Aucun de ses os ne sera brisé

Myriam Mihindou

Face à l’église Saint-Séverin, la Galerie Saint-Séverin présente « Aucun de ses os ne sera brisé », une exposition de Myriam Mihindou.

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Infos
22 février au 26 avril

Sur une proposition d’Alicia Knock, l’œuvre conçue spécialement pour la Galerie est présentée du 22 février au 26 avril 2018. Une exposition visible jour et nuit, 4 rue des Prêtres-Saint-Séverin, Paris 5e. M° Cluny-la-Sorbonne, Saint-Michel.

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- Vernissage jeudi 22 février 2018 de 18h à 21h

Visuel : La Lopa - MYRTE - fil de soie - étymologie - chanvre - fleurs de coton - plume - Paris 2015-2016 - (en deux parties, tête de la louve et socle de coton - (la dernière louve).
© Myriam Mihindou, courtesy Myriam Mihindou, galerie Maïa Muller

Direction : Olivier de Bodman - Programmation : Alicia Knock - Presse : Martine Sautory
- Contact.

Aucun de ses os ne sera brisé [1]

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Fleurs de coton, sculptures, Paris, 2015/ 2016 © Myriam Mihindou - courtesy Myriam Mihindou, galerie Maïa Muller
Le point de vue de la commissaire

Myriam Mihindou est une artiste franco-gabonaise qui travaille le corps et la sculpture dans une chorégraphie réciproque, habitée par la mémoire comme par l’énergie organique et spirituelle des lieux et des matériaux, « fragiles incassables » : savon, coton, cire...

Elle produit pour la galerie Saint-Séverin une performance autour de la dernière Louve [2], figure matricielle dans son travail : La Lopa - Myrte - fil de soie - étymologies - chanvre - fleurs de coton - plume - Paris 2015-2016 - (en deux partie, tête de la louve et socle en coton - (la dernière louve).

Dernière de la série des neuf louves qu’elle a sculptées, elle apparaît comme un martyr à la tête tranchée mais semble aussi offerte à une possible résurrection. Cette louve, déposée dans la vitrine pensée comme un reliquaire, s’oppose aux autres Louves suspendues de l’artiste, hantées par la mémoire des « strange fruit » [3].

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Langue secouée, dessin expirer, Maroc 2017, ©Myriam Mihindou - courtesy Myriam
Mihindou, galerie Maïa Muller

La louve dernière, posée sur son socle de coton est une offrande, de blessure et de guérison, qui rend hommage à l’énergie féminine et à ses forces régénératrices, elles-mêmes au cœur de l’œuvre de l’artiste. Cette déposition est enveloppée par un ex-voto : psaume de douceur de langue secouée, en attente de surgissement -depuis le titre du projet- pour polir un temps de secousse.

La série des Langues secouées, elle aussi opératoire dans le travail de Myriam Mihindou, est une tentative d’appropriation corporelle de l’étymologie, qui intègre les généalogies croisées, conscientes et inconscientes, habitant notre rapport au mot, notamment quand il est traversé par le corps.
Derrière le verre de la vitrine, la tête de la louve conserve l’énergie de son squelette : « [elle] garde tous ses os, aucun d’eux n’est brisé » [4].


Myriam Mihindou

Myriam Mihindou, est née en 1964 à Libreville (Gabon). Artiste plasticienne diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux (DNSEP, félicitations du jury), elle a vécu sur l’Île de la Réunion, en Egypte et au Maroc. Elle travaille entre Paris et l’étranger.
Franco-gabonaise, elle fonde son expérimentation artistique sur la notion de limite. Nomade, elle s’approprie les espaces, les incarne, nous donnant à voir des états de passage, initiatiques, rapporte alors à la mémoire, à l’identité et au territoire.
Production « trans-émotionnelle » intégrant une dimension politique, le corps de l’œuvre entraîne par-delà les limites tangibles. (Texte de Youna Ouali)

Le point de vue de Voir & Dire...


[1Jean 19, 36

[2Le reliquaire, que j’associe à la figure de la Louve, est une figure esthétique importante dans l’imaginaire collectif du Gabon. Il était placé sur les ossements de nos ancêtres et représentait une lignée, un point de communication sacré entre les vivants et les morts. Dans ma construction sur le travail des louves, tout un processus se met en place... Je pars de mots choisis sur plusieurs jours, plusieurs semaines, ils m’amènent à d’autres mots, d’autres formules, puis des psaumes... et dans ce jeu des rapports je fais monter le caractère de mes louves, je dirai même l’identité de mes louves – ce geste de méditation, de prospection et de patience révèle ce que je nomme l’esthétique de l’œuvre. » Myriam Mihindou, février 2018

[3Southern trees bear strange fruit
Blood on the leaves and blood at the root
Black bodies swinging in the southern breeze
Strange fruit hanging from the poplar trees...
Billie Holiday

[4Psaume 34, 20

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