Au creux des Alpes, le refuge, bien caché, des pécheurs

L’incendie de Notre-Dame a permis de mettre en lumière la ferveur existante pour la Vierge Marie. Pour découvrir différentes facettes de cette ferveur et la présence de Marie dans notre pays, "Paris Notre-Dame" vous propose de déambuler, à travers une série d’été, dans les sanctuaires mariaux français. Cette semaine, plongée au sein du sanctuaire Notre-Dame du Laus, niché au cœur des Alpes du Sud.

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Notre-Dame du Laus
© sanctuaire ND du Laus, Frantisek ZVARDON

Il faut le vouloir pour atteindre la basilique Notre-Dame du Laus. Savoir déjà qu’elle existe, la repérer, sur une carte IGN, au creux des Alpes du Sud à une vingtaine de kilomètres de la ville de Gap (Hautes-Alpes). Et puis prendre sa respiration, si on désire y accéder à pied, ou faire attention à son niveau d’essence, si on désire y accéder en voiture. Car il faut un peu de temps pour accéder à ce sanctuaire marial, surplombant, à 900 mètres d’altitude, la vallée de l’Avance. La route y menant est sinueuse. Elle demande de l’attention, du silence. Le village l’hébergeant, Saint-Étienne le Laus, est modeste, tout comme la basilique. Ici, pas d’idées de grandeur, pas de boutiques à foison, les pèlerins se comptent par centaines, parfois par milliers. Pas grave. Au contraire. C’est la vocation du lieu.
« Notre-Dame du Laus possède une dimension familiale », explique ainsi son recteur, le P. Ludovic Frère. Son charisme réside dans la discrétion. « Il s’agit d’être un refuge, à l’écart, dans la montagne, permettant de déposer les fardeaux que les personnes peuvent porter », ajoute le prêtre vicaire général du diocèse de Gap depuis 2013.

Un charisme présent dès l’origine du sanctuaire édifié entre 1666 et 1669 grâce à Benoîte Rencurel. Bergère depuis la mort de son père, cette jeune fille issue d’une famille modeste, ne sachant ni lire, ni écrire, reçoit, à partir de l’âge de 17 ans, des apparitions de la Vierge Marie. Celle-ci lui fait rapidement part de son projet au cœur de ce vallon : faire construire une église et une maison pour les prêtres afin qu’ils reçoivent et confessent les pèlerins. « J’ai demandé ce lieu à mon Fils pour la conversion des pécheurs et Il me l’a accordé », lui souffle ainsi la Vierge. L’église est bénie en 1669, jour où Benoîte devient membre du tiers-ordre de Saint-Dominique. Dès lors, les pèlerins affluent peu à peu au Laus. Benoîte, soutenue par la Vierge qui lui apparait pendant cinquante-quatre ans [1], remplit auprès d’eux son ministère d’accueil, de prière et de pénitence. Ayant reçu le don de pouvoir lire dans les consciences, elle les éclaire dans leur démarche de conversion.

Très vite, Notre-Dame du Laus devient « le refuge des pécheurs ». « Pour résumer son message, nous pourrions citer la deuxième lettre de saint Paul aux Corinthiens, remarque le P. Frère. “Laissez-vous réconcilier avec Dieu (2 Co 5, 20).” C’est le lieu pour laisser la grâce de Dieu agir, guérir. » Et la fameuse « huile du Laus » indiquée par la Vierge Marie comme étant une huile qui guérit, en est le témoin. « L’huile, dans les rouages, est quelque chose qui permet que tout roule, qui permet de détendre, de s’ouvrir à la présence de Dieu », remarque le recteur de la basilique. C’est cette huile, récupérée dans la lampe à huile indiquant la présence du Saint-Sacrement dans la basilique, que cette mère a appliquée sur le front de sa fille en train de vivre un accouchement difficile. « La fin de l’accouchement s’est très bien et vite passée », remarque Solène [2] racontant l’événement. Cette femme ayant vécu toute son enfance dans un village situé près du Laus avoue ne pas être « très mariale ». Mais elle ne peut nier le fait que l’une de ses connaissances est sortie de l’alcoolisme grâce à ce lieu. « Ici, les pèlerins qui viennent portent des choses très lourdes, remarque-t-elle. Et ils repartent en paix. Cela se sent. Le Laus est un lieu de paix et de réconfort. Un lieu de grâce discrète qui ne s’impose pas. » Le lieu où Marie accueille, loin de toute agitation citadine. En toute discrétion.

Isabelle Demangeat

[1Les apparitions ont été officiellement reconnues en 2008.

[2Le prénom a été modifié.

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