Catéchistes : la joie de recevoir autant que ce qu’on donne

Paris Notre-Dame – Chaque vicaire général est en train de faire le tour des paroisses parisiennes et de rencontrer les équipes de catéchistes. Pourquoi ?

Mgr Benoist de Sinéty est vicaire général des doyennés du Nord-Est de Paris.
Mgr Benoist de Sinéty est vicaire général des doyennés du Nord-Est de Paris.
© Yannick Boschat

Mgr Benoist de Sinéty – D’ordinaire, les visites pastorales s’intéressent à tous les aspects de la vie pastorale d’une paroisse. Ici, le cardinal André Vingt-Trois nous a demandé de consacrer cette visite au catéchisme, et plus particulièrement aux catéchistes. Elle vise une meilleure compréhension de ce qu’elles sont – car il s’agit le plus souvent de femmes –, de la manière dont elles sont appelées, de ce qu’elles vivent et des besoins éventuels qu’elles peuvent faire remonter. Décidée au printemps dernier, la visite a commencé en octobre, et nous pensons la terminer à Pâques. Chaque vicaire général visite les vingt-cinq à trente paroisses de ses doyennés, en binôme avec le délégué du Pôle vicarial enfance adolescence. Personnellement, j’ai d’ores et déjà pu en visiter six.

P. N.-D. – Pourquoi avoir choisi cet angle très particulier ?

Mgr B. S. – Les catéchistes sont au cœur de la vie paroissiale. Elles remplissent cette première mission de la communauté paroissiale, qui est de transmettre Jésus, notamment par l’enseignement catéchétique. Pour cette raison, le cardinal Vingt-Trois a souhaité mieux connaître les joies et les difficultés de leur service, avoir une connaissance de terrain, de leur réalité pour, dans un second temps, réfléchir à la façon de faciliter leur mission.

P. N.-D. – Quel premier bilan pouvez-vous tirer de vos visites ?

Mgr B. S. – Je constate une très grande diversité entre les paroisses. La taille des équipes, le type d’implication sont très divers d’une paroisse à l’autre. Tout dépend du nombre d’enfants sur place, de la présence d’un patronage ou d’une école paroissiale, de la sociologie du quartier. Ce qui est commun, au-delà des difficultés d’organisation et de discipline, c’est la joie très profonde des catéchistes à exercer cette mission, la prise de conscience de recevoir autant que ce qu’elles ont donné. Elles redécouvrent que les enfants auxquels elles sont envoyées ont reçu l’Esprit Saint, qu’elles ne sont pas là pour instruire des analphabètes mais pour réaliser ce don de Dieu, parfois méconnu, qu’ils ont déjà en eux.

P. N.-D. – Elles rencontrent sans doute des difficultés ?

Mgr B. S. – Oui. La réforme des rythmes scolaires a déplacé le catéchisme le mardi après-midi. Les enfants sont fatigués, surexcités, et le lien avec les parents est plus rare. Beaucoup d’entre eux ne sont pas pratiquants. Pour beaucoup de familles, les catéchistes sont les seuls interlocuteurs adultes chrétiens, mais il est de plus en plus difficile de se rencontrer. Un certain nombre de paroisses proposent aussi le catéchisme le samedi. Le problème de la garde alternée des enfants de parents divorcés se pose alors. Dans certains groupes d’enfants, cela concerne presque la moitié d’entre eux. Il y a là une question importante à creuser, car les catéchistes ont besoin de travailler avec les parents pour que la parole de Dieu puisse prendre sens dans la vie des enfants. • Propos recueillis par Pauline Quillon

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