Aumônier du public : quels moyens pour agir ?

Paris Notre-Dame – Pourquoi le Vicariat enfance adolescence organise-t-il, vendredi 9 décembre, de 14h30 à 16h30, au 24 rue Saint-Roch, une formation « Laïcité : agir aujourd’hui. Pourquoi ? Comment ? » ?

Marie-Judith de la Boulaye, responsable des délégués du Vicariat enfance adolescence.Marie-Judith de la Boulaye – Le Vicariat enfance adolescence a mené, en 2015, une enquête auprès des aumôniers. Elle a mis en évidence une distension des relations entre les aumôniers et les chefs d’établissements publics au fur et à mesure des changements d’affectation. Dans de très nombreux lieux, les aumôniers ne rencontrent plus les chefs d’établissements qui, par peur de manquer à l’obligation de laïcité, vont, en réalité, à l’encontre de la loi. Nous avons pris conscience que nous laissons fi ler nos droits, ou plutôt, celui des parents à faire donner une éducation religieuse à leurs enfants. Sous l’impulsion du P. Arnaud Gautier, nous proposons donc une formation pour que l’Église soit plus présente dans les établissements scolaires. Après une présentation du contexte par Patrice de Plunkett, journaliste et bloggeur, Gérard-Nicolas Ay, délégué vicarial de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, et moi-même, en tant que responsable des délégués enfance adolescence, assurerons la formation.

P. N.-D. – En quoi consiste cette formation ?

M.-J. B. – Nous relirons ensemble la loi de 1905 et la circulaire du 22 avril 1988, qui détaillent le fonctionnement d’une aumônerie. À Paris, le rectorat reconnaît 135 aumôneries dans des établissements publics. Or, quand elle est agréée par le rectorat, la loi prévoit que l’aumônier rencontre chaque année le chef d’établissement. Ce dernier doit avertir les familles des nouveaux élèves de la présence d’une aumônerie, donner à l’aumônier le nom des familles intéressées, distribuer des informations aux élèves sur son fonctionnement. L’enjeu est donc d’aider les prêtres à mettre en pratique la loi : comment aller voir le chef d’établissement, lui demander de remplir ses obligations, etc. Pour les accompagner, nous distribuerons à chaque participant un livret que nous avons conçu à l’intention des chefs d’établissements qui ignorent souvent la loi.

P. N.-D. – Quel accueil reçoit votre proposition de formation ?

M.-J. B. – Un excellent accueil. Quarante prêtres se sont inscrits dans les deux jours. Toutes les équipes diocésaines d’Île-de- France assisteront à la rencontre avec Béatrice Lefèvre, responsable des AEP (Aumôneries de l’Enseignement public) à la Conférence des Évêques de France, ainsi que Mgr Éric de Moulins-Beaufort et Mgr Denis Jachiet. Nous espérons également la présence de 150 prêtres, et notamment des curés, à qui le cardinal a remis la responsabilité des aumôneries.

P. N.-D. – Croyez-vous qu’ils seront bien reçus par les établissements ?

M.-J. B. – Nous pensons être dans un moment particulier, où la puissance publique est intéressée à une forme de partenariat avec l’Église, et où, en tout cas, l’éducation des jeunes est un souci partagé. À nous de trouver un terrain d’entente et d’action commun avec les établissements. • Propos recueillis par Pauline Quillon

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