« Une alternative au “chacun pour soi” »

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Martin Choutet, cofondateur de l’Association pour l’amitié (APA).
© D. R.

P. N.-D. – L’Association pour l’amitié (APA) a inauguré, fin janvier, quatre nouveaux appartements partagés. Quel en est le principe ?

Martin Choutet – L’APA propose à des personnes en réinsertion et à des « volontaires » (des jeunes professionnels, ou des personnes d’âge plus avancé) de vivre ensemble en colocation. L’objectif est d’entretenir une vie « semi collective » à laquelle tout le monde participe, chacun disposant d’une chambre individuelle et partageant les espaces collectifs. Cette initiative est née il y a sept ans, à N.-D. des Blancs-Manteaux (4e), grâce à l’accueil du curé, le P. Gery. L’intuition de départ était de construire une relation avec des personnes sans domicile fixe à Paris, en leur faisant une triple proposition : partager un logement, une vie fraternelle, et des temps spirituels pour ceux qui le souhaitent. Cette dernière dimension est essentielle, car nous voulons « puiser à la source » : les laudes sont chantées le matin et le Saint-Sacrement est présent dans tous les appartements.

P. N.-D. – Cinq ans après, est-il possible de tirer un premier bilan de cette initiative ?

M. C. – Il est un peu tôt pour le faire, nous sommes encore en phase de fondation et d’apprentissage... Bien sûr, nous voyons des fruits, à travers de belles rencontres, la joie partagée, ou encore les services rendus les uns aux autres… Nous nous réjouissons quand des personnes ne sont plus contraintes de dormir dehors ou peuvent sortir de la solitude… Mais tout n’est pas rose : c’est une vie, comme beaucoup d’autres, faite de joies et de difficultés, de tensions et de réconciliations… Au milieu des hauts et des bas, nous essayons de créer des relations fidèles. Aujourd’hui, à Paris, 11 appartements permettent de loger 85 colocataires. Parmi eux, 43 sont des personnes en situation sociale difficile ou anciennement sans-abri. C’est l’occasion de remercier tous ceux grâce à qui cette initiative a pu naître et grandir : les évêques de Paris qui ont toujours été d’un grand soutien, les congrégations religieuses qui ont accepté avec générosité de mettre des locaux à disposition, ou encore ceux qui nous ont aidé pour financer les travaux, comme la Fondation Notre Dame ou la Fondation Caritas. Grâce à l’ouverture de nouveaux lieux en 2012, nous pouvons accueillir de plus en plus, même si malheureusement nous ne pouvons pas répondre à toutes les nombreuses demandes.

P. N.-D. – Justement, quels sont vos besoins et vos espoirs pour la suite ?

M. C. – De manière concrète, grâce à l’aide de travailleurs sociaux, nous souhaitons renforcer notre soutien aux personnes en réinsertion qui habitent dans ces appartements, afin de les aider à accomplir leurs projets (emploi, recherche de logement autonome). Nous sommes également toujours à la recherche de locaux à Paris pour accueillir davantage, et les volontaires qui voudraient nous rejoindre sont les bienvenus. Au-delà de ces aspects, notre ambition est d’apprendre à être toujours plus souples pour mieux nous abandonner à l’écoute de l’Esprit Saint et aller là où Dieu nous appelle. Notre souhait est que chacun puise dans cette aventure l’inspiration et la force pour faire de sa vie une œuvre d’art. Que chacun sorte de cette expérience plus heureux, sans tomber dans l’agitation, ni dans une logique de chiffres, mais en vivant une forme d’engagement fraternel, chrétien. • Propos recueillis par Laurence Faure

Contact : 06 61 70 67 91

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