Carmel de Montmartre : une prière incessante dans la ville

De Montmartre, on connaît le Sacré-Cœur, ses dix millions et demi de visiteurs par an, et sa vue imprenable sur Paris. Mais qui connaît toutes les congrégations religieuses qui s’y trouvent ? Et notamment les carmélites, dont l’histoire a partie liée avec celle du sanctuaire ?

La communauté est installée au 34, rue du Chevalier de la Barre. Et cela depuis plus de quatre-vingts ans. A l’époque, le Sacré-Cœur était flambant neuf ; les pèlerins affluaient de toute la France, et l’archevêque de Paris souhaitait que des carmélites assurent une prière constante à l’ombre du sanctuaire. Des sœurs vinrent donc de Paray-le-Monial pour fonder à Paris. Aujourd’hui, elles sont une vingtaine, âgées de 30 à 95 ans.

Un esprit érémitique

« Nous ne sommes pas des ermites, disait sainte Thérèse d’Avila, qui réforma le carmel au XVIe siècle, mais nous voulons en garder l’esprit. » Les carmélites vivent donc en petite communauté. Mais elles privilégient la solitude et le silence. C’est une forme de vie cachée, en retrait, à l’écart. « C’est une vie d’oraison seule à seule devant son Seigneur dont on se sait aimée, résume sœur Marie-Paul de l’Amour Miséricordieux, prieure du carmel. Mais notre mission est de prier pour tous les hommes, afin qu’ils découvrent Dieu. »

« Nous ne sommes que des pauvres sur la route »

Dans le brouhaha citadin, cette forme de vie silencieuse interpelle. « Et pour nos contemporains, c’est comme si nous étions des “pros” de la prière, souligne la sœur. Les personnes qui nous confient des intentions de prière ont une grande confiance dans la capacité d’intercéder des carmélites, ce qui m’émeut beaucoup, car nous ne sommes que des pauvres sur la route. » Et sœur Marie-Paul d’expliquer : « Je les invite à prier avec nous, pour leur donner confiance dans leur capacité de prier, car Dieu écoute chacun de ses enfants. » Pour elle, en effet, la prière est « à la portée de tous ». • Isabelle Piot

QUelques conseils spirituels de Sr Marie-Paul de l’Amour Miséricordieux, prieure du Carmel de Montmartre

« Ce dont les hommes ont besoin aujourd’hui, c’est d’oser l’aventure avec le Christ. Cela passe par la découverte, la familiarité avec la Parole de Dieu, pour se laisser enseigner, se laisser transfigurer. Cela passe aussi par la prière spontanée, avec nos mots, pour établir simplement le dialogue avec Dieu. Il n’y a pas besoin de beaucoup de temps. Je connais des personnes très occupées qui se lèvent un quart d’heure plus tôt le matin pour faire oraison, ou qui prennent dix minutes sur leur pause déjeuner pour aller se recueillir dans une église. On peut aussi commencer son travail en disant un “Notre Père”. Ou s’adresser à Marie par le chapelet en faisant son repassage. Ou encore apprendre des psaumes par cœur, comme le suggérait le cardinal Lustiger, et les prier à tout moment. Chacun peut rendre Dieu présent dans sa journée, en un instant. Comme le disait Sainte Thérèse de Lisieux : “La prière, c’est un élan du cœur.” » • I. P.

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