« Ce ne sont pas les structures qui rendront les gens chrétiens »

L’un des thèmes abordés lors de l’Assemblée plénière des évêques qui s’est déroulée du 3 au 8 novembre, à Lourdes, était « l’actualisation des structures » de l’Église catholique. Explications avec Mgr Olivier Ribadeau Dumas, secrétaire général de la Conférence des évêques de France (CEF).

Paris Notre-Dame – On parle de « réforme de la CEF », d’ « actualisation des structures ». De quoi s’agit-il exactement ?

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Mgr Olivier Ribadeau Dumas, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF).
© Yannick Boschat

Mgr Olivier Ribadeau Dumas – Il s’agit de permettre aux différents organes de la CEF – l’Assemblée plénière, le Conseil permanent, les commissions épiscopales, les services nationaux, etc. – d’être adaptés le mieux possible à la situation actuelle de notre pays afin de pouvoir être au service des diocèses et de l’annonce de l’Évangile. Nous sommes aujourd’hui dans une société déchristianisée. Appeler des disciples à la mission est donc essentiel. La question est de savoir ce que nous mettons en œuvre pour y parvenir. Par ailleurs, les moyens de l’Église, humains et financiers, ont diminué. Il nous faut donc adapter nos outils aux besoins et aux possibilités que nous avons.

Au printemps dernier, l’Assemblée plénière des évêques a validé la proposition d’un groupe de travail pour penser une réforme de la CEF. Présidé par Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier (Hérault), et aidé par un consultant en gouvernance, il a déjà écouté vingt-quatre évêques et s’est réuni huit fois. Son but : établir une espèce de diagnostic sur les organes et la gouvernance de la CEF. Nous ne savons pas encore combien de temps cette réforme prendra. Mais il serait bon qu’à la fin du mandat de Mgr Georges Pontier, président de la CEF, en 2019, celle-ci soit bien entamée.

P. N.-D. – Mgr Carré a livré, dimanche 5 novembre, les premières conclusions de ce groupe de travail. Quelles sont-elles ?

O. R. D. – Je retiens peut-être trois points essentiels. D’abord, la nécessité de ce que nous appelons la « collégialité ». Cette idée, finalement, que les évêques doivent porter un certain nombre de questions, de réflexions et d’actions, ensemble. Puis, le principe de subsidiarité : ce qui peut être fait à un niveau plus proche du terrain doit être fait à ce niveau-là. Enfin, faire en sorte d’avoir suffisamment de moyens pour répondre à des besoins qui peuvent être ponctuels. Je pense notamment à la révision des lois de bioéthique ou la lutte contre la pédophilie. Ces besoins ne sont pas forcément pris en compte par les structures préexistantes. Il faut donc recourir à une articulation plus légère, plus souple, pour y répondre.

P. N.-D. – Y a t-il, en creux, dans cette réforme de la CEF, une envie de repenser l’Église de France face à la situation qu’elle traverse aujourd’hui ?

O. R. D. – Il n’appartient pas à la CEF de mener une telle mission. L’Église de France, ce sont les diocèses, les communautés, les paroisses, les chrétiens qui la dessinent. Ce ne sont pas les structures qui rendront les gens chrétiens. Mais bien la manière dont nous permettrons aux catholiques, dans les diocèses ou les organes nationaux, d’être des disciples et des témoins audacieux de l’Évangile.

Propos recueillis par Isabelle Demangeat

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