Carême 2018 - Jésus chasse les marchands du Temple

Le Service de la catéchèse propose des outils pour préparer une rencontre avec l’Evangile du 3ème dimanche de carême de l’année B : « Jésus chasse les marchands du Temple. » Jn 2, 13-22

Dans ce récit où nous voyons Jésus se mettre en colère en chassant les marchands du Temple. Cela nous conduit à réfléchir aux différents lieux où nous pouvons rencontrer Dieu, à notre manière de Lui présenter nos demandes et comment respecter les lieux de prière.
Pour des petits de l’éveil à la foi, des enfants du catéchisme, des familles, une assemblée paroissiale... nous vous proposons, à partir de l’Évangile de Jean, des pistes de réflexion, un déroulé de célébration avec des chants, des visuels pour raconter et vivre le récit, des ateliers, des prières… à télécharger.

Sommaire

Lecture de l’Evangile - Comprendre pour transmettre - Proposition de célébration - Outils pour les activités

Lecture de l’Evangile selon saint Jean 2, 13-22

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Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment.
Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.
Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Comprendre pour transmettre

Ce récit des marchands chassés du Temple par Jésus se situe au début de l’Evangile de Jean, après le signe du vin aux noces de Cana (Jn 2, 1-12) et avant l’entretien avec Nicodème.
On le trouve aussi chez Mathieu (Mt 21, 12-17), Marc (Mc 11, 15-17) et Luc (19, 45-46). C’est dire toute son importance.

L’épisode du Temple nous parle du lieu de la rencontre avec Dieu.
Voyons comment Jésus va faire évoluer le lieu de la rencontre.

Pour ce faire, nous vous proposons une lecture linéaire du texte.

« Comme la Pâque des juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem » Jn 2, 13

Jérusalem, dont le nom signifie « ville de la paix », a été choisie par David comme capitale de son royaume. Il souhaite y construire un Temple pour y abriter l’Arche d’Alliance.
Cette Arche d’Alliance est un coffre réalisé au temps de Moïse pour contenir les tables de la Loi. Pendant les 40 ans d’exode, Moïse dressait la tente de la rencontre où se trouvait l’Arche d’Alliance. C’est le fils de David, Salomon, qui fit construit un Temple au Seigneur pour y mettre l’Arche d’Alliance, signe de la présence de Dieu.
L’arche d’Alliance disparue lors de la prise de Jérusalem par Nabucodonosor en – 587 avant Jésus Christ.
Après l’exil à Babylone, le Temple reconstruit avait toujours comme fonction d’être le lieu de la rencontre entre Dieu et les hommes. On y faisait des offrandes et des sacrifices.
Aujourd’hui, la fête de la Pâque juive (ou Pessah c’est-à-dire) passage est le mémorial de la nuit où le Seigneur a libéré Israël de l’esclavage en Egypte en leur faisant passer la mer à pied sec (Ex 14). Elle dure une semaine. Les juifs, comme Jésus en son temps, viennent nombreux en pèlerinage au temple de Jérusalem à l’occasion de cette fête.

« Dans le Temple, il trouva les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. » Jn 2, 14

Le Temple de Salomon se divise en 4 parties. De l’extérieur vers l’intérieur, on trouve :
-  Le Parvis des Gentils, réservé aux païens considérés comme impurs. C’est là que se trouvent les vendeurs d’animaux et les changeurs,
-  Le Parvis des Juifs dont le parvis des femmes,
-  Le Parvis des Prêtres, où les Lévites étaient seuls admis,
-  Le Sanctuaire ou Saint des Saints était séparé du reste par un voile immense, et dans lequel le grand prêtre pouvait seul entrer une fois par an : c’est là qu’était déposée l’Arche d’Alliance.

Il y a bien longtemps qu’on trouve sur l’esplanade du Temple des marchands d’animaux.
Quand on vient de loin, on s’attend à trouver sur place des bêtes à acheter pour offrir en sacrifice. C’est ainsi que Marie et Joseph ont pu offrir deux petites colombes quand ils sont venus présenter Jésus au Temple
Quant aux changeurs de monnaie, on en a aussi besoin. On est sous l’occupation romaine et les pièces en vigueur à Jérusalem sont à l’effigie de l’empereur, ce qui n’est pas recevable pour l’offrande au Temple. En arrivant au Temple, il faut donc changer ces pièces contre de la monnaie juive.

« Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : ‘’Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce.’’ » Jn 2, 15-16

Si les marchands d’animaux pour les sacrifices et les changeurs sont nécessaires, pourquoi cette violence inattendue de Jésus ? Pourquoi ces paroles ?
Comme souvent, Jésus agit d’abord, ici en chassant les marchands et les changeurs ; puis il donne une explication : il s’adresse aux marchands avec cette injonction :
‘Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce.’
Cette phrase est reprise aussi par Matthieu, Marc et Luc.
Les juifs connaissent bien les Ecritures. Jésus fait référence à une citation de Jérémie : « Est-elle à vos yeux une caverne de bandits, cette maison sur laquelle mon nom est invoqué ? Pour moi, c’est ainsi que je la vois – oracle du Seigneur. » Jr 7, 11
Dans les trois évangiles synoptiques, Jésus cite explicitement l’Ecriture. Ici chez Marc : « L’écriture ne dit-elle pas : ‘Ma maison sera une maison de prière pour toutes les nations ? Or vous en avez fait une caverne de bandits’ » Mc 11, 17
La première partie de la phrase fait référence au prophète Isaïe : « Ma maison s’appellera ‘Maison de prière pour tous les peuples’. » Is 56, 7
Jésus ose parler du Temple de Jérusalem comme étant la maison de son Père et il laisse entendre qu’il est prophète. Cela n’est pas sans risque, nous le verrons plus loin.

Jésus, en parlant du Temple comme une maison de commerce et non une maison de prière, condamne le fait de s’approcher de Dieu par le commerce ou le marchandage et non par le cœur.
La prière n’est pas un marchandage avec Dieu. Ne sommes-nous pas parfois dans le
donnant donnant : plus je donne, plus il me donnera ! Pour obtenir quelque chose de Dieu, il faut le payer cher. La prière n’est pas un trafic…et moins encore un trafic d’indulgences.
Qui serait ce Dieu qui attendrait d’avoir sa ration d’encens et de sacrifices pour intervenir ?
Qui serait ce Dieu qui ne se laisserait toucher qu’au terme de supplications interminables et de mortifications sévères ?
Jésus ne veut pas qu’on défigure à ce point le visage de Dieu. Il veut que la maison de son Père s’ouvre à la prière confiante de ses fils : Ne priez pas comme les païens qui s’imaginent que c’est à force de paroles… Votre Père sait ce dont vous avez besoin. Mt 6, 7-8
Ce n’est pas l’homme qui agit sur Dieu, c’est Dieu qui souhaite agir sur le cœur de l’homme. Voici une comparaison : c’est le matin, il fait beau et vous ouvrez vos volets et le soleil entre chez vous. Ce n’est pas vous qui faites lever le soleil et qui permettez au soleil d’entrer chez vous, d’éclairer votre demeure et pourtant, il est là.
Quand vous priez, c’est pareil. Ce n’est pas vous qui rappelez à Dieu qu’il doit vous éclairer : il est là, toujours. C’est vous qui Lui permettez de vous éclairer.
Prier, c’est ouvrir tout grand les portes et fenêtres de notre cœur pour accueillir Sa lumière. La prière n’est pas un trafic avec Dieu, elle est un accueil de l’amour gratuit de Dieu.

« Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. »

Jn 2, 17
Les disciples reconnaissent dans l’attitude de Jésus un geste prophétique et ils font mémoire du psaume 68 : « Dieu d’Israël, c’est pour toi que j’endure l’insulte, que la honte me couvre le visage : je suis un étranger pour mes frères, un inconnu les fils de ma mère. L’amour de ta maison m’a perdu (=m’a mangé) ; on t’insulte et l’insulte retombe sur moi. » Ps 68, 8-10
On peut constater combien les références à l’Écriture sont importantes et donnent du poids au récit.
Alors que Jésus se présente comme le Fils du Père, deux attitudes sont possibles : ouvrir ses oreilles et son cœur pour essayer de comprendre, ou alors rejeter les paroles de Jésus.
Les disciples de Jésus, comme tout juif, connaissent bien les écritures. Ils cheminent avec lui depuis son baptême où ils l’on rencontré au bord du Jourdain. Ils ont assisté aux Noces de Cana où Jésus ‘manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.’ Jn2, 11. Les disciples, qui accompagnent Jésus à Jérusalem pour la fête de la Pâque, pressentent qu’il est le Messie annoncé par les prophètes.

