Ce que vous devez savoir à propos des discussions entre la paroisse du Bon Pasteur et l’AGECA

En 1974, dans le cadre du projet de reconstruction de l’église du Bon Pasteur, la paroisse fait construire un ensemble de salles de réunion, d’une superficie de 700 m², situé au 177, rue de Charonne dans le XIe arrondissement. Ces locaux sont alors, confiés à une association, dénommée AGECA, formée pour « en assurer la gestion en vue de susciter et développer une animation sociale et culturelle ».

Dans la pratique, l’AGECA accueille diverses associations du quartier comme le fait une maison des associations. Par ailleurs, elle entretient un espace public numérique destiné à l’initiation à l’informatique. Elle emploie 7 salariés permettant une plage d’ouverture élargie de 9 heures à 23 heures, 7 jours sur 7. Ses ressources avant subventions sont de 400.000 Euros par an.

La mise à disposition des locaux était définie dans un contrat dont le dernier renouvellement date de 2007. Cette mise à disposition était consentie, à des conditions économiques très privilégiées, contre une participation financière de 35.000 € par an. Ce contrat résilié en mai 2016, est arrivé à échéance le 27 juin 2017.

Les activités de l’AGECA relèvent de l’action socio-culturelle sans plus aucun lien avec l’action de l’église dans ses dimensions pastorale, éducative ou caritative.

Pourquoi la paroisse du Bon Pasteur souhaite-t-elle augmenter le loyer de l’AGECA ?

La paroisse, dont la situation économique est précaire – elle ne peut financer ses travaux d’entretien/rénovation et doit fait appel à la solidarité diocésaine – ne peut maintenir l’avantage économique consenti à l’AGECA depuis 1974. A titre d’exemple, au cours des 10 dernières années, la paroisse a dépensé plus d’un million d’euros en travaux absolument nécessaires financés pour 80% grâce à la solidarité d’autres paroisses.

Ce loyer est-il raisonnable au regard du marché ?

En s’appuyant sur des experts indépendants, la paroisse du Bon Pasteur a déterminé le loyer de marché d’un immobilier de caractéristiques et d’usage comparable. Une évaluation très prudente donne un loyer annuel de 105.000 €. La paroisse propose donc de porter le loyer de 35.000 € à 75.000 € puis progressivement sur une période de 5 ans à 95.000 €.

L’AGECA peut-elle supporter un tel accroissement de son loyer ?

Pour compenser l’augmentation de loyer proposée, l’AGECA devrait augmenter le coût de sa prestation de 10% puis la relever progressivement pour atteindre 15% au bout de 5 ans. Ce n’est pas le changement de modèle économique que certains dénoncent.

Pourquoi la paroisse ne peut-elle continuer à « subventionner » l’AGECA ?

Dans l’est parisien, les paroisses qui équilibrent leurs comptes grâce aux ressources des autres paroisses sont nombreuses. Les ressources sont limitées et proviennent très essentiellement des donateurs dont le nombre a tendance à se réduire au fil des années.

En outre les donateurs sont sollicités pour faire vivre l’église à Paris, développer la pastorale et l’éducation voire certaines actions caritatives. On ne peut, sans tromper les fidèles, utiliser leurs dons pour financer des activités sans lien avec les motifs de l’appel au don alors que de nombreux besoins restent insatisfaits.

Pourquoi l’AGECA est-elle entrée en conflit avec la paroisse ?

La paroisse du Bon Pasteur, soutenue par l’Association Diocésaine de Paris, propriétaire civil des locaux, a cherché, dans le cadre de nombreuses réunions, étalées sur plus d’un an, à trouver un accord avec l’AGECA. Devant l’intransigeance de l’AGECA, le Bon Pasteur a dû adresser à l’AGECA une mise en demeure de quitter les lieux. Par souci d’apaisement et pour éviter de pénaliser ses adhérents, mais aussi pour donner le temps pour trouver des locaux de remplacement, l’AGECA est autorisée à se maintenir dans les lieux jusqu’à la fin de juin 2018.

L’AGECA qui a pris l’initiative d’assigner l’Association Diocésaine de Paris, représentant civil de la paroisse, devant le Tribunal de Grande Instance, a alerté les élus du 11ème arrondissement et fait circuler une pétition afin de se présenter en victime de la paroisse du Bon Pasteur qui pendant plus de 43 années a favorisé à son détriment cette association.

Père Nicolas Canlorbe
Curé de la paroisse du Bon Pasteur

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