Analogies vivantes

Manoela Medeiros

Face à l’église Saint-Séverin, la Galerie Saint-Séverin présente du 21 juin au 29 septembre 2019 « Analogies vivantes », une exposition de Manoela Medeiros.

Infos
21 juin au 29 septembre

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La Galerie Saint-Séverin présente « Analogies vivantes », une exposition de Manoela Medeiros. Alicia Knock, commissaire.

Exposition visible jour et nuit du 21 juin au 29 septembre 2019
4 rue des Prêtres-Saint-Séverin, Paris 5e. M° Cluny-la-Sorbonne, Saint-Michel.
- Vernissage jeudi 20 juin 2019 de 19h à 21h

Direction : Olivier de Bodman - Programmation : Alicia Knock - Coordination : Martine Sautory / Nathalie du Moulin de Labarthète
- Contact.

Analogies vivantes

Le point de vue de la commissaire
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Analogies vivantes, excavation sur le mur, détail© Manoela Medeiros

Manoela Medeiros conçoit pour la vitrine un paysage mis en abymes : elle en excave patiemment les murs et les mémoires tout en apposant de nouvelles couches de couleurs. Passé et futur antérieur se mêlent tandis qu’un paysage apparait : lune-soleil-éclipse, ombres portées et reportées, jeux de formes et de langage se confondent en un hiatus éclaté. Dans ce geste de dissolution et de révélation, une nouvelle hiérarchie se forme : le cube de la vitrine, la ville et le jardin du cloître imaginé s’entrecroisent dans un jeu d’analogies formelles et d’associations libres. La lune d’une nuit anticipée s’imprime sur les pavés éclairés des ombres prélevées du jour... une fiction spatio temporelle s’écrit doucement : vision "avec un grain de sable" (Wislawa Szymborska) entre lumière, poussière, envol de la vision ou sa disparition.
La vitrine est traitée comme une fenêtre transitionnelle vers un monde d’équivalences abstraites qui prolongent et trompent l’oeil : ruines neuves où se révèle un motif archaïque ou la persistance inaperçue d’une forme à travers les couches de poussières devenues matière de regards. Espace de projection de soi comme de la ville, de la nature imaginée, espace trouble où le sol et la fenêtre se toisent dans une perspective continue et hétérogène : chambre claire de formes immémoriales et à peine nées, que nos regards soufflent et recomposent, selon le temps qu’il fait.

"Il dessinait partout des fenêtres.
Sur les murs trop hauts,
sur les murs trop bas,
sur les parois obtuses, dans les coins,
dans l’air et jusque sur les plafonds.
 
Il dessinait des fenêtres comme s’il dessinait des oiseaux.
Sur le sol, sur les nuits [...]
Il dessinait des fenêtres jusque sur les portes.
Mais jamais il ne dessina une porte.
Il ne voulait ni entrer ni sortir.
Il savait que cela ne se peut.
Il voulait seulement voir : voir.
Il dessinait des fenêtres.
Partout"
 
Roberto Juarroz – Douzième poésie verticale (Duodécima poesía vertical, 1991)

Manoela Medeiros vit et travaille entre Paris et sa ville natale, Rio de Janeiro. À la croisée de différents médias son travail utilise essentiellement la sculpture, la peinture, la performance et les installations qui articulent des relations ambiguës entre langage, nature et ruine.
Elle a étudié à l’École des Beaux-Arts et à EAV Parque Lage. Manoela participe activement à la vie artistique française et internationale. Parmi ses expositions solo, on relève : Poeira Varrida, Fortes d’Aloia & Gabriel (São Paulo, 2017) ; Ce qu’il y a derrière, Kunsthal (Gent, 2018). Parmi ses expositions collectives et prix : Espaces Témoins, Praz-Delavallade (Paris, 2018), Vivemos na melhor cidade da América do Sul, Fundação Iberê Camargo (Porto Alegre,2018).

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