Allocation du Métropolite Emmanuel de France, aux Vêpres orthodoxes à Notre-Dame

« Dans un monde en constant changement, les rendez-vous comme celui de ce soir prennent une signification encore plus grande. La célébration des vêpres orthodoxes en la cathédrale Notre-Dame de Paris, n’est pas qu’un signe de paix rendu au monde, mais elle manifeste aussi notre désir d’unité et de dialogue entre les Églises catholique et orthodoxe en France. Notre prière est célébrée avec la bénédiction de saint Denys l’Aréopagite, dont la mémoire est commune en Orient et en Occident. La décision prise par feu le cardinal Jean-Marie Lustiger d’inviter les orthodoxes à prier en cette majestueuse cathédrale n’est pas le fruit du hasard. »

Dimanche 7 octobre 2018

Eminences,
Excellences,
Chers frères et sœurs en Christ,

Dans un monde en constant changement, les rendez-vous comme celui de ce soir prennent une signification encore plus grande. La célébration des vêpres orthodoxes en la cathédrale Notre-Dame de Paris, n’est pas qu’un signe de paix rendu au monde, mais elle manifeste aussi notre désir d’unité et de dialogue entre les Églises catholique et orthodoxe en France. Notre prière est célébrée avec la bénédiction de saint Denys l’Aréopagite, dont la mémoire est commune en Orient et en Occident. La décision prise par feu le cardinal Jean-Marie Lustiger d’inviter les orthodoxes à prier en cette majestueuse cathédrale n’est pas le fruit du hasard.

- Saint Denys, disciple du saint apôtre Paul
- Saint Denys, évangélisateur d’Athènes
- Saint Denys, pont entre l’Orient et l’Occident
- Saint Denys, apôtre des Gaules

De la riche hagiographie de saint Denys l’Aréopagite, il convient de retenir sa formidable aptitude à dialoguer avec les personnes et les idées de son temps. Répondant aux sophistes, s’opposant aux astrologues, argumentant avec les philosophes, il continue avant tout l’œuvre de l’Apôtre des Nations. Saint Paul proclame que le « Dieu inconnu » des Athéniens était celui qu’il venait leur annoncer par une proposition ô combien inconcevable : « nous sommes de la race de Dieu » (Act.17, 29) ; et bien plus encore : « en offrant à tous une garantie en ressuscitant des morts les hommes » (Act.17, 34).

Aujourd’hui encore, comme à l’époque de saint Denys, annoncer la Résurrection en tant que l’élément central de la bonne nouvelle du Christianisme, demeure une « folie ». Sans la Résurrection, notre message est aussi vide que notre foi, ainsi que ne cesse de la proclamer saint Paul (I Cor. 15, 14). C’est pour cette même foi, que saint Denys a donné sa vie en faisant de son martyre le signe tangible de sa foi dans le Seigneur ressuscité.

Orient et Occident célèbrent saint Denys avec dévotion et révérence. Et nous, à sa suite, nous avons le devoir de trouver les paroles et les gestes, pour répondre à la même intuition que celle des contemporains de l’Aréopagite. Nous venons vous dire qui est ce Dieu inconnu, celui que vous cherchez sans savoir le nommer, celui que vous entendez du fond de votre cœur, sans le reconnaître. Nous vous l’annonçons sans triomphalisme, mais bien avec l’espérance qui est au cœur de notre foi, Jésus-Christ le Ressuscité. C’est par sa résurrection que nous pouvons déclarer que nous sommes de la race de Dieu. À la suite de saint Irénée de Lyon, Saint Athanase le Grand au IVe siècle viendra étayer la proposition : « Dieu s’est fait homme, pour que l’homme devienne Dieu ».
Les débats qui animent aujourd’hui notre société ont la capacité de transformer en profondeur les principes et les fondements de ce qu’est l’humanité. Questions éthiques, protection de l’environnement, accueil des migrants, justice sociale sont autant d’interrogations auxquelles le christianisme doit tenter de répondre. Ces débats nous mettent au défi de l’unité. Nos traditions théologiques se sont développées indépendamment l’une de l’autre, même si nous partageons les mêmes sources scripturaires. Mais pour que notre voix porte, nous devons porter un témoignage commun dans le respect de nos sensibilités spirituelles, avec la ferme conviction que notre vision de l’humanité n’est pas qu’une affaire de point de vue ou d’opinion. L’humanité ne peut se définir en dehors de l’incroyable promesse du Christ voulant la sauver. Le salut de l’humanité, d’une l’humanité déifiée, devient l’indispensable prisme par lequel l’engagement des chrétiennes et des chrétiens dans la vie de la Cité se réalise.

Chers frères et sœurs dans le Seigneur,

Comme nous venons de le dire, la célébration de vêpres orthodoxes en cette cathédrale, plus qu’une tradition, est devenue un rendez-vous attendu par tous les croyants. Je souhaite remercier son Excellence, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, qui continue à soutenir l’œuvre bienveillante de ses prédécesseurs, le cardinal Jean-Marie Lustiger et le cardinal André Vingt-Trois, en nous permettant de célébrer ensemble la mémoire de saint Denys. En mon nom personnel et au nom de tous les Orthodoxes de France, je vous exprime notre plus sincère gratitude pour ce geste de fraternité chrétienne qui participe à l’indispensable rapprochement de nos communautés et ultimement à la réalisation du commandement du Christ qui nous appelle toutes et tous à l’unité.
Au-delà de nos divisions, ainsi que nous le dit l’évangéliste Jean : « c’est par l’amour que vous aurez les uns pour les autres », l’événement de ce soir en constitue un symbole de première importance, « que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples » (Jn. 13, 25).

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