “Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ?” Et j’ai répondu : “Moi, je serai ton messager : envoie-moi. » (Isaïe 6, 8)

Ma vocation ?

Chercher et trouver

« Ma vocation, je l’ai enfin trouvée », s’écrie Thérèse de l’Enfant Jésus en juin 1895 à 22 ans. Elle ajoute : « Oui, j’ai trouvé ma place dans l’Église et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée. » Chercher et trouver sa vocation est sans doute la joie la plus profonde qui soit donnée à un homme ou une femme.

Que signifie le mot « vocation » ?

Le mot « vocation » vient du verbe latin vocare qui signifie « appeler ». Dans la vie courante, ce mot désigne une attirance, une disposition ou un goût particulier pour une profession, un métier. Pour la foi chrétienne, le mot a un sens plus fort. C’est répondre à quelqu’un qui appelle. Plus précisément encore, c’est répondre à Dieu qui appelle quelqu’un à son service. Au cœur de toute vocation, il y a un acte de foi : Dieu ne cesse d’appeler ; c’est son secret ; sa générosité est sans limite. Cet appel retentit par le Christ, Fils du Père, qui appelle des disciples à le suivre.

L’appel de Dieu et la réponse

Dieu appelle à Lui. Dans l’Ancien Testament, le prophète Jérémie rapporte comment il a été « séduit par Dieu » (Jérémie 20, 7) pour entrer dans son projet. Dans le Nouveau Testament, le Christ, Verbe fait chair, appelle. Il atteste en sa personne que Dieu appelle. Parce qu’Il est la Lumière du monde (Jean 8, 12), le Sauveur du monde (Jean 4, 42), Il appelle tous les hommes. Ceux qui ont foi en Lui, Il les appelle à Le suivre jusqu’à la croix. Parmi ses disciples, Il en appelle certains à se consacrer entièrement à Lui dans le célibat ; il appelle des hommes à être pasteurs de son peuple pour lui partager la Parole, lui offrir la source de la sainteté, les sacrements, pour le garder dans la communion de l’unité et de l’amour.

Questions à se poser pour discerner un appel et y répondre :

-  Qui suis-je ? : Quelle est ton histoire ? Tes dons ? Tes désirs ? Quels sont les engagements que tu as déjà pris et qui orientent ton avenir ? Est-ce que tu te connais ? Comment vois-tu ta place dans la société et dans l’Église ?

-  Qui sont Jésus Christ et l’Église pour moi ? : Quelle est ta relation au Christ ? Cette relation est-elle vivante ? Veux-tu vraiment te mettre à son service ? Entendre son appel ? Le Christ et l’Église, c’est un seul et unique Mystère. Aimes-tu l’Église ? Veux-tu la servir ?

-  Où en suis-je ? : Es-tu avancé dans la compréhension de ta propre vocation ? As-tu besoin d’aide ? Dois-tu décider maintenant ou faut-il encore attendre ?

Dispositions pour une réponse

Avec quelques grands témoins, voici quelques dispositions pour la réponse que tu dois donner au Christ :

-  Comprendre qu’une vocation est un don et un mystère : « La vocation est le mystère de l’élection divine : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jean 15, 16) » (Jean-Paul II, Ma vocation, don et mystère).

-  Accepter que la question soit posée : « Poser à quelqu’un la question de l’appel de Dieu, c’est lui rendre sa liberté véritable de choix, lui ouvrir la porte d’un dialogue avec Dieu, en sachant que l’Église, ensuite, aura son mot à dire pour authentifier cet appel. » (Jean-Marie Lustiger, Les prêtres que Dieu donne)

-  Vivre et être libre : à 18 ans, Chiara Luce, béatifiée en septembre 2010, est atteinte d’un cancer. Elle poursuit ses études par correspondance. Paralysée des deux jambes, elle écrit deux dissertations, l’une sur le temps et l’autre sur la liberté. Elle déclare :

« En y réfléchissant bien, nous nous apercevons que, souvent, l’homme ne vit pas sa vie, parce qu’il est plongé dans des temps qui n’existent pas : dans le souvenir ou le regret… En réalité […] le seul temps que l’homme possède, c’est l’instant présent, que l’on doit vivre intérieurement, en en profitant pleinement. En vivant ainsi, assurément, l’homme se sent libre car il ne croule plus sous l’angoisse de son passé et les préoccupations au sujet de son avenir. Certes, parvenir à atteindre cet objectif n’est vraiment pas facile et demande un effort constant… celui de donner un sens à chacun de nos actes, grands ou petits, qui soient toujours […] au service des autres. » (Chiara Luce Badano)

« La recherche de la liberté et la lutte pour la conquérir sont une constante dans l’histoire du chemin des hommes ; un chemin non encore achevé, un but qui reste à atteindre, même si beaucoup de barrières se sont déjà écroulées. » (Chiara Luce Badano)

-  Prier et méditer la Parole de Dieu : « Alors, j’ouvris les épîtres de Saint Paul afin de chercher quelques réponses. Les chapitres 12 et 13 de la 1ère Épître aux Corinthiens me tombèrent sous les yeux. J’y lus, dans le premier, que tous ne peuvent être apôtres, prophètes, docteurs, etc… que l’Église est composée de différents membres et que l’œil ne saurait être en même temps la main. La réponse était claire. » (Thérèse de l’Enfant Jésus, Manuscrits autobiographiques)

-  Approfondir son histoire : à 18 ans, en 1831, Frédéric Ozanam habite Paris. Il se demande comment garder la foi et ne pas se laisser saisir par ce qui est superficiel. Il a le même désir pour ceux qui l’entourent. À travers les « conférences St Vincent de Paul », il découvre sa vocation de laïc chrétien dans la ville. Il se rend compte qu’il peut œuvrer pour l’unité et être un témoin de la foi pour les plus pauvres et les non-croyants. Il déclare : « Apprenons à défendre nos convictions sans haïr nos adversaires, à aimer ceux qui pensent autrement que nous, [...] plaignons-nous moins de notre temps et plus de nous-mêmes. » (Lettres, 9 avril 1851) À 28 ans, il se marie. Il devient professeur à la Sorbonne. Il a été béatifié par Jean-Paul II en août 1997.

-  Accueillir la lumière dans la foi et se décider : l’été 1951, Jean-Marie Lustiger est séminariste. Il se rend en Terre Sainte. Ultime étape d’un pèlerinage, le Saint-Sépulcre. Il écrit : « Je suis entré dans cette basilique obscure, délabrée en cette année-là ... Il faut se courber pour franchir la porte étroite du Sépulcre. Je me suis retrouvé touchant la plaque de marbre qui recouvre la roche […] Alors, je me suis dit : « Aussi vrai que cette pierre est là, que tu la touches, qu’elle résiste à tes mains et à ton front, et s’impose à tes sens, il faut que tu te décides si, oui ou non, tu adhères pleinement au Christ ressuscité, à Dieu Sauveur, à l’appel de Dieu à son peuple pour le salut du monde. Ou bien tu t’en vas, il n’est que temps. » Et la lumière fut donnée à cet instant-là. » (Jean-Marie Lustiger, Le choix de Dieu)

Père Nicolas Delafon,
Délégué aux vocations pour le diocèse de Paris

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