Une nouvelle présidente pour « Aux captifs la libération »

PN.-D. - Vous avez succédé, cet hiver, à Jean-Guilhem Xerri à la tête de l’association « Aux captifs la libération ». Quel a été votre parcours jusque- là ?

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Maryse Lépée, présidente d’« Aux captifs la libération »
Photo : Pierre-Louis Lensel

Maryse Lépée – Géographe de formation, je suis devenue directrice départementale des Affaires sanitaires et sociales en Seine-Saint- Denis dans les années 1990. C’était dans un contexte particulier, marqué par la mise en place du Revenu minimum d’insertion (RMI), et cela a été pour moi la première confrontation avec le monde politique. _ Dès cette première « mission », j’ai été profondément marquée par la situation des plus démunis, notamment en termes de santé. Au bout de cinq ans, je suis devenue directrice régionale des Affaires sanitaires et sociales en Picardie puis, après un court passage dans un cabinet ministériel, j’ai été nommée directrice adjointe de l’Agence régionale d’hospitalisation (ARH) d’Île-de- France. _ Au moment de ma retraite, en 2007, je venais tout juste d’être nommée présidente de l’association des Cités du Secours catholique. C’est à la fin de ce mandat que le P. Ribadeau Dumas, alors vicaire épiscopal pour la Solidarité du diocèse de Paris, m’a contactée pour me parler des « Captifs ».

P. N.-D. - Connaissiez-vous déjà les « Captifs » ?

Maryse Lépée – Il m’était arrivé de travailler avec les « Captifs », mais je ne les connaissais pas très bien. En rencontrant le P. Ribadeau Dumas et Jean- Guilhem Xerri, j’ai été interpellée par ce qu’ils me disaient au sujet de cette très belle association. En même temps, je craignais d’être déjà trop prise par mes autres engagements. C’est petit à petit que j’ai senti comme un appel qui me dépassait. J’ai donc finalement accepté d’en prendre la présidence. Ce qui m’a tout de suite frappée, c’est de voir à quel point cette association assez petite – elle compte environ 50 salariés et 180 bénévoles – a une compétence reconnue et une vraie originalité.

P. N.-D. - Quels sont les principaux défis que vous devrez relever dans vos nouvelles fonctions ?

Maryse Lépée – La première mission de l’association va être de mettre en œuvre le projet « Captifs 2015 » qui comprend sept orientations principales, soit notamment améliorer la qualité de la prise en charge des personnes en situation de prostitution, de celles atteintes de troubles psychiques vivant dans la rue, ainsi que des migrants ; rénover la gouvernance de l’association ou encore favoriser le déploiement des « Captifs » dans les paroisses.

Notre deuxième mission va être de nous adapter aux évolutions en perspective dans le monde associatif : la baisse des financements publics, la dynamique de la mutualisation, la coopération accrue entre associations, et le développement des appels à projet par les acteurs publics, qui ont tendance à créer une concurrence au sein du secteur associatif. _ Notre troisième mission, enfin, qui est aussi le fil rouge des deux premières, est de nous inscrire dans la droite ligne des orientations de notre fondateur, le P. Patrick Giros. Nous devons « porter » ses valeurs – la fidélité, la gratuité et l’inconditionnalité – et les missions qu’il a définies : aller vers, accompagner et révéler aux personnes de la rue qui le veulent l’amour de Dieu. • Propos recueillis par Pierre-Louis Lensel

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