« Des juifs l’interpellèrent : ‘’Quels signent peux-tu nous donner pour agir ainsi ?’’
Jésus leur répondit : ‘‘Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai.’’
Les juifs lui répliquèrent : ‘’Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours, tu le relèverais !’’ Jn 2, 18-20

Ceux qui ne sont pas disciples du Christ, que Jean appelle les Juifs n’ont pas la même bienveillance. Pour eux Jésus est un simple habitant de la Galilée qui se permet de critiquer les pratiques du Temple. Ils demandent des signes, ce qui peut sembler légitime.
La réponse de Jésus a de quoi faire sourire : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »Jn 2, 19. Il ne peut être pris au sérieux. Cette phrase sera reprise et déformée à son procès chez le grand prêtre. (Mt 26, 61 ; Mc 14,58)
Le Christ parle de ‘trois jours’. Or, pour les juifs, c’est une manière d’affirmer que Dieu interviendra certainement. Ainsi dans le livre du prophète Osée, on peut lire :

« Venez, retournons vers le Seigneur !
Il a blessé, mais il nous guérira ;
Il a frappé, mais il nous soignera.
Après deux jours, il nous rendra la vie ;
Il nous relèvera le troisième jour :
Alors, nous vivrons devant sa face. » Os 6, 1-2

Mais aux yeux des juifs, Jésus n’est pas un prophète, alors ils ne peuvent accueillir sa Parole, même s’ils se réfèrent à l’Ecriture.
Les disciples de Jésus n’ont pas la même attitude. Ils accompagnent Jésus et découvrent peu à peu son message.

« Mais lui parlais du sanctuaire de son corps » Jn 2, 21

Ainsi est signifié le passage du Temple au Corps du Christ qui se fera après la Résurrection.
Jésus devient alors le Temple nouveau par lequel il rend visible Dieu :
- Le lieu de la présence de Dieu, c’était le Temple : Jésus est présence de Dieu.
- Le lieu de la Parole de Dieu, c’était le Temple : Jésus est la Parole de Dieu.
- Le lieu du culte rendu à Dieu, c’était le Temple : Jésus est la gloire de Dieu.

« Aussi quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Ecriture et à la parole que Jésus avait dit. » Jn 2, 22

C’est seulement après la Résurrection que les disciples comprendront quel est le véritable Temple.
Pour que le temple de pierre tombe, il faut que Jésus meure et ressuscite : le temple de son corps détruit par sa mort, est rebâtit par sa Résurrection : voici le Temple nouveau et définitif, qui n’est pas fait de main d’homme, il est celui où le Verbe de Dieu établit sa demeure parmi les hommes.
La destruction du Temple de Jérusalem en 70 viendra signifier que son rôle est désormais terminé car Jésus-Christ est le nouveau Temple éternel.
« Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » Mt 28, 20, nous dit Jésus après sa Résurrection.

Le temple définitif et nouveau, c’est l’Eglise, Corps du Christ, lieu de la rencontre entre Dieu et les hommes, signe de la présence de Dieu au cœur de l’humanité.
Jésus, nouveau Temple, vient bousculer l’un des piliers de la religion juive de l’époque qu’est la distinction entre le pur et l’impur, celle-ci entrainant des exclusions. Il en est ainsi de l’organisation du Temple avec des espaces pour les gentils (les païens) à l’extérieur, le parvis des femmes, celui des juifs et le Saint des Saints dont l’accès est réservé au grand prêtre.
Jésus vient proclamer que, pour Dieu, il n’y a pas d’exclus. Il annonce un Dieu dont l’amour est offert à tous, sans distinction, sans restriction.
Paul écrit dans la lettre aux Galates : « Vous que le baptême a uni au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous vous ne faites plus qu’un dans le Christ. » Ga 3, 27-28
« Ne le savez-vous pas ? Votre corps est un sanctuaire de l’Esprit Saint. » 1 Co 6, 19
Pour Jésus, le véritable, Temple, le Sanctuaire de l’Amour, c’est le cœur de l’homme. Pour lui, seul le cœur de l’homme peut accueillir l’Amour, le laisser grandir, s’épanouir et le propager alentour.
Saint Augustin écrit : « Je t’ai aimée bien tard, Beauté si ancienne et si nouvelle, je t’ai aimée bien tard ! Mais voilà : tu étais au-dedans de moi quand j’étais au-dehors, et c’est dehors que je te cherchais. »
Chaque baptisé, en tant que membre du Corps de Christ, est sanctuaire de l’Esprit Saint. Il est signe de la présence de Dieu parmi les hommes.

Proposition de célébration

Téléchargez la proposition de célébration pour les 3-8 ans (cliquez sur l’image)

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Outils pour les activités

Evangile - Comprendre pour transmettre - Proposition de célébration

Animation de l’évangile en 3D
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PDF - 4.2 Mo

Dépliant - Objet mémoire
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Vous trouverez sur ce dépliant la chanson gestuée "Jésus tu es là"

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Coloriage
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Copie en noir et blanc
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Modèle Couleur

Plan du Temple d’Hérode
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Notre-Père enluminé à colorier
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