A la croisée des chemins, parfois les rêves s’envolent

Malala Andrialavidrazana

Face à l’église Saint-Séverin, la Galerie Saint-Séverin présente « A la croisée des chemins, parfois les rêves s’envolent », une exposition de Malala Andrialavidrazana

Infos
9 décembre au 1er mars 2020

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La Galerie Saint-Séverin présente « A la croisée des chemins, parfois les rêves s’envolent », une exposition de Malala Andrialavidrazana. Odile Burluraux, commissaire.

Exposition visible jour et nuit du 10 décembre 2019 au 1er mars 2020
4 rue des Prêtres-Saint-Séverin, Paris 5e. M° Cluny-la-Sorbonne, Saint-Michel.
- Vernissage lundi 9 décembre 2019 de 18h30 à 21h

Direction : François Drouin - Programmation : Odile Burluraux - Coordination : Martine Sautory / Nathalie du Moulin de Labarthète
- Contact.

A la croisée des chemins, parfois les rêves s’envolent

…quelque part entre les cadences d’un horizon urbain, et un accent étranger qui murmure son destin incertain…

Le point de vue de la commissaire

Après avoir réalisé de nombreuses séries de photos sur plusieurs continents, Malala Andrialavidrazana, a entrepris, depuis 2015, la série Figures, des collages de grands formats. Ce sont des compositions élaborées à partir d’éléments picturaux qu’elle collecte et recadre : vieilles cartes du monde, billets de banque, timbres, drapeaux, pochettes d’album, archives visuelles. Ces photomontages constituent autant de récits de l’histoire du globe et de la circulation des hommes. L’artiste crée ainsi de nouvelles formes d’échanges tout en interrogeant les notions de territoire, d’exploration, de rencontre, d’exotisme, de nationalisme, de métissage culturel, mais aussi de survivances coloniales.

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Figures 1856, Leading races of man, tirage pigmentaire sur papier, 2016 © Malala Andrialavidrazana - Courtesy Dilecta

Pour la galerie Saint-Séverin, elle montre Figures 1856, Leading races of man. La carte du monde date du milieu du 19e siècle à une époque où la géographie véhiculait des stéréotypes racistes à l’égard de certains peuples. S’y juxtaposent au premier plan une histoire de l’évolution de l’humanité, un filet de pêche reliant des hommes en arrière-plan. On ne peut s’empêcher de penser à la raréfaction actuelle du poisson en mer, les chaloupes chargées d’hommes embarqués vers des horizons incertains le confirment. Les motifs du pourtour de l’œuvre proviennent de billets de banque du Nigeria alors que le visage de la femme est extrait d’un billet malgache.
En réorientant le sens initial de ces images à travers un processus de déconstruction et de construction, Malala Andrialavidrazana crée des tensions entre les éléments qui les composent. Malgré la dureté des sujets évoqués une impression sereine s’en dégage et nous invite à la réflexion, à voir le monde sous un jour nouveau.

« Je suis intéressée par le mélange des cultures dans le temps et les territoires à travers des réseaux complexes d’échanges humains et culturels. » Malala Andrialavidrazana

Entretien avec Martine Sautory


Malala Andrialavidrazana

Originaire de Madagascar, Malala Andrialavidrazana vit à Paris et nourrit sa pratique en se déplaçant d’un territoire à l’autre. Diplômée de l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-La Villette, ses photographies sondent les liens et contradictions qui se dessinent entre intimité et universalité, à travers les imaginaires sociaux, et à travers les représentations stéréotypées d’un monde de plus en plus globalisé. Au fil du temps, elle a inventé un langage dont l’approche est résolument tournée vers l’histoire, tout en témoignant d’un profond engagement vis-à-vis des enjeux contemporains. S’appuyant sur de nombreuses recherches in situ, bibliographiques et archivistiques, ses compositions visuelles ouvrent la voie à d’autres formes de récit et de narrations historiques. La dimension internationale et sans frontière de ses réflexions lui a permis de présenter régulièrement son travail au sein de nombreuses institutions en Afrique, en Asie, en Europe, et aux Etats-Unis. Parmi les lieux d’exposition les plus récents, on peut citer notamment :
Kunsthall Trondheim (Norvège, 2019) ; Cité de l’économie (France, 2019) ; Musée Mohammed VI (Maroc, 2019) ; Museo Civico Archeologico di Bologna (Italie, 2019) ; Les Abattoirs – FRAC Occitanie (France, 2019) ; La Monnaie de Paris (France, 2019) ; Ford Foundation (Etats-Unis, 2019) ; Aperture Foundation (Etats-Unis, 2019) ; Lagos Photo Festival (Nigéria, 2018) ; MoMA Warsaw (Pologne, 2018) ; Cité des Arts (La Réunion, 2018) ; 38th EVA International (Irlande, 2018) ; Para-Site (Hong-Kong, 2018) ; Dhaka Art Summit (Bangladesh, 2018) ; Fondation Clément (Martinique, 2018) ; Villa du Parc (France, 2018) ; Biennale de Karachi (Pakistan, 2017) ; 14e Biennale de Lyon (France, 2017) ; PAC Milano (Italie, 2017) ; Changjiang Museum of Contemporary Art (Chine, 2017) ; Kalmar Konstmuseum (Suède, 2017) ; Musée Théodore-Monod (Sénégal, 2017) ; Palais des Nations (Suisse, 2017).

